Appel d’urgence : vers un numéro unique ?

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FERGUS :

La mise en place, sur tout le territoire national, d’un numéro d’appel d’urgence unique est une demande insistante et réitérée des pompiers français. D’ores et déjà, le numéro européen 112 a été mis en place, mais il fait encore doublon avec les numéros traditionnels. Remplacera-t-il ces derniers dans la France entière ? La réponse appartient aux pouvoirs publics…
Il existe actuellement des dizaines de numéros d’appel d’urgence dans notre pays. Les plus connus sont le 15, le 17 et le 18 qui permettent respectivement de solliciter une intervention du Samu, de la police et des pompiers. De mieux en mieux connu de la population, le numéro 115 permet, quant à lui, d’entrer en contact avec le Samu social. Quant au 196, il permet, en cas d’accident maritime ou de situation de détresse en mer, de solliciter l’aide d’un Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS).

Nettement moins connu des Français qui ne voyagent pas à l’étranger, le 112 est, quant à lui, le numéro européen qui, depuis le début des années 2 000, centralise les demandes relevant actuellement du 15, du 17 et du 18, à charge pour les opérateurs de la plateforme du 112 de répercuter la demande d’aide vers le service compétent en fonction de la nature de l’appel. Cette situation de doublon n’est évidemment pas satisfaisante.

C’est précisément dans un but de simplification des procédures d’urgence et d’optimisation des capacités d’intervention, que les pompiers, réunis en Congrès à Agen jusqu’à samedi, sollicitent des pouvoirs publics l’extension à tout le territoire de ce numéro 112 en remplacement des numéros d’appel traditionnels. Si cette demande était actée, cela signifierait la disparition définitive du 15, du 17 et du 18 pour s’aligner sur une pratique opérationnelle déjà présente dans la plupart des pays européens, à la satisfaction générale.

Outre la simplification attendue, deux motifs sont avancés par Éric Faure, président de la Fédération nationale des Sapeurs-pompiers de France (FNSPF), pour justifier cette demande :

1) La rationalisation des coûts. Elle se ferait grâce au regroupement sur des plateaux d’accueil unique des appels jusque-là gérés, ici par des opérateurs du Samu, là par des opérateurs de la police, ailleurs par des opérateurs des pompiers. Actuellement, l’on totalise, pour l’ensemble des corps concernés, environ… 500 plateformes d’accueil sur le territoire national, parfois équipées d’un matériel vétuste. Si le projet était retenu, le nombre des plateformes pourrait, d’après les spécialistes, être ramené à environ 20, réparties sur le territoire en fonction de la population, chacune étant équipée d’une technologie de pointe.

2) L’efficacité des interventions. Grâce à la généralisation sur toutes les plateformes d’accueil d’un dispositif de géolocalisation des appels pouvant être immédiatement relayé vers les véhicules de secours, la rapidité des interventions serait sensiblement améliorée par rapport à l’existant avec, à la clé, de probables gains de vies humaines. Les plateformes disposeraient en outre d’un personnel qualifié, capable en quelques instants d’évaluer la nature du besoin et de dispatcher l’information vers le corps de secours compétent.

Le 112 est actuellement opérationnel dans pratiquement tous les pays d’Europe, qu’ils appartiennent à l’Union Européenne ou non. Et dans la plupart de ces pays, il a définitivement remplacé les numéros d’appel d’urgence antérieurs. La France pourra-t-elle rester encore longtemps à l’écart de cette évolution ? Sans doute pas.

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