Après la fusion

Joseph Mallord William Turner – The Morning after the Deluge – circa 1843.

ALLAN ERWAN BERGER :

Fusion : en politique française, aux élections municipales à deux tours, c’est la fusion de deux listes concurrentes en une seule, selon des modalités qui respectent la proportionnelle des résultats obtenus par chacune des deux listes au premier tour. À la différence de la fusion programmatique, la fusion technique autorise chacune des deux listes à conserver sa liberté de vote : la liste arrivée derrière, fusionnée dans la liste arrivée devant, ne sera pas tenue, en cas de victoire au second tour et donc d’accès à la mairie, de systématiquement voter le budget de la nouvelle équipe municipale. En contrepartie, cette liste, qui garde son indépendance de vote, n’accédera pas à l’exécutif, et ses représentants ne siégeront qu’au conseil municipal, où leur liberté de vote sera toutefois la plus entière. La fusion technique, c’est ce qui s’est passé à Rennes dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 mars 2014. La liste Changez la ville ! (15 % des voix), a fusionné avec la liste sociale-démocrate Rennes, créative et solidaire (35,5 % des voix) sur demande de celle-ci, qui savait ne pouvoir l’emporter au second tour sans l’aide de sa concurrente à gauche. Après circa vingt-cinq heures d’intenses négociations, la fusion a été signée par les représentants des différentes forces politiques en présence : le Parti Socialiste et ses satellites PRG, PC et UDB pour Rennes, créative et solidaire, Europe Écologie les Verts, ENSEMBLE et le Parti de Gauche pour la liste Changez la ville ! Au parti de Gauche, la nouvelle de la fusion fut reçue comme un impact de météorite dans l’océan. Le présent récit relate la soirée de mercredi, lors d’une Assemblée générale du PG rennais, où furent exprimées les opinions les plus diverses sur cet étonnant résultat : avoir signé un accord avec des gens que l’on méprise et que l’on maudit quotidiennement tant ils sont perçus par les militants Pégistes comme traîtres aux intérêts de la population.

Le préambule de l’Accord :

Réunies lundi 24 mars 2014, les listes Rennes, créative et solidaire et Changez la ville ! ont validé un accord afin de se présenter rassemblées au deuxième tour des élections municipales.

Conscients que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise, aujourd’hui sur la base des résultats du premier tour, il apparaît indispensable de battre la droite et donc de rassembler les forces qui veulent proposer un projet autour des ambitions de justice sociale, de solidarité, de culture partagée, de démocratie et de développement durable qui font l’identité de Rennes.

Cet accord prévoit le strict respect de la proportionnelle des résultats du premier tour des élections municipales. Cela vaut autant pour la constitution de la liste présentée aux électeurs le dimanche 30 mars que pour l’exercice des responsabilités exécutives.

Les différentes sensibilités, dans le cadre de l’application de l’accord programmatique, s’engagent au respect de la solidarité budgétaire, qui conditionne la participation à l’exécutif.

Sur le plan programmatique, diverses propositions de la liste Changez la ville ! viennent compléter le projet Rennes, créative et solidaire arrivée [sic] en tête au premier tour.

Sur la base de cet accord, nous appelons les Rennaises et les Rennais à se rassembler largement pour continuer de faire gagner la Gauche à Rennes.

Nathalie Appéré & Matthieu Theurier

 

 

S’ensuivent onze chapitres reprenant des exigences portées par la Gauche et les Écologistes, et acceptées par la social-démocratie néolibérale qui fut bien obligée d’en passer par ces fourches caudines pour éviter le maintien, au second tour, de la liste Changez la ville ! Ces exigences comprenaient en particulier un certain nombre de points, non négociables, les refuser entraînant la rupture immédiate des pourparlers : obtenir de l’équipe socialiste une position de principe contre le projet de l’aéroport de Notre-dame des Landes, projet à propos duquel elle s’était depuis longtemps déclarée favorable, et contre lequel la Gauche antilibérale et écologiste se bat depuis des années ; établir au plus vite un véritable schéma métropolitain des services publics ; sortir au plus vite de la Société Publique Locale de l’eau pour édifier une vraie Régie Publique (RP) ; mettre en œuvre une RP des déchets ; étudier la mise en œuvre d’une RP des Transports en Commun (TC) ; gratuité des premiers mètres-cube d’eau ; développer des Plans de Déplacement d’Entreprise (TC de toutes nature, transports doux, covoiturage) ; pas supplémentaires vers la gratuité des TC ; favoriser le vélo ; pas d’expulsions sans relogement décent i ; plan de titularisation des précaires de la municipalité, en concertation avec les syndicats ; favoriser l’Économie Sociale et Solidaire ; favoriser les circuits courts ; mettre en critère les conditions de travail dans l’attribution des marchés publics, etc.

Au Parti de Gauche, les militants affectés aux négociations furent mandatés non seulement pour ne rien lâcher de ces neuf points et de tous leurs sous-points, mais pour en rajouter au besoin. Et les mandataires appliquèrent ces consignes à la lettre. Or, pour le PG, il était clair que jamais le PS ne pourrait accepter un tel paquet d’horreurs antilibérales contre lesquelles s’élèveraient et l’Europe, et l’OMC, et le gouvernement, et les médias. En somme, ces négociations étaient considérées par certains comme inutiles car elles seraient stoppées, le PS étant réputé incapable, avec sa morgue coutumière, d’accepter de se faire à ce point tordre le bras (l’exemple parisien, où le PG avait été reçu par le PS dans un local à balais, aiguisait encore plus les rancœurs). Chaque liste se maintiendrait alors seule au second tour, rejetant sur l’autre la responsabilité de l’échec. Voilà ce que, du reste, la Droite tendit à promouvoir pendant ces deux journées, y voyant l’occasion inespérée de peut-être battre l’une et l’autre des deux listes ennemies lors de ce second tour, et arracher enfin le pouvoir après trente-six années de domination socialiste. Et voici bien quel était le principal objet des préoccupations des militants PG : comment, bon sang de bonsoir, gérer l’après-rupture sans faire perdre la Gauche ?

Personne dans le groupe de négociations envoyé par Changez la ville ! ne semble avoir imaginé que, au bout de ces vingt-cinq heures effroyables de tension et de violence, tout serait accordé. Même les gens d’EELV furent surpris. Et, au PG, les militants furent ébahis. L’inconcevable était arrivé. Les négociateurs eux-mêmes ne savaient plus qu’en penser.

Voici maintenant quelques notes prises au cours de l’Assemblée Générale du Parti de Gauche, du mercredi 26 mars, à Rennes, au cours de laquelle les résultats obtenus furent commentés.

 

UNE INEXPÉRIENCE POLITIQUE TRANSFORME UNE ÉCLATANTE VICTOIRE EN UNE AMÈRE DÉFAITE

 

Le PG, ENSEMBLE, EELV et les non-encartés sont tombés d’accord sur les exigences à porter aux négociations avec le PS, et sur les comportements à tenir. Comme, au PG, nous ne voulons pas de postes (car nous refusons de nous mettre sous l’autorité d’un socialiste), nous abordons, militants et négociateurs, ces pourparlers avec une relative tranquillité. Une liaison est maintenue ouverte en continu entre les membres PG du groupe de négociation et un comité de pilotage réuni au local du parti. Les infos et les commentaires vont et viennent.

Lundi : « Au début, on recevait des réponses négatives sur tout, ou bien évanescentes, et puis on est parti déjeuner. Au retour, le PG demande à ce qu’on revienne sur les sujets du matin, et là on voit que les Socialistes ont travaillé entre temps parce qu’ils nous fournissent maintenant des réponses nettes. » Il faut dire que sans nous ils sont tellement dans les choux qu’ils ne peuvent pas se permettre de nous braquer. La journée se passe, la nuit vient.

Mardi entre 03:00 et 04:00 : C’est l’heure de causer de l’aéroport cher à notre premier ministre. La tête de liste PS finit par appeler Matignon. Une formulation est trouvée, qui ne satisfait personne – mais ne trahit personne : Nous nous mobiliserons pour la réalisation d’une liaison ferroviaire rapide entre Rennes et Nantes, dont la nécessité n’est pas liée au dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Nos divergences sur ce projet sont anciennes et connues. Elles demeurent. Nous prenons acte ensemble de l’orientation du gouvernement de ne pas débuter les travaux avant l’épuisement de tous les recours juridiques actuellement déposés. La formule ressemble à celle arrachée lors des négociations PS-EELV à Nantes, mais en plus respectueuse de la position rouge-verte. Cependant, elle fera bondir les militants de gauche, qui y voient un net recul, qui plus est sur un des fameux points non négociables.

Mardi vers 07:00 : tout est obtenu, dans des termes qui font honneur aux négociateurs de Changez la ville ! Ceux-ci, enfoncés dans un entonnoir logique depuis des heures, voyant les exigences de notre électorat une à une acceptées, se trouvent poussés à la signature de l’accord. Pour les gens du Parti de Gauche, qui n’avaient jamais envisagé cette hypothèse autrement que d’un point de vue statistique, et qui s’attendaient donc à tout sauf à ça, signer avec les socialistes honnis est un moment culturellement douloureux, hors du temps et de la normalité. Je puis vous dire qu’en face c’est à peu près pareil : bien des gens du staff PS sont en rage aujourd’hui, car le PG est cosmiquement méprisé par le PS, et abhorré « comme un monstre affreux » (Érasme) surgi des boues du passé.

Mercredi soir, à l’AG : au souvenir de ces moments éprouvants, le narrateur s’émeut et sa voix s’enroue. « Il faut nous excuser, on n’est pas tout à fait redescendu depuis… » Il s’évente avec sa main.

« C’était un peu Beyrouth, à la fin. Le PS conditionnait – et c’est normal – le respect de la proportionnelle à la présence de toutes les composantes pour la signature. Et il avait déjà averti que tous les sièges que ne prendrait pas une composante en se retirant seraient récupérés par lui. »

Les neuf points sont validés. Mieux : dans le préambule de l’accord, il est acté que la fusion (qui est devenue pourtant diablement programmatique tant le PS est en train de se faire rougir et verdir) restera technique : les membres de la liste ne seront pas liés au vote, sauf ceux volontaires pour l’exécutif.

Les négociations se poursuivent. On change des mots, on trouve des phrases. Plus le temps passe et plus le PG voit l’impensable prendre consistance ; il va expérimenter une situation très douloureuse et peu compréhensible auprès de son électorat, dont pourtant il a fait valider tant de souhaits que tout briser maintenant est impossible.

Les négociateurs PG arrivent à la fin de cette nuit sans bonne solution. Ils ne peuvent pas refuser l’accord, et ils savent que s’ils le signent leurs militants vont les écharper, tant le ressentiment est haut contre le Parti Socialiste.

« Je vous rappelle, énonce un des défenseurs de l’accord, que la position du PG a toujours été d’affirmer une autonomie conquérante au premier tour, pour arracher nos places uniquement en les demandant aux électeurs ; puis fusion technique avec la liste de gauche arrivée en tête, c’est-à-dire une fusion garantissant la liberté politique. Nous sommes ici pile dans le schéma, et aujourd’hui l’exemple de Rennes peut faire jurisprudence. »

Un autre militant : « Et puis dites-vous que l’accès au Conseil municipal facilite énormément notre communication. » En outre, le PS n’a plus la majorité absolue. Il sera obligé de composer ! Car voici : la fusion technique, « c’est une stratégie de contournement des règles vers la proportionnelle qu’on nous refuse depuis tant d’années, stratégie qui nous permet de faire entrer enfin nos électeurs au conseil : une voix, un vote, et la liberté. Certes pas de poste dans l’exécutif (de toute manière on n’en voulait pas), mais une place entière dans la construction politique de la ville.

— De toute façon, avec une triangulaire, la ville risquait de plonger à droite. Plus de mètres cubes d’eau gratuite pour soulager les miséreux, plus de répit pour les sans-papiers… Jusqu’à notre projet de RER [train inter banlieue utilisant les voies existantes] qui est accepté et déposé tel quel dans le programme socialo, alors qu’il y a cinq jours le PS s’en gaussait et envoyait sa plus célèbre figure pour le ridiculiser. Alors oui, dans cette affaire, on peut exprimer l’idée que le PG et ENSEMBLE ont servi certes de marchepied aux Verts, qui voulaient entrer dans l’exécutif, mais en retour n’oublions pas que les écolos sont ici notre cheval de Troie. Grâce à eux, nous sommes dans la place ! C’est pas rien, ça !

— Il n’empêche ! répond un militant désemparé. En France, les néolibéraux de gauche ont tellement tout renié qu’ils dégoûtent ! Et ce dégoût se répand sur tout ce qu’ils touchent ! On ne doit pas faire liste commune avec les austéritaires ! Cette décision sera illisible pour le grand public ! On va le payer très cher, les gens vont se barrer, déchirer leur carte et on aura l’air de quoi pour les Européennes ?

— Voilà. Moi j’ai vraiment l’impression que dimanche j’aurai le choix entre deux listes de droite. Je ne sais pas qui chez nous va aller voter pour un truc pareil !

— Mais nous n’avions plus le choix. Tout avait été accepté par les socialistes ! Tout casser d’un coup, c’était devenu impossible, politiquement mortel, et tout aussi incompréhensible que le fait de signer peut l’être vu depuis l’extérieur. ENSEMBLE poussait pour qu’on arrête de tordre le nez ; ils sentaient qu’on arrivait à tout avoir, et ne comprenaient pas que nous puissions hésiter. Retirer le PG c’était prendre le risque de faire voler le Front de Gauche en éclats. Et puis attendez : référendums d’initiative populaire ouverts à tous les résidents rennais, conseils de quartiers ouverts à tous les rennais… C’est le vote des étrangers, camarades ! On a même obtenu ça noir sur blanc ! »

Tout en s’attendant au contraire, les mandataires, enveloppés dans la logique du mandat, s’étaient avancés incrédules vers la signature.

« Les sympathisants vont réagir sur le mode brutal ! Cet accord pue le politicien ! Symboliquement, c’est une catastrophe. Notre image est souillée.

— Je voudrais bien savoir comment on construit une majorité alternative en n’allant pas au charbon ? Même le jeune PC, pas celui d’aujourd’hui mais celui de 1920-1927, allait dans les institutions, qu’il utilisait comme des outils de modification du monde et aussi comme tribune, tout en agissant dans les conflits. Le concept de l’élu militant qui s’implique, écharpe tricolore sur la poitrine, dans les manifs ou en soutien aux sans-papiers, ça a de la classe. Nos élus iront sur les fronts des luttes, et nous renouerons avec la pratique de l’agitation-propagande. »

Etc. Toutefois, des militants effarés de cette “alliance” annoncent qu’ils quittent le parti.

Extraits du communiqué du Parti de Gauche rennais, paru dans Ouest-France du 26 mars :

Compte tenu des divergences programmatiques actées entre nos deux listes, le Parti de Gauche gardera sa liberté et sa totale autonomie dans ses prises de position… Nos élus auront pour rôle à la fois d’interpeller les élus du PS et de l’UDI-UMP, de combattre leurs politiques austéritaires et surtout de faire de Rennes une ville vraiment citoyenne, de gauche et écologiste. Nos élus seront avant tout militants et s’engageront à lutter contre les effets néfastes de la politique gouvernementale pour protéger les populations en souffrance.

L’effet sur le PS de ce communiqué sauvage fut, dit-on, inoubliable. Pire : au moment même où se tenait l’AG du PG, un meeting se tenait, en présence de la tête de liste ; mais des étudiants envahirent la salle, réclamant la libération d’un sans papiers, et mettant un tel capharnaüm sur la scène que le meeting fut annulé. Quand la Gauche passe, les bourgeoiseries trépassent et l’humain s’installe.

Quoi qu’il advienne maintenant, les enseignements ne pourront être tirés avant quelques mois. Le PG plonge dans l’avenir en compagnie du pire partenaire possible pour lui : son ennemi néolibéral, dit “social-démocrate”. À Rennes, l’entrée en politique active de ce petit parti ne sera ni fraîche ni parfumée.

« Nous voici en train de défendre la mainmise de la Gauche néolibérale contre les appétits de la Droite néolibérale, c’est à vomir ! Alors certes nos électeurs (qui ne nous appartiennent pas !) ont été échangés contre tout ce qu’ils revendiquaient, mais le prix en terme d’image est incalculable. »

Je n’ai pas d’opinion bien solide là-dessus.


 

NOTE

i : Projet d’arrêté municipal interdisant les expulsions, saisies et coupures d’eau de gaz et d’électricité : Toute expulsion sans relogement, à l’encontre du locataire d’un local à usage d’habitation au seul motif du défaut de paiement des loyers, charges locatives, en raison de difficultés économiques et sociales, est interdite sur le territoire communal, ainsi que toutes intention de coupures d’eau, de gaz et d’électricité au même motif. [retour]

 

Fin du texte sur le PTCI la semaine prochaine

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Allan Erwan Berger

Le grand point est d'avoir l'oeil sur tout.

2 pensées sur “Après la fusion

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    27 mars 2014 à 11 11 51 03513
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    « Ceux-ci, enfoncés dans un entonnoir logique depuis des heures, voyant les exigences de notre électorat une à une satisfaites, se trouvent poussés à la signature de l’accord. »

    Satisfaites?… ou récupérées au plan de la grande simagrée pseudo-programme-communeuse? Les socialauds n’en sont pas à une reculade près sur leurs blablabla-engagements, surtout sur le front gauche de l’art oratoire…

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    27 mars 2014 à 14 02 34 03343
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    Non, pas « satisfaites »… Acceptées. Je remplace donc le terme immédiatement. Et, oui, personne ne croit vraiment à tous ces engagements, mais il sera plus difficile de les renier dans cette affaire, qu’il le fut au président Hollande de faire tout le contraire de ses promesses ; car dans une commune les contre-pouvoirs existent, au sein même du Conseil où, si nous passons, notre tiers des voix de gauche pourra constituer une minorité de blocage (car la discipline de vote n’est pas exigée de nos camarades écolos sur tous les sujets, et du FdG nul en haut lieu n’attend que des ennuis).

    Le grand point est de savoir si les électeurs naturels du FdG, écoeurés par cette fusion qu’ils interprètent comme une alliance et une soumission « pour aller à la soupe », ne fileront pas vers l’abstention. Nota bene qu’en fait de soupe, un conseiller communal à Rennes touche peanuts (de quoi se rembourser les frais de photocopieuse), pour un travail pénible, chiantissime et, dans le cas des gens de gauche, effectué toujours sous les insultes des néolibéraux de tout bord.

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