Attaques terroristes : des assassinats ciblés

FERGUS :

Les attentats commis à Paris les mercredi 7 et vendredi 9 janvier ont été planifiés pour terroriser le peuple français et « venger l’honneur de l’Islam ». Mais contrairement à ce qui a été affirmé ici et là, l’objectif de ces assassinats barbares ne visait pas à faire « le maximum de victimes »…

Saïd et Chérif Kouachi ont agi au nom d’AQPA (Al-Qaïda dans la Péninsule arabique) ; Amedy Coulibaly au nom de Daech, l’autoproclamé État islamique. Malgré les objectifs géopolitiques divergents de leurs commanditaires, cela n’a pas empêché les tueurs de coordonner leurs actions, grâce à des liens personnels entretenus depuis des années. Avec, pour probables objectifs : 1) d’obtenir dans un premier temps un effet de sidération sans précédent dans la population française ; 2) d’engendrer dans un deuxième temps une psychose de nature à gêner l’activité du pays ; 3) d’amener nos compatriotes à exercer une forte pression sur les pouvoirs publics afin qu’ils désengagent l’armée française des actions extérieures où nos troupes sont engagées.

Trois groupes de personnes ont été visés par les terroristes, avec pour consigne évidente d’épargner les femmes : 1) l’équipe de rédaction de Charlie Hebdo, coupable aux yeux des frères Kouachi et de leurs commanditaires d’avoir, en différentes occasions, publié des caricatures offensantes de Mahomet aux yeux des musulmans ; 2) les policiers et les gendarmes, au titre de symboles d’un État coupable d’ingérence militaire dans la géopolitique moyen-orientale et subsaharienne ; 3) les Juifs de France, coupables de soutien constant au sionisme, à l’oppression du peuple palestinien, et aux actions militaires orchestrées par les forces de l’Otan au Moyen Orient.

Ces objectifs ont été respectés à la lettre par les tueurs ! Certes, deux femmes sont tombées sous les balles des tueurs : Clarissa Jean-Philippe, assassinée par Amedy Coulibaly à Montrouge, et Elsa Cayat, assassinée par les frères Kouachi dans les locaux de Charlie Hebdo. En l’occurrence, ces deux femmes ont été tuées malgré leur sexe, l’une au titre de sa fonction de policière municipale, l’autre au double titre de membre du Comité de rédaction et, peut-être, de Juive. Sigolène Vinson, pourtant collaboratrice de cet organe de presse « diabolique » qu’est Charlie Hebdo aux yeux des djihadistes, a été délibérément épargnée. Quant aux assassinats commis dans l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, ils ont tous été commis contre des hommes alors que la grande majorité des clients de la supérette était constituée de femmes !

En observant le parcours des tueurs, une autre évidence s’impose : d’autres personnes auraient pu être tuées par les terroristes s’ils ne s’en étaient pas tenus à leurs objectifs : l’automobiliste auquel les frères Kouachi ont volé la voiture rue de Meaux pour poursuivre leur fuite après avoir percuté un véhicule place du Colonel-Fabien ; le gérant de la station-service Avia de la nationale 2 au sud de Villers-Cotterêts (Seine-et-Marne) ; la conductrice à laquelle ils ont volé une nouvelle voiture à Montigny Sainte-Félicité (Oise) ; enfin, l’imprimeur de Dammartin-en-Goële, Michel Catalano, un ancien footballeur professionnel qui, avant d’être relâché, a passé près d’une heure avec les deux frères et soigné Saïd Kouachi, blessé un peu plus tôt au cou par le tir d’un gendarme.

Leurs cibles atteintes, les trois terroristes sont morts probablement comme ils l’avaient souhaité : en djihadistes, les armes à la main dans un face-à-face perdu d’avance avec les forces du GIGN et du RAID. Sans doute avec la satisfaction d’avoir accompli leur mission, et seulement celle-ci, sans victimes superflues qui n’appartenaient pas aux cibles visées : Charlie Hebdo, la police et la gendarmerie, la communauté juive.

Saïd Kouachi, Cherif Kouachi et Amedy Coulibaly n’ont pas agi en fous désordonnés répondant à des pulsions incontrôlables, mais en soldats déterminés et disciplinés d’une cause barbare, et c’est infiniment plus inquiétant !

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