Au pied du mur : « L’Espagne sur la voie du sauvetage »

C’est toujours comme ça dans les grandes dramatiques. Arrive toujours l’instant fatidique où les plans sur la comète se retrouvent au pied du mur. La Commission européenne « prête » à sauver l’Espagne, clament les manchettes. C’est ce qu’on va voir !

Les plans sur la comète, ce n’est pas ce qui a manqué depuis le début de l’été. Super Mario (Draghi) et sa BCE d’enfer allaient, sans limite, voler au secours des naufragés en souffrance. Les marchés, euphoriques, applaudissaient à tout rompre. « On a gagné ! On a gagné ! »

Oisillons dans la tourmente

Nous voici désormais parvenu au moment crucial. L’Espagne, exsangue, étranglée, au bout du rouleau, s’apprête à solliciter “l’aide” de l’infernale Troïka.

Ses banques auraient besoin de… En fait, on ne sait plus trop bien. 40 milliards selon la police (espagnole) ? Ou jusqu’à 105 milliards et plus selon l’agence Moody’s ?

Et ses régions, toutes ses régions, qui implorent toutes la becquée (5,023 milliards pour la seule Catalogne) comme des bébés oisillons en pleine tourmente.

Passons sur son chômage extravagant. Et le fossé qui se creuse, qui se creuse, entre une population de plus en plus indignée et les “élus du peuple”.

Espagne = cinq Grèce

Rappelez-moi, l’Espagne, ça fait combien de Grèce en poids national brut ? Presque cinq fois !

La Grèce, voilà des années, maintenant, qu’elle rame. L’Union européenne lui a déjà promis au moins deux plans d’aides, avec des milliards pleins de zéros. Qu’elle est bien infichue de lui verser intégralement.

La Grèce, avec ses plans d’austérité à répétition, elle a trois ans d’avance sur le futur traité européen (TSCG). Et elle s’enfonce corps et biens, rongée par le chômage et la récession.

Alors pensez, l’Espagne (= cinq Grèce). Et puis aussi le Portugal qui replonge, l’Irlande qui ne parvient pas à s’en sortir, l’Italie (= une fois virgule vingt-neuf Espagne) qui se prépare à une énième chute depuis celle de l’empire romain…

Les survivants éclopés

Pendant ce temps-là, les survivants éclopés font exactement ce qu’on pouvait attendre d’eux. C’est à dire, selon leur habitude désormais bien ancrée, n’importe quoi.

Le Hollande nouveau commence son règne par un budget père fouettard si convenu et attendu qu’il doit faire marrer sous cape le grec Papandréou. Promettant de bouter le terrorisme hors du Mali, mais incapable de faire face à celui que lui inflige ArcelorMittal en Lorraine.

L’Allemagne plastronne encore, en oubliant un peu vite que le niveau de pauvreté (15,6 %) y est supérieur à celui de la France (13,5 %). Et que les pays en train de mordre la poussière sont précisément les clients qui font (ou déferont) sa fortune.

Mais bon, plus rien n’a d’importance, le sauveur suprême est prêt à agir : la BCE et sa planche à billets illimités.

“Agir” ? “Illimités” ? Hé hé, attendons de voir. Au pied du mur, il est des super héros qui n’en mènent pas toujours bien large. Approchez, entrez, chers lecteurs, un nouveau spectacle de Guignol va commencer !

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