Autopsie : les vrais stress-tests des mégabanques françaises existent

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LE YETI:

Il y avait une nouvelle série de stress-tests bancaires dont les résultats devaient être rendus public par les officines intéressées en 2013. Or voilà que la BCE vient précipitamment d’en reporter la publication à 2014. C’est, comme on va le voir, que le feu brûle à nouveau dans la maison financière.

Et pas seulement à Chypre, pas seulement bientôt en Slovénie. En témoignent la teneur fébrile des conclaves officiels et les cris d’alarmes étouffés (par les lamentables médias du microcosme) de nos technocrates européens alarmés.

La BCE perd le contrôle de la situation

Lors de leur dernier G7, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble a sérieusement douché le déjà très relatif enthousiasme de façade de ses collègues en leur annonçant que la BCE était en train de perdre le contrôle de la situation.

En cause, l’effrayante quantité d’argent injectée par la banque centrale européenne pour inciter les banques à acheter en contrepartie des actifs risqués de pays en difficultés. Moyennant quoi, les banques sont encore un peu plus gavées d’actifs toxiques. Et la BCE devient de fait la plus pourrie des bad banks, avec des chances infinitésimales de récupérer ses mises.

Notons en passant, et comme circonstances aggravantes, que la situation est équivalente, sinon pire, aux États-Unis et au Japon où les robinets à milliards sont encore plus largement ouverts sans que cela n’est la moindre conséquence sur la reprise ou l’emploi.

C’est donc une nouvelle bombe à retardement qui pèse sur le monstre financier financier globalisé… et sur les épargnants ! Car dans nos conclaves feutrés, même en termes fleuris, on parle de plus en plus ouvertement de… comment dire… “participation” des épargnants au renflouement des trous abyssaux de leurs banques. Comme à Chypre, comme très bientôt en Slovénie…

Une bonne manière de mesurer ces trous béants auraient été les fameux stress-tests en question. Mais supposez que ceux-ci soient faits (et publié !) avec plus de sérieux que les précédents fantaisistes, imaginez la tête de l’épargnant-lambda en constatant l’étendue des dégâts et les périls qui menacent ses petites économies.

Alors zou, les stress-tests, reportés comme un vulgaire équilibre budgétaire à la sauce hollandaise !

Les diagnostics cruels du professeur Berruyer

Encore que, je parle de l’épargnant-lambda, mais l’épargnant-lambda, le pauvre, il est dans les choux jusqu’au cou. Parce que sinon, il irait les consulter, les vrais stress-tests de ses banques. Et le journaliste spécialisé aussi, il irait les analyser pour informer son lecteur (non, je rigole !)

Parce que ces stress-tests, ils existent, du moins chez nous ! Ils ont été réalisés par Olivier Berruyer sur son site les-crises.fr. Une analyse sourcilleuse de chacune des trois mégabanques françaises : Société générale, BNP, Crédit agricole (dit aussi “Débit agricole”), suivie d’une synthèse cinglante et d’un sombre bilan en forme d’autopsie prémonitoire :

Principaux et cruels diagnostics du professeur Berruyer :

  • les banques françaises sont engagées à hauteur de quatre fois la production de richesses en France (PIB) ;
  • le total de leurs produits dérivés (des saloperies spéculatives sur les matières premières, par exemple) représente cinquante fois le PIB français (!!!) ;
  • malgré cela, leur rentabilité baisse dangereusement, jusqu’à plonger dans le rouge (Débit agricole) ;
  • et surtout le montant de leurs fonds propres destinés à faire face à leurs difficultés chroniques ou accidentelles a encore fondu comme peau de chagrin malgré les promesses autorisées.

Bref, en cas d’accident systémique plus que probable, les actifs plus pourris les uns que les autres dont se parent nos banquiers pour se gonfler d’importance sont absolument incapables de faire face. Et plus un État (sont tous rincés, ceux-là), plus une bad banque centrale pour les tirer plus longtemps du bourbier.

Mais rassurez-vous, du moment que l’épargnant-lambda pense que ses économies sont à l’abri, que le journaliste spécialisé se contente de monter en chaire pour ânonner l’évangile selon saint-Système unique, et que les boursicoteurs allumés croient au Père Noël jusqu’à l’overdose, tout va pour le mieux que le pire prévu dans le plus désolant des mondes possibles…

Une pensée sur “Autopsie : les vrais stress-tests des mégabanques françaises existent

  • avatar
    25 mai 2013 à 1 01 08 05085
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    Il faut sortir les guillotines et y passer tous ces foutus mecs. Une révolution pour l’Europe, soyez d’avant garde européens! Soyez révolutionnaires!

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