Bal tragique à l’UMP: 1 mort

OLIVIER CABANEL

On se souvient de cette couverture d’Hara Kiri hebdo, qui, un certain 16 novembre 1970, lui avait valu son interdiction, faisant le rapprochement entre l’incendie survenu en Isère le 1 novembre 1970 dans un dancing, à St Laurent du Pont, où 146 personnes avaient péri,  et la disparition, quelques jours après, de Charles de Gaulle.

Aujourd’hui, les frères ennemis, Copé et Fillon, vient de signer l’arrêt de mort de leur propre parti.

En se rejetant mutuellement la faute, les Caïn et Abel de l’UMP, incapables de trouver une porte de sortie acceptable pour leur amour propre, viennent en effet de faire disparaitre le premier parti de droite, pour le plus grand profit de l’UDI de Borloo qui voit les adhésions se multiplier, mais le front national en embuscade, espère bien aussi retirer les marrons du feu.

Borloo a mis de l’huile sur le feu en constatant que « les sympathisants de l’UMP pour 50% veulent un accord avec l’UDI et 50 % veulent un accord avec le Front National… il y a bien là une vrai fracture, nous devons être une structure d’accueil si jamais cette fracture devait empirer ». lien (curseur à 4’10’’)

Serge Hefez, le psy du « JDD » trouve le spectacle passionnant, car d’après lui ça renvoie au mythe de Caïn et Abel, les frères ennemis, et il considère que Fillon et Copé sont « deux grands gamins (…) qui ont besoin d’un tiers, représentant l’autorité », Juppé en l’occurrence, dont on oublie souvent qu’il est le créateur de l’UMP.

Évoquant un double suicide politique en direct, il rappelle que l’enfant se construit à la fois dans l’amour et dans la haine, nos parents étant tour à tour adorés ou détestés, et c’est en dépassant ce stade que l’on devient adulte. lien

Il semble que les 2 protagonistes de l’UMP n’aient pas atteint ce stade…

Bruno Jeudy, rédacteur en chef de ce quotidien, y va de son analyse, pronostiquant à raison l’échec de la tentative de réconciliation que veut mener Juppé, ne voit que 2 solutions : revoter ou divorcer.

Il constate que l’UMP a magistralement raté sa tentative de démocratie interne : le parti est coupé en 2 morceaux irréconciliables, considérant que la droite se fracture sur le fond, plombée par son virage droitier, celui là même qui avait fait chuter l’ex président.

Pour lui, il est évident que la défaite de Sarközi a fait bien plus de dégâts que ne l’admettent les dirigeants de l’UMP. lien

C’est d’ailleurs ce que l’on peut lire dans les colonnes du journal « Le Monde » évoquant une droite schizophrène, divisée idéologiquement en  profondeur, concluant que c’est Nicolas Sarközi qui est l’artisan de cette fracture.

Dans l’ombre on trouve toujours Patric Buisson et sa stratégie droitière, celle là même qu’il avait développée avec Sarközi, et qu’il a reprise avec Copé…dont il est devenu le conseiller. lien

Les militants UMP parisiens disent vivre un cauchemar, comme Christina Cohen, filloniste dans le 16ème arrondissement parisien,  déclarant « la scission de l’UMP est inéluctable », elle attend que « Fillon quitte l’UMP et organise très vite sa structure ». lien

Alors que Jacques Julliard, dans Marianne trouve que la campagne de Copé a ressemblé à la dernière phase de la campagne de Sarközi, (anti Europe, anti immigré…) et voit en Copé, le Caen de la bible, le qualifiant en « autre voyou de la république », (lien) Laurent Neumann, dans le même hebdo conclut : « il y a bien à l’UMP, 2 lignes, 2 fronts. Marine Le Pen doit se frotter les mains ! Nicolas Sarközi n’a pas seulement perdu l’élection présidentielle, il a laissé le grand parti de la droite dans un état proche de Waterloo, morne plaine ». lien

Pourtant, contrairement à ce qu’écrit Nicolas Domenach, ce n’est peut être pas un désastre pour la France, et en tout cas, ce n’est pas une aubaine pour la gauche.

En effet, pour le parti socialiste, les affaires sont aussi assez mal engagées, avec le scandale de Notre dame des Landes, pour lequel le premier ministre s’est tiré une balle dans le pied, et qui fait trop tard machine arrière, en créant une commission de dialogue.

Cette commission ne pourrait avoir de sens, d’après les opposants, que si les « forces de l’ordre » quittaient les lieux, ce qui n’est pas encore à l’ordre du jour.

Au moment où une quarantaine d’élus manifestent contre cet aéroport, il serait temps en effet d’en revenir au dialogue. lien

Ayrault n’est pas la seule épine dans le pied de ce gouvernement, Valls semble prolonger indéfiniment la politique droitiste et sécuritaire de Sarközi, en menant la chasse aux Roms, en qualifiant de kyste les manifestants citoyens de Notre Dame des Landes…et dénonçant les violences faites aux CRS, alors que c’est dans les rangs des opposants citoyens que l’on dénombre les plus grandes violences comme on peut le constater dans cette vidéo.

N’oublions pas Montebourg, qui, après avoir déclaré que le nucléaire était un avenir, fait discrètement la promotion des gaz de schiste.

Hollande reste silencieux, et si le 25 novembre 2012,  il a choisi de prendre la défense honorable des femmes battues, (lien)  il ne s’est pas pour autant exprimé sur les violences faites aux manifestants déterminés à empêcher l’inutile Ayrauport de Notre Dame des landes.

Jean-Luc Mélenchon, invité dans « on n’est pas couchés », rappelait qu’à gauche, à l’époque où il était membre du parti socialiste, il n’y a pas si longtemps, les couteaux étaient sortis, et que certaines plaies n’étaient pas encore refermées.

Rappelant que François Hollande a fait adopter le traité qu’avait signé son prédécesseur à l’Elysée, après avoir promis qu’il le transformerait, mettant en place une politique de l’austérité, qui d’après l’animateur du Front de Gauche, met en péril toute l’Europe, ajoutant que toutes ces privations ne résoudront rien, sinon appauvrir un peu plus les moins nantis, que ni les Grecs, ni les Espagnols, ni les Portugais ne paieront la dette, Jean Luc Mélenchon renvoie dans leur camp les socialistes tout comme les UMPéistes.

Au soir du 24 novembre 2012, il a clairement dit qu’il désirait prendre les rênes du pays. lien

En attendant les français s’inquiètent de leur avenir, et se demande qui pourrait les sortir de l’impasse.

Comme disait Marcel Pagnol, remplaçant au pied levé mon vieil ami africain : « tout le monde savait que c’était impossible, il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l’a fait ».

L’image illustrant l’article provient de « deblog-notes.over-blog.com

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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