Bilan 2013 : l’euro et ses attraits « encore mal connus »

LE YETI :

Pour faire le bilan d’une année, il faut parfois savoir remonter de quelques temps, histoire de mesurer la différence entre intentions et réalisation. À la veille d’élections européennes, Olivier Berruyer (Les-crises.fr) a eu la méchante idée d’exhumer une tribune édifiante, datée d’octobre 1997, sur les mérites de l’euro.

Le titre, déjà, va bien vous faire rire, au moins nerveusement :

« L’Euro, une chance pour la France, une chance pour l’Europe »

Purée, la chance !

Mais attendez, c’est pas fini, ne vous étouffez pas tout de suite. Morceaux choisis de ce que l’euro devait… pardon, nous a (en principe) désormais apporté :

« Une gestion saine des finances publiques… coordonnée à l’échelle européenne… favorisera la croissance au sein d’un grand marché homogène, facilitera la modération des impôts.

La Banque centrale européenne assurera la stabilité du pouvoir d’achat dans notre vie quotidienne… L’euro sera ainsi le symbole concret de l’identité européenne.

Les citoyens et les entreprises, disposant désormais d’une totale liberté de mouvement, pourront tisser des liens approfondis. Des solidarités nouvelles pourront alors naître dans les domaines sociaux, culturels et politiques. Ainsi se forgera une Europe plus harmonieuse et plus démocratique.

Une société fondée sur des valeurs humanistes… retrouvera la voie de la prospérité et du plein emploi… une cohésion nouvelle… un acte de confiance dans l’avenir, un facteur d’espérance et d’optimisme… »

Relire les discours d’aujourd’hui dans quinze ans

Le texte est signé par le gratin des grands pontifiants de l’époque : Edmond Alphandéry, Jacques Attali, Jean Boissonat, Pascal Lamy… Oui, oui, les mêmes ou les grands frères de ceux qui commencent déjà à défiler sur nos petits écrans pour y débiter leurs messes pré-électorales.

À peine gênés aux entournures par les évidences cruelles de la situation 2013, ils vous serineront que sans l’euro, ça serait bien pire. Et se débrouilleront pour replacer cette bonne vieille sentence, déjà présente dans leur tribune de 1997 :

« Tous ces attraits de l’euro sont encore trop mal connus des populations européennes. »

Frédéric Lordon

Holà, holà, remets-toi ami électeur, et dis-toi bien que dans quinze ans, quand pépé Berruyer ressortira les sermons des pontifes d’aujourd’hui, nos enfants riront tout autant, et des textes, et de la naïveté indécrottable de leurs parents. Enfin non, pas tous :

« Je conchie l’Union européenne et l’euro » (Frédéric Lordon, France Culture, 26 novembre, à partir de la minute 29)

Une pensée sur “Bilan 2013 : l’euro et ses attraits « encore mal connus »

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    17 décembre 2013 à 12 12 16 121612
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    Y z’ont un produit a vendre. Que voulez-vous !

    Et là, ya le marché Ukrainien a conquérir…

    Bonne journée

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