Blague chinoise : « La lutte contre le chômage est le seul rassemblement qui convienne »

Évidemment, ces nouveaux chiffres calamiteux du chômage, à quelques jours du 1er mai, date anniversaire de la fête du Travail, tombent sacrément mal ! Mais cela n’a pas empêché notre commercial en chef, en tournée éclair au pays de Mao, de débrider tout son monde par une de ses bonnes blagues totalement creuses dont il a l’hilarant secret.

« Ce que je veux c’est que les Français puisse se rassembler sur cette seule cause nationale : la lutte contre le chômage. C’est le seul rassemblement qui convienne. »

Un, il serait temps qu’il s’en rende compte. Deux, on rappellera à notre humoriste, qu’à chaque rassemblement un brin trop résolu contre le chômage, ceux de Florange par exemple, il fait sans complexe donner les forces de l’ordre. Mais passons, on n’est plus à une bêtise près avec ce personnage.

À sa décharge tout de même, l’invraisemblable crédulité populaire pour qui l’emploi est encore la condition obligée du salut économique et social. Or rien n’est plus faux. La réduction du temps de travail, sinon la réduction du travail lui-même, devrait depuis longtemps être synonyme de progrès plutôt qu’aveu d’échec.

La fausse bonne piste de Jean-Luc Mélenchon

En reprenant jeudi soir chez Pujadas (“Des paroles et des actes”) son antienne sur la relance et les créations d’emplois, Jean-Luc Mélenchon, par ailleurs excellent, fait fausse route et maintient son public dans une illusion suicidaire. Tout comme d’ailleurs bien des “économistes atterrés”.

Car il n’existe pas que des licenciements boursiers ou des délocalisations sacrilèges pour expliquer la désastreuse situation de l’emploi. Bien des postes inutiles, sinon nuisibles, gagneraient encore aujourd’hui à être utilement épargnés.

Ainsi la lutte contre l’obsolescence programmée de certains produits pour en relancer la consommation, récemment venue sur le devant de la scène, répond à une saine préoccupation, digne de cet “écosocialisme” cher au Front de gauche, autant qu’elle est nocive pour les emplois qui s’y rapportent.

L’emploi n’est pas le but de l’économie

Jean-Luc Mélenchon citait quelques intéressantes perspectives de développement. Une meilleure exploitation des milieux marins par exemple. Mais il y a fort à parier que celle-ci ne comblera pas le déficit d’emplois dû à l’amélioration de la productivité et à l’arrêt du consumérisme effréné.

Sauf à pourrir les milieux marins comme on a réussi à pourrir le reste de la planète en passant d’une économie de confort à une économie du gaspillage.

Car, répétons-le encore une fois à la veille de ce jour de fête du Travail, l’emploi n’est pas plus le but de l’activité économique que la croissance exponentielle. Le but de l’économie est de satisfaire les besoins élémentaires et de confort de la population.

Une logique de pensée obsolète

Avec ou sans travail si les progrès techniques permettent de s’en épargner (et se pose alors les questions cruciales de réduction du temps de travail, de répartition du travail et de création d’un revenu d’existence pour tous).

Avec ou sans croissance dès lors que le volume de biens et services produits suffit à satisfaire les besoins du public (et la problématique de l’activité économique repose alors sur la gestion et la répartition des richesses, bien plus que sur leur accumulation).

Maintenir l’idée contraire, laisser persister l’illusion d’un possible retour du plein-emploi, conforte cette hypnose collective qui conduit à une impasse destructrice, faute d’avoir su modifier à temps une logique de pensée obsolète.

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