Ceci n’est pas une crise de l’immobilier

Morne ankylose sur le marché de l’immobilier depuis le début de l’année. Les panneaux “à vendre” fleurissent et subissent les outrages du temps qui passe. Et les herbes folles vont bientôt remplir les jardinets des pavillons en souffrance d’acheteurs. Je ne souhaite à personne d’avoir un appart’ ou une maison à vendre en ce moment. Rigolez pas, c’est mon cas !

Première fois que ça m’arrive. Changement de domicile tous les cinq/six ans (un “voyageur à domicile” ça a la bougeotte !), trois/quatre mois de délai pour conclure ventes et rachats et le tour était joué. Là, un an déjà de mise en vente et une pétole à vous désespérer un Kersauzon.

J’ai téléphoné à ma notaire pour avoir une météo immobilière assermentée. « Oulala, mon pauvre monsieur, le calme plat, des ventes mensuelles qui se comptent sur les doigts d’une main. On attend… »

Je ne vous parle même pas de la réaction transie de mes agences immobilières. Évoquez le sujet avec elles et elles se recroquevillent comme des zozieaux pétrifiés par un froid polaire.

Une baisse des prix d’environ 40 % en vue ?

Le plus douloureux pour ma conscience, c’est quand un acheteur potentiel égaré pointe son nez et s’extasie sur mon abri. Voyez pas qu’il se laisse séduire, accepte mon tarif !

Car il y a une chose qu’il faut se mettre dans le ciboulot : les prix de l’immobilier vont se dégonfler comme des baudruches. Pour revenir à des niveaux beaucoup, beaucoup plus raisonnables. Regardez bien le graphique ci-dessous. Il s’agit de l’évolution des prix de l’immobilier comparé à celle du revenu des ménages.

Jusque dans les années 2000, les prix de l’immobilier restaient dans le “tunnel” du raisonnable par rapport à l’évolution du revenu des ménages. Et puis à partir des années 2000, boum, la grosse bulle qui enfle, qui enfle ! Le crédit facile sur 10 ans, 15 ans, 30 ans…

Aujourd’hui, patatras, crédit est en train de mourir pendu par la crise de la dette. Et qui peut acheter s’il ne fait pas partie des quelques héritiers veinards ou s’il n’a pas un bien préalable à vendre ? Pour les autres, les primo-accédants et les jeunes, c’est tintin pour les rêves de “home sweet home”.

Mais les grosses bulles finissent toujours par exploser et revenir sagement dans le tunnel (regardez ce qui se passa début des années 90 à Paris, courbes rouge et bleu clair). Soit une baisse d’environ 40 % à attendre incessamment sous peu.

Pas une crise mais un retour au raisonnable

Remarquez, moi je m’en fous de vendre ma maison 40 % moins chère… si le prix de celle que j’achète a baissé d’autant ! Faut juste que vendeurs et acheteurs accordent leurs violons en même temps, c’est tout.

Pour l’instant, ça essaie encore de freiner. Les vendeurs, surtout quand ils ont encore un gros crédit à rembourser (peu de chances que les banques leur accordent une ristourne de 40 % sur le capital restant dû). Les agences immobilières et les notaires qui s’accrochent aux œufs d’or de la vieille poule.

Et les spéculateurs immobiliers qui ont bien du souci à se faire. Eux ne tablent que sur la valeur financière d’un bien. Et non sur sa valeur d’usage (un abri, un endroit où dormir et faire des tas de choses agréables). Car si la valeur d’usage d’un bien immobilier demeurera, sa valeur financière a toutes les chances de ne pas rester au même niveau de folie qu’aujourd’hui.

Déjà les premiers craquements se font entendre dans la bâtisse. Vendeurs en manque de liquidités (perte d’emploi ?) ou contraints de vendre (mutations professionnelles ?). Agences au bord du dépôt de bilan (5000 suppressions de postes annoncées). Notaires sonnés.

Juste et moral retour au raisonnable, peut-être, mais en attendant, chut, des pas dans l’allée. Une visite ? Non, le facteur. Avec une lettre. La taxe foncière. Ouh la vache, pas prête de redescendre dans le “tunnel”, celle-là !

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