Ces champions olympiques dans mon salon

Je vous avoue, je ne suis pas un assidu des jeux olympiques à la télé. Mais l’écran du salon est en permanence ouvert sur l’évènement. Pendant que je vaque à mes occupations. De temps en temps, je jette un œil plus ou moins distrait sur les images. Parfois je m’y arrête un instant, comme ça, sans intérêt précis pour tel ou tel épisode.

Juste irrésistiblement attiré par le spectacle de quelques zozos suants essoufflés en train de se tirer la bourre. Et parce que j’ai un poisson à mariner ou un four en train de préchauffer.

C’est comme si les sportifs déambulaient dans la pièce à vivre de ma maison. Je les accueille sans falbalas, ni chichis. Prenez place, les gars, les filles, faites comme si je n’étais pas là. Je finis de monter mon aïoli et je suis à vous.

Têtes de passants sur les trottoirs

Ce que j’aime dans les jeux olympiques tous les quatre ans, ce sont ces disciplines qu’on ne voit jamais à la télé, ces champions sous-médiatisés qu’on oubliera au lendemain de la journée de clôture. Ou même dès la descente du podium où ils ne figurent même pas. Hand-ball, judo, tir à l’arc, badminton, ping-pong…

Vous les croisez, non sans blague, vous avez l’impression de les avoir toujours connus, timides, un peu patauds et empruntés face aux médias, mais survoltés en compèt’. Sans leurs tenues de compétiteurs, ils ont des airs des passants de tous les jours sur vos trottoirs.

Ce que je préfère dans les JO, c’est la première semaine. Avant l’apparition des Dieux du stade amphétaminés de l’athlétisme. Et même si déjà, tous ces nageurs aux cages thoraciques hypertrophiées…

Mélanges multicolores

Quoique. Ces Camille Muffat ou Yannick Agniel ont tout de même des gueules bien sympathiques à se bécoter sur les bancs publics-bancs publics, vous ne trouvez pas ? Et ces héros obscurs et efflanqués du demi ou du plein fond, du marathon…

Oui, je sais, la question qui fâche : sont-ils dopés ou non ? Mais demande-t-on à l’invité de son salon s’il est porté sur la bouteille, s’il fait des excès de tabac, ou s’il s’envoie plus que de raison en l’air à l’herbe folle ou aux poudres prohibées ?

Et puis, il y a ces questions de dérives patriotardes. Mais que voulez-vous, moi, je biche quand nos couleurs sont défendues par des champions tricolores du nom de Xian Yi Fang (tennis de table), Daouda Karaboué (hand-ball), Mira Boumejmajen (gymnastique). Vive le tricolore multicolore, mordiou ! Et merde aux cons gris !

Ah flute, voilà Laura Flessel qui pleure sur mon canapé ! J’aurais pas dû éplucher tous ces oignons.

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