Changer le travail pour changer la vie!

Recherche menée par Robert Gil

 pommeSi une réduction du temps de travail est nécessaire, elle ne peut être dissociée d’une profonde modification de son organisation, basée sur la coopération et non plus la concurrence entre individus.

 «Le travail» occupera très certainement une place de choix dans la campagne pour l’élection présidentielle. Rien ne garantit pour autant que les propositions seront à la hauteur des défis à relever et des enjeux posés par cette question majeure, tant elles se réduisent trop souvent aux recettes libérales censées favoriser l’«emploi». Politique de l’offre, baisse du «coût du travail», allégement des cotisations (les fameuses «charges» dont le nom occulte l’origine sociale, trop sociale), flexibilité accrue, augmentation du temps de travail : on connaît la chanson de la «modernité» que les «outsiders» devraient nécessairement accepter pour entrer dans le monde des «insiders».

 Or, si le chômage est un fléau et constitue à juste titre l’une des préoccupations majeures des citoyens, non seulement ces «réformes» n’ont pas fait leur preuve en matière de création d‘emplois mais elles passent plutôt à côté des transformations qu’il serait nécessaire de mener.

 Disons-le clairement : sans prise en compte de la réduction du temps de travail, on se prive d’un dispositif qui a le mérite de créer des emplois en partageant le travail au lieu de le concentrer dans les mains de ceux que l’on incite trop souvent, au contraire, au prix d’une défiscalisation problématique à plus d’un titre, à «travailler plus» pour gagner un peu, beaucoup, ou pas du tout plus… Partager le travail donc et permettre ainsi simultanément à tous de consacrer davantage de temps à des activités diverses relevant de la sphère privée (où les obligations domestiques sont loin d’être encore équitablement réparties !) ou de la sphère sociale.

 Mais, aussi souhaitable et nécessaire la réduction du temps de travail soit-elle, une véritable «politique du travail» ne peut, toutefois, s’en tenir à cet aspect quantitatif et occulter l’importance de la question qualitative et du mode d’organisation de cette activité. Faire, en effet, «comme si» certaines formes d’organisation néolibérales n’entrainaient pas de graves souffrances mentales et éthiques conduisant à des pathologies mentales (dépression, burn-out…) voire au suicide, revient à ne pas prendre en considération des problèmes que des milliers de citoyens rencontrent face à «la loi du marché».

 Les dysfonctionnements de l’organisation du travail ont, en outre, une incidence négative sur la qualité des produits et des services et nuisent à la compétitivité des entreprises. Il y a donc urgence à agir pour mettre fin à des situations qui usent les salarié(e)s et handicapent l’économie. Sauf à vouloir se réfugier derrière la proclamation uniformisante et abstraite de la «valeur travail» pour masquer l’existence d’emplois non épanouissants, sauf à vouloir prolonger ainsi ipso facto des modes d’organisation qui ont fait la preuve des dégâts humains qu’ils entraînent, sauf à vouloir maquiller en «fatalité» ce qui, en réalité, relève de l’humain et du transformable, nous avons tout à gagner à faire de cette question un enjeu central de 2017.

 Avancer dans la voie d’un meilleur partage d’un travail dont l’organisation repose sur la coopération, et non plus sur la concurrence entre individus évalués de manière individualisée sur leurs performances demande, certes, d’aller à l’encontre de pensées et pratiques courantes. Ne pas le faire revient à se priver de ce qui peut permettre de renouer l’intérêt et la confiance des citoyens pour une politique apte à changer leur vie. C’est pourquoi, nous appelons les candidats de gauche à se saisir pleinement de la double question de la réduction quantitative du temps de travail et de son organisation qualitative.

Source

3 pensées sur “Changer le travail pour changer la vie!

  • avatar
    5 mai 2019 à 3 03 48 05485
    Permalink

    Correct, et je ne doute pas que vous ayez lu « le Manifeste contre le Travail et ses Lois » du Groupe Krisis, paru au format PDF gratuit en 1999 et que j’ai intégrée, en analyse, dans ce billet ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/03/11/pour-une-societe-des-societes-hors-etat-et-ses-institutions-contre-le-travail-et-sans-argent/

    Et dans une nouvelle version PDF ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2018/05/manifeste-contre-le-travail-et-ses-lois.pdf Parce que tout y est, et surtout pourquoi, dans cette société là, courir après l’idole du Travail/mort c’est FOUPOUDAV (FOUtu, POUrri, DAVance)

    Comme disait le grand Georges (Brassens) « Non les braves gens n’aiment pas que, l’on prenne une autre route qu’eux » ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2019/05/03/les-muses-atmospheriques-en-ont-plein-leur-musette-par-los-cantos-de-xochi/

    Alors, justement, prenons la tangente, comme Zénon nous y a invités, il y a bien longtemps…
    Qu’attendons-nous ?…
    JBL

    Répondre
  • avatar
    7 mai 2019 à 13 01 26 05265
    Permalink

    La réduction du temps de travail n’est pas dans l’agenda politique, le but actuel des pays riches est de se diriger vers une ‘gentrification’ du travail à l’interieur de leur frontiere et d’éliminer les classes inférieurs (les pays moins developpés seront un bassin important de classes inferieurs), on aura eliminé au moins deux problemes quand ce processus sera accomplit, la consommation n’est plus entravée par un faible niveau de vie, la contestation liée au niveau de vie aura disparu (pas de pauvres donc pas de contestations)

    Répondre
    • avatar
      8 mai 2019 à 6 06 34 05345
      Permalink

      @ Il y a du vrai et du totalement faux dans cet argumentaire

      1) OUI la population est excédentaire compte tenu de son revenu moyen qui ne permet pas d’assurer la consommation condition absolue de la réalisation du capital.

      2) NON évidemment il est hors de question pour le capital de réduire le temps de travail = augmentant d’autant les charges sociales et donc les ponctions sur les salaires et sur le surtravail source des profits.

      3) Vous traitez à la légère du grave problème capitaliste qui consiste à détruire des forces productives (improductives selon les normes internationales) et des moyens de production. POUR cela il faudrait ressentir la mobilisation populiste à travers les masses poussées à la guerre mondiale et heureuse de l’être = rappelez-vous 1914 et 1939 – Aujourd’hui rien de cela le prolétariat a appris et son niveau de conscience de classe s’est raffermie. VOYEZ au Venezuela où l’armée finalement tranchera très loin du prolétariat. En France la petite bourgeoisie ayant obtenu quelques miettes s’apprête à fermer le livre d’image JAUNE

      4) ET cela on ne le ressent pas – les vieilles chaussettes de gauche comme de droite ne parviennent nullement à lancer autre chose que des groupuscules djihadistes – black Bloc – néo-nazi – suprémacistes – nationaleux chauvins et racistes – néo-fascistes-flics contre les masses prolétariennes qui montrent bien que la mobilisation pour la guerre nucléaire totale ne va pas bien pour le grand capital Et à mon avis ce problème est insurmontable pour eux et s’ils font l’erreur de lancer le conflit mondial ils y perdront leurs propriétés et nous nous y perdront des millions de camarades

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *