Congrès du Parti de gauche : les mots pour le dire

Eh bé, dites donc, chaud le dernier congrès du Parti de gauche à Bordeaux ! Le moins qu’on puisse dire est que le rouge leur est monté au nez et qu’ils n’y sont pas allés de main morte avec l’équipe socialiste au pouvoir. Il y a de la rupture dans l’air. Enfin !

Le PG qui cogne

C’est le ministre Moscovici qui a le plus dégusté :

« Salopard ! » (François Delapierre à propos de la participation du ministre de l’économie et des finances au traquenard tendu par la Troïka aux Chypriotes).

« Petit intelligent qui a fait l’ENA, qui ne pense pas en français [et non “ne pense pas français” comme raccourci par ses détracteurs, ndlr], qui pense finance internationale ! » (Jean-Luc Mélenchon)

Faut dire, il ne l’a pas volé, notre “partenaire des banquiers” (appellation contrôlée par l’intéressé lui-même). Dans le genre allégeance aux puissances financières, il n’en rate pas une. Ah, cette “régulation bancaire au pistolet à bouchon” (F. Lordon) ! Ah, son coup de frein à l’initiative de N. Vallaud-Belkacem pour limiter les salaires hypertrophiés des grands patrons !

Mais Moscovici n’était pas la seule cible des congressistes déchaînés :

« Hollande a tout lâché, il a tout faux. Il a peur » (Jean-Luc Mélenchon)

Le PS qui tique

Forcément, vous vous en doutez, ça a tiqué grave dans les rangs de la majorité, du PS à EELV, de Harlem Désir à David Assouline, en passant par les militants en émoi sur les réseaux sociaux. Pêle-mêle :

« Antisémites [Moscovici est juif, ndlr] ! Populistes [incontournable] ! Non aux insultes [sic] ! Des excuses, des excuses ! »

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(Tweet de Pierre Serne, vice-président EELV de la région Île de France)

Le microcosme n’était pas en reste. Avec l’inusable Quatremer à la baguette sur Twitter :

« JL Mélenchon plus stalinien [tiens, manquait “stalinien”] que jamais. Y compris les relents d’antisémitisme. »

Drôle d’idée en passant de ressortir soi-même la religion d’un ministre pour l’associer à la finance internationale et taxer ensuite les autres d’antisémitisme. Mais bon, Quatremer et consorts ont, semble-t-il, quelques excuses physiologiques à leur emportement quasi “mélenchonesque” :

Quatremer.png
(Tweet de Jean Quatremer)

Une rupture inévitable et vitale

Plus sérieusement, ce divorce apparaissait de plus en plus comme inévitable, sinon vital pour le paysage politique français. Il était clair que les deux parties étaient devenus inconciliables.

L’une accrochée à une sociale-démocratie proche du système (c’est son droit). L’autre de plus tentée par des mesures de rupture, tant au niveau national qu’avec l’Union européenne, avec des vélléïtés de plus en plus évidentes d’abandonner un euro étouffant.

Seules des considérations stratégiques ou électorales pouvaient encore expliquer ce concubinage contre nature. Le PG a manifestement franchi le pas de la séparation ce week-end. Reste au Parti communiste français à se prononcer.

Quant aux insultes, aux mots d’oiseaux, bof, pas si graves, ça fait circuler le sang. Comme l’insurrection ou le coup de pied aux fesses, autres moyens d’expression politique qui ont parfois leur raison d’être pour débloquer des situations pourries. Et c’est peu dire que l’actuelle l’est, pourrie et bloquée.

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