Contribution:La question de l’impérialisme et la domination réelle du Capital.

Gérard Bad.  Rédigé en 2002 (première version).

Ce texte, n’ est qu’une contribution, c’ est-à-dire qu’il est discutable et amendable, il devait rester dans les tiroirs de la revue Échanges afin de débattre de cette question. Nous le mettons en ligne, afin de fêter à notre manière le centième anniversaire du livre de Lénine « l’impérialisme stade suprême du capitalisme« .

 

Sommaire

Avant propos.

1-Les origines et définitions de l’impérialisme.

2- Quelques mises au point sur la question de l’impérialisme.

a) Sur la théorie du capitalisme de monopole et du monopolisme d’état.

b )Marx Engels : les monopoles, trusts…

c) Circulation monétaire et circulation des marchandises

d) la bourse disparaît à jamais

3- Surprofit, prix de monopole et commerce extérieur.

4- Les états nationaux et la colonisation

a) Du droit des peuples à disposer d’eux mêmes.

5- Sur les deux phases historiques du mode de production capitaliste.

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Avant propos.

Depuis la parution du livre de Toni Negri “ L’empire ” de nouveau une polémique s’est engagée sur l’impérialisme et la notion d’Empire développé par Negri; mais surtout du fait de la mondialisation terme utilisé à satiété comme globalisation sans que personne vraiment soit capable d’en définir la portée.

Dans un premier temps, nous allons voir que l’origine du terme impérialisme était surtout lié à une politique d’annexion quelque soit le mode de production existant ( esclavagiste, féodalisme , capitaliste). Cette politique est une politique d’empire qui prend possession de territoire, de richesse, de force de travail par la force des armes et le pillage. Elle est commune à toute les périodes historiques et ne saurait être une politique particulière d’un stade donné du capitaliste et encore moins de son stade suprême , ultime, parasitaire…

Tous les “ prémices de l’impérialisme capitaliste ” de Lénine, Boukharine et Rosa Luxembourg préexistaient déjà à l’époque de Marx ( Capital financier, trusts cartels monopoles, colonisation… ) et pourtant jamais Marx n’a trouvé nécessaire d’élaborer une théorie spécifique sur la phase terminale de l’évolution du capitalisme. Marx avait dans le Manifeste communiste fort bien déterminé l’arc historique du capitaliste de sa naissance à sa disparition.

La théorie de l’impérialisme capitaliste à pris naissance au cœur de l’empire britannique, sous la forme d’une politique analysée par les économistes de l’époque.

Les théories anti-impérialistes allaient diviser le monde nom plus en classe sociale exploité à l’échelle mondiale, mais en zone, pays, nations, peuples, états , opprimés par les grandes puissances impérialistes.

Cette politique, ne pouvait être qu’une politique d’État à État et n’avait plus rien à voir avec la révolution prolétarienne mondiale comme nous aurons maintes fois l’occasion de le démontrer. De même que le petit producteur lutte contre le monopole qui tend à le faire disparaître pour devenir lui même monopole, les luttes de libération nationale lutte contre l’impérialisme pour devenir elles mêmes annexionnistes souvent avec l’aide militaire d’un impérialiste concurrent. Tous les fronts anti- monopolistes et anti- impérialistes ne font que détourner la classe ouvrière de son combat contre le capitalisme comme système qu’il soit grand ou bien petit. Toute l’histoire passée nous permet aujourd’hui de faire un bilan accusateur de toute la stratégie et la tactique petite bourgeoise du léniniste au maoïsme . Ils ont toujours privilégiés les rapports d’État à État sur la scène internationale, le prolétariat ne servant que de groupe de pression dans les jeux diplomatiques internationaux.1

Il nous faudra aussi aborder les grandes transformations économiques qui conduisirent l’Europe à deux guerres mondiales, guerres dites impérialistes qui n’ont servie qu’à masquer les véritables contradictions qui émergeaient au sein même du capitalisme mondial entre sa tendance mondialiste ( exportation des capitaux) et ses tendances nationaliste et protectionniste.

Ce qui semble important pour nous, c’est de bien montrer la difficulté pour les révolutionnaires à se situer par rapport à la révolution communiste et à l’arc historique qui va de la naissance du capitalisme à son abolition par le prolétariat. Chaque fois que le prolétariat entrait en ébullition, le tocsin indiquant la fin du capitalisme 2 sonnait, nous pouvons dire qu’il existe “ un millénarisme révolutionnaire ”. Marx et Engels se sont illusionnés sur la fin proche du capitalisme, Lénine en pleine révolution déclare sans détour:

“ L’impérialisme est le prélude de la révolution sociale du prolétariat. Cela s’est confirmé, depuis 1917, à l’échelle mondiale ” (préface aux éditions française et allemande de l’Impérialisme stade suprême du capitalisme le 6 juillet 1920. )

En fait si l’Impérialisme allait être le prélude de quelque chose, il sera le prélude de la décolonisation directe, le prélude d’une autre illusion celle de l’autodétermination des peuples opprimés…. et du “nationalisme ascendant ”.

Lénine, ne se faisait aucune illusion sur le sens bourgeois de son “ droit à la libre disposition ” il disait même que la libération politique n’est aucunement une libération économique, justement parce que “ ’impérialisme ” en fait le capitalisme n’est absolument pas une simple domination politique, elle est avant tout économique .

Lénine avait absolument raison de reprocher cela à Kautsky, seulement il va faire pire que lui en pratique. En fait nous avons aujourd’hui l’Impérialisme réalisé, au sens ou le Capital financier étend ses filets sur le monde entier. De là à dire qu’il n’y a plus de frontière nationales pour le Capital, nous dirons oui sur le plan théorique “ La tendance à un marché mondial est immédiatement donnée dans le concept de Capital ” Grundrisse ES. P347 .et non sur le plan pratique. Le protectionnisme est toujours présent et chaque état et petit état ( même sans histoire réelle) défend son pré-carré.

“ Dès qu’il peut le Capital s’émancipe du cadre national et jette les béquilles sur lesquelles il s’était appuyé au départ ” analyse que fait Marx du Capital avec le chemin qui mène à la solution finale.

“ Aussi longtemps que le capital est faible, il s’appuie simplement sur des béquilles prises dans les modes de production passés ou en voie de disparition à la suite de son développement. Sitôt qu’il se sent fort, il à ses propres lois. Enfin, lorsqu’il commence à sentir’ et à savoir qu’il devient lui- même une entrave, il cherche refuge dans des formes qui, tout en parachevant la domination du capital, brident la libre concurrence et annoncent la dissolution du mode de production fondé sur le capital. ” (Grundrisse 3. Chapitre du Capital, édt 10/18 , page 261.)

Si nous devions caractériser la période actuelle, nous dirions pour reprendre Pierre Souyri, que nous assistons à une “ continentalisation ” de l’économie mondiale

“ Un compartimentage continental de l’économie mondiale aurait succédé aux cloisonnements nationaux devenu trop étroits. La victoire des Alliés brisa les rêves démesurés des impérialistes de Tokyo et de Berlin. Mais la nécessité pour le système capitaliste de dépasser les cadres nationaux n’en reste pas moins impérieuse, et bien que par des voies différentes de celles qu’avaient utilisés les “ impérialismes fascistes ”, les tendances à la “ continentalisation ” n’en continuent pas moins de s’affirmer. ” (La dynamique du capitalisme au XXe siècle Pierre Souyri ed. Payot 1983)

Ce compartimentage, étant tout relatif du fait même de l’existence de firmes transnationales et multinationales.

 

Voir la suite sur notre blogue SPARTACUS 1918 rubrique impérialisme et nationalisme

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