Coût du Travail ou coût du Capital?

Recherche menée par Robert Gil

Le « coût » du travail est placé au premier rang des causes des difficultés des entreprises françaises. Mais qu’en est-il ? Dans l’UE, il était, en 2011, pour les entreprises de plus de 10 salariés de 23,1 euros de l’heure, avec de fortes disparités : de 3,5 € en Bulgarie à 44,2 en Norvège. Avec 34,2 euros de l’heure en moyenne, la France est dans le groupe de pays au « coût » élevé. Mais la part de ce « coût » dans le prix du produit fini est souvent faible. Dans l’automobile la part du « coût » salarial dans le prix d’un véhicule pour l’entreprise qui l’assemble et le commercialise est de moins de 10%.

En ce qui concerne la productivité, la France se situe dans le peloton de tête au niveau mondial. Avec des salariés qui rapportent 54,8 €/heure la France est loin devant la moyenne européenne de 43,9 €/heure…et devant l’Allemagne (53,4€/heure). Loin d’être un « coût », les salariés sont surtout une manne bien profitable…

La démocratie ne doit pas s’arrêter à la porte  des entreprises. Exigeons l’ouverture des livres de compte. Les richesses, c’est nous qui les produisons. Quand un patron dit qu’il est pris à la gorge, quel moyen avons-nous de savoir s’il dit la vérité ? L’ouverture des livres de comptes des entreprises est le seul moyen de contrôle.

C’est la rapacité patronale et les plans d’austérité du gouvernement qu’il faut combattre. D’autant qu’il n’y a aucune fatalité. De l’argent, il y en a, comme en témoigne le CAC 40. Des richesses accumulées aussi : le PIB de la France est deux fois plus élevé qu’il y a quarante ans. Mais depuis, les inégalités ont aussi considérablement augmenté, pour ne pas dire explosé !

Ras le bol de ces discours pro-Patron, pro-Capital. Ce n’est pas le CDI qui est rigide mais les profits que veulent faire les Actionnaires, véritables parasites de notre société. Car les seuls qui ne veulent pas entendre parler de sacrifices, qui ne veulent faire aucune concession et remettre en cause leurs « acquis et autres avantages » ce sont eux. Pendant que la propagande gouvernementale et médiatique désigne à la vindicte populaire les « avantages » de certains salariés, chômeurs ou fonctionnaires, les véritables assistés continuent de faire main basse sur notre travail et les richesses du pays qui disparaissent via des montages financiers dans les paradis fiscaux dont on nous dit qu’ils n’existent plus !

Ce qu’il faut faire, c’est diminuer le temps de travail sans diminuer le salaire afin que plus de personnes puissent trouver un emploi. Une 6ème semaine de congés payés voire 8 semaines ainsi qu’une durée de travail de 30h / semaine seraient un bon début. En fait il faudrait que le travail disponible soit réparti entre tous les ouvriers existants, cette répartition déterminant la longueur de la semaine de travail.

Il y en a marre de ces patrons de grosses boites et de ces actionnaires qui volent l’argent durement gagné par les salariés. Les charges sont soi-disant trop importantes mais il ne faut pas oublier que ce sont des cotisations sociales qui permettent à notre système social de continuer à fonctionner. Ces cotisations sont notre salaire différé, c’est une véritable avancée sociale, nous le supprimer, c’est nous amputer de notre avenir, c’est nous livrer pieds et poings liés aux assurances et aux marchés financiers !

Si on arrêtait de donner de l’argent au MEDEF, premier assisté de France, on trouverait de l’argent pour financer tout ce dont on a besoin.

La priorité, aujourd’hui, c’est de faire passer en tête les intérêts des salariés au détriment de ceux des actionnaires et du patronat. Le seul but de l’activité économique devrait être de satisfaire les besoins de chaque membre de la communauté, pas de créer des profits à gogos et des dividendes pour les actionnaires ; au final même la création d’emploi devrait passer au second plan, ce qui prime c’est que chacun puisse vivre dignement et envisager sereinement l’avenir de ses enfants.

Jean Pierre ACASOCA pour Conscience Citoyenne Responsable

Lire également :  LE « VRAI » TRAVAIL !

3 pensées sur “Coût du Travail ou coût du Capital?

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    20 août 2017 à 13 01 40 08408
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    @ la conscience citoyenne responsable.

    L’analyste révèle des statistiques tout à fait réaliste et outrageante. Il est tout à fait exact que les profits des CAC 40 ne cessent d’augmenter alors que la valeur moyenne de la force de travail ne cesse de diminuer, si bien qu’a l’étape finale de l’assemblage les salaires ne représentent que 10% du prix de vente de la marchandise mise en marché. L’analyste a raison de souligner que la richesse se concentre de plus en plus entre les mains des propriétaires des moyens de production accentuant d’autant les inégalités de répartition de la richesse dans la société où pourtant le PIB (la somme totale de la valeur produite dans une économie nationale dans une année) a doubler en France en 40 ans (ce qui est peu compte tenu de l’inflation, mais passons).

    Cette dénonciation est répétée par la go-gauche socialiste – communiste et proudhonnienne depuis plus d’un siècle et elle amène la gauche bienpensante a dénoncer la cupidité des capitalistes, l’avidité des banquiers, l’injuste distribution de la richesse sociale et à réclamer la « démocratie participative pour que les patrons ouvrent les livres » !?

    Ces conclusions et ces pseudos solutions ne sont que sophismes de petit-bourgeois gauchistes anti-scientifique.

    Nous en ferons la démonstration dans notre éditorial de la semaine prochaine.

    Merci tout de même pour les statistiques sur les salaires en France fort intéressantes. Les valeurs sont comparables au Canada.

    Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    22 août 2017 à 1 01 38 08388
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    Le coût du travail en question dans la zone euro.

    Chaque fois qu’un employeur veut faire baisser le coût du travail, il brandit la menace de la fermeture et de la délocalisation de son entreprise. Les exemples se sont multipliés en France et en Europe, et semblent toujours insuffisants pour le patronat, Le journal financier La Tribune du 13/12/2010 dans un article titré « Le débat sur le coût du travail monte en puissance dans la zone euro » débute par cette question: « L’ ajustement de l’ emploi pendant la crise ayant été insuffisant par rapport à la chute de l’… [Lire la suite]http://spartacus1918.canalblog.com/tag/CO%C3%9BT%20DU%20TRAVAIL

    Le coût du travail et l’ intox compétitive
    Article pour le N° d’ Echanges 142 à paraître. Après le bain de jouvence électoral, le monde du travail se retrouve livré à lui même. Les licenciements et fermetures d’ entreprises se succèdent, dévoilant qu’il ne s’ agit pas d’ une question de pouvoir politique gauche ou droite. Il n’ y a pas de « sécurisation des emplois » pas plus que de « sécurité sociale professionnelle » le précariat montant indique qu’il va falloir compter sur nos propres forces pour affronter la crise. Le ministre du redressement… [Lire la suite]
    http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2012/11/18/25606327.html

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      22 août 2017 à 10 10 13 08138
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      @ Oeil de Faucon

      Que penser de ces phrases de Marx : « Un pays est d’autant plus riche que sa population productive est plus réduite par rapport au produit total ; tout comme pour le capitaliste individuel, moins il a besoin de travailleurs pour produire le même surplus, tant mieux pour lui. Le pays est d’autant plus riche que la population productive est réduite par rapport à l’improductive, à production égale. Car le chiffre relativement faible de la population productive ne serait alors qu’une façon d’exprimer le degré relatif de la productivité du travail. » (Marx, Théories sur la plus-value, Editions Sociales, Tome I, p. 254)
      « La surpopulation relative est d’autant plus frappante dans un pays que le mode de production capitaliste y est développé. » ( K.Marx ,T. 3,. p. 251)

      Il faut en penser que Marx a mis ici le doigt sur la contradiction principale – et fondamentale du mode de production capitaliste – Plus fondamentale encore que la li de la composition organique du capital qui n’est que la formulation économétrique de cette loi (ci-haut) de la surpopulation surproductive (je trouverai plus tard une formulation plus explicite).

      Je m’explique. Quelle est la finalité d’un mode de production sociale quel qu’il soit ?
      Sa finalité = sa raison d’être n’est pas d’accumuler la richesse (la terre arabe ou le capital productif)
      Sa finalité est de permettre à l’espèce de se reproduire élargie. Il en fut ainsi pour chaque mode de production sociale.
      Quelle est la contradiction fondamentale qui donne le signal qu’un mode de production social a atteint sa limite de vie utile – qu’il devient rétrograde et réactionnaire – nuisible et décadent ?
      Quand les rapports de production structurants ce mode de production sont en conflit antagoniste avec le développement des forces productives de ce mode de production.
      Exemple : Sous la féodalité – alors que les besoins sociaux augmentent notamment à cause de l’urbanisation et le développement du travail artisan – mais que la tenure seigneuriale de la terre et des moyens de production paysans (agraires) entravent le développement de la productivité – production – agricole (laine, coton, lin, chanvre, vivre, viande, bois, nourriture, etc.)
      Ainsi le mode de production féodal a terminé sa vie sociale utile et il devient une nuisance – en contradiction absolue avec le développement nécessaire de la société de ses capacités et de ses besoins de production visant à assurer la reproduction élargie de l’espèce
      Cette contradiction fondamentale ne peut être résolue que par l’insurrection populaire suivie par la révolution bourgeoise capitaliste -industrielle (du nom de la classe sociale qui offrira une solution = un nouveau mode de production à la société)
      C’est pour cette raison que la Révolution russe bolchevique ne pouvait qu’être bourgeoise capitaliste industrielle et en aucun cas PROLÉTARIENNE COMMUNISTE – l’étape du mode de production bourgeois capitaliste industriel ne pouvant physiquement être skipper (sauter – enjamber)

      Revenons aux phrases de MARX. IL écrit « Car le chiffre relativement faible de la population productive ne serait alors qu’une façon d’exprimer le degré relatif de la productivité du travail. »
      Ainsi, sous le mode de production capitaliste industriel présent (car cette phrase de Marx s’applique encore davantage aujourd’hui qu’hier) l’atteinte d’un haut degré de production et de productivité (les deux allant de pair) entraîne la déprédation – la destruction des forces productives sociales et la déchéance des moyens de production.
      Ce mode de production a atteint la limite de sa vie sociale utile et il est amené à détruire ses capacités de reproduction de l’espèce – et à détruire l’espèce humaine par le fait même.
      Les hausses de productivité du travail salarié qui devrait être saluée comme une progrès pour l’humanité cherchant à se libérer de l’esclavage salarié, sont au contraire des occasions de détruire des forces productives et des capacités de production. Quand le progrès technique est devenu une entrave au progrès social on appelle cela une contradiction fondamentale.
      Ce mode de production contre productif (réactionnaire et nuisible) doit et il sera renverser par nécessité via une insurrection populaire suivit d’une révolution prolétarienne communiste (du nom de la classe qui offrira une solution sociale à l’ancien mode de production moribond).

      Tout ceci n’était pas même imaginable en 1917, en 1949 ou même en 1960, en 1975 ou en 1991.

      Robert Bibeau http://wwwéles7duquebec.com

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