Dans chaque niche, il y a un chien qui mord

OLIVIER CABANEL  Il y a loin de la coupe aux lèvres, et notre nouveau président, pour qui certains affirment que « le changement c’est du flan », doit sans cesse rajouter de l’eau dans son vin, provoquant une logique chute de popularité dans les sondages.

La récente affaire des « pigeons », menée par un bataillon médiatique de chefs d’entreprises, provoquant le recul gouvernemental, en est l’une des preuves.

Comme l’écrit jean Christophe Cambadélis, « la grande confrontation sur la taxation du capital à commencé », constatant que la mobilisation sur le net des patrons des start-up avait fait reculer le gouvernement. lien

On avait eu des signes avant-coureurs lorsqu’une partie du gouvernement s’était invitée au Medef, ce qui avait laissé douter les électeurs sur la véritable volonté gouvernementale de taxer les capitaux. lien

Et puis comment ne pas s’interroger sur la volonté présidentielle lorsque, à l’occasion d’une rencontre à huis clos il y a quelques semaines, Hollande avait rencontré plusieurs patrons du CAC 40, lesquels l’avaient chaleureusement applaudi après son intervention. lien

La belle idée présidentielle visant à la taxation des dividendes va-t-elle pour autant voler en éclats ?

Comme l’a déclaré le député Gilles Carrez, « dans chaque niche, il y a un chien qui mord », et si les chiffres concernant les « dépenses fiscales » fluctuent entre 190 et 312 milliards d’euros, par ces temps de crise, François Hollande va-t-il s’attacher à tenir ses promesses ? lien

Personne n’a oublié les 60 engagements du candidat socialiste d’alors, lequel prévoyait l’annulation des niches fiscales qui devaient être équitablement répartis entre les ménages et les entreprises. lien

Elles représenteraient 33 milliards pour 2012, dont 8,9 milliards en crédit d’impôt, et 5,2 milliards en réduction d’impôts.

Mais les décisions présidentielles viennent d’être revues à la baisse puisqu’il vient d’être décidé qu’elles ne concerneraient plus les investissements d’outre-mer, ce qui correspond à  près de 3 milliards d’euros. lien

On est toujours sans nouvelles des remboursements de subventions demandés par le candidat Hollande contre les entreprises qui délocalisaient… pas de nouvelles non plus au sujet des 8000 exilés fiscaux dont le gouvernement détient la liste.

Paul Dubrule, un ex-sénateur UMP était convaincu que « ça ne se fera jamais, il faudrait renégocier les accords internationaux, ce qui s’annonce comme un bazar compliqué ».

Il est probable que ce cofondateur du groupe Accor, parti avec sa fortune à Genève, s’en réjouisse secrètement d’avance. lien

Au lieu de la relance économique, permise par la récupération des milliards planqués à l’étranger, ou aux milliards, sous forme de subventions, versées aux entreprises qui délocalisent, le gouvernement a choisi la pire solution : l’impôt, ou la taxe, grevant un peu plus le budget des familles, et empêchant définitivement la relance.

Le résultat de tout ça risque d’être plutôt improductif, puisqu’en mécontentant une partie de sa majorité, tout en perdant la confiance des patrons des petites et moyennes entreprises, les français ne sont plus que 42% à être satisfaits de l’action gouvernementale. lien

Le 30 septembre 2012, à Paris, des milliers de personnes sont allé manifester contre l’austérité, (lien) et on pourrait aussi se poser la question du silence des médias, qui, s’ils ont vaguement évoqué ce rassemblement citoyens, ont préféré en faire des tonnes sur l’éventuel scandale des paris truqués de l’équipe de Handball de Montpellier.

Laurent Ferlet, un compositeur, avait écrit un hymne peut être prémonitoire sur le thème : « le changement, c’est du flan » que l’on peut découvrir illustré sur ce lien.

Les sujets de mécontentement populaires sont légions : L’impossible cumul des mandats a lui aussi du plomb dans l’aile, et François Rebsamen, sénateur, maire de Dijon, et président du groupe socialiste mène la fronde : « j’ai été élu pour 6 ans. Jusqu’en 2014, je serais sénateur et maire ». lien

La date butoir pour respecter le non cumul des mandats était le 1er octobre 2012.

Depuis cette date, ils sont donc encore  223 députés à avoir traité l’affaire par-dessus la jambe, en continuant d’occuper 2 emplois. lien

On attend avec impatience et curiosité les sanctions que prendra François Hollande, afin de respecter l’une de ses promesses.

Quid de la politique menée par le ministre de l’intérieur qui semble poursuivre, avec son étiquette socialiste, la même voie que son prédécesseur, que ce soit au sujet des Roms, ou sur l’immigration en général ?

Ne parlons pas de la farce du « traité européen qui devait être renégocié » et dont la Parisienne Libérée vient de faire une chanson caustique.

On sait que le ministre du budget à décidé de retoquer les 14 projets d’infrastructures, au motif que ce n’est pas le moment d’aller gaspiller 260 milliards pour des projets dont la rentabilité est loin d’être prouvée, (lien) mais aura-t-il le courage de laisser dans la liste le Lyon Turin, lequel est le plus cher et le moins rentable parmi tous ces projets?

Il pourrait en tout cas s’appuyer sur le probable conflit d’intérêt démasqué il y a peu par Le Canard Enchaîné et Politis. lien

Vu l’intense lobbying mené par le président de la région Rhône Alpes, appuyé par l’ancien ministre des transports sous Mitterrand, Louis Besson, lequel a encore ses entrées à l’Elysée, Jérôme Cahuzac aura-t-il le courage d’aller jusqu’au bout de sa logique.

Décidemment l’état de grâce n’aura pas duré très longtemps et comme dit mon vieil ami africain : « le politicien flatte l’éléphant et méprise la fourmi »

L’image illustrant l’article provient de « faune.unblog.fr »

Merci aux internautes de leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *