De Coluche à Grillo – vue d’avant le scrutin

OLIVIER  CABANEL

En Italie, les élections législatives se terminent, et alors que chacun cherche désespérément des alliés pour l’emporter au final, un humoriste, sorte de Coluche à l’Italienne, est peut-être en train de créer la surprise.

Qualifié de « populiste » par certains, il recueillerait aujourd’hui jusqu’à 50% des intentions de vote, mais la ligne politique de Grillo est-elle plus populaire que populiste, et est-ce du populisme de dire à la classe politique ses 4 vérités ?

Par contre, pour Berlusconi, le doute n’existe pas, il pratique depuis longtemps la tactique populiste : il vient de promettre, s’il était élu, le remboursement d’une taxe d’habitation que le gouvernement deMonti avait prélevé. lien

51 millions d’électeurs vont se rendre aux urnes pour choisir entre un Juge antimafia, un milliardaire bunga bunga, un journaliste original, un ex communiste, un ex professeur d’économie, un immortel, et bien sur Beppé Grillo : sa différence d’avec tous les autres candidats est visible comme le nez au milieu de la figure.

Il n’y a pas si longtemps, en IslandeJon Gnarr, un clown comédien avait pris le pouvoir, fer de lance d’une révolte populaire qui finalement allait chasser du pouvoir les corrompus, les banksters, et mettre en place une nouvelle constitution. lien

Mais l’Islande n’est pas l’Italie.

Avec ses 320 000 habitants, on est loin des près de 60 millions d’italiens, même si les similitudes entre le programme de Gnarr et de Grillo sont nombreuses.

Celui-ci, refusant d’aller pavoiser à la télévision, utilise uniquement internet et les meetings publics dans lesquels son talent d’artiste provocateur fait merveille, et son humour n’est pas sans rappeler celui du regretté Coluche, dont il partage le métier.

Son blog est sur ce lien.

Son programme sort de l’ordinaire : il prône le revenu minimum, la semaine de 20 heures, et ce défenseur sincère de l’environnement, conteste violemment, entre autres, le projet ferroviaire Lyon Turin.

J’étais allé en délégation, à Turin, au mois de décembre 2005, lors d’une manifestation No Tav, et les80 000 manifestants dont j’étais, finirent leur marche devant un podium, sur lequel, entre autres, Beppe Grillo nous donna la mesure de la popularité dont il était l’objet. lien

Farouchement anti européen, refusant cette Europe de technocrates et de Banksters, il est un habile mélange entre un Mélenchon, et un Cohn-Bendit des beaux jours…

Au sein de son mouvement 5 étoiles, on attribue au « Grillo Parlante » entre 15% et 18% des voix, mais il pourrait pourtant créer la surprise, en arrivant en 3ème position, voire mieux.

Se considérant comme la conscience du pays, rejetant la gauche et la droite dans leurs camps respectifs, il gagne toujours plus les faveurs des mécontents.

Récemment il a attiré 30 000 personnes à Milan, et encore plus à Rome et pour cette élection, il aura promené sa tignasse blanche, sa bonne humeur, et sa juste colère dans une centaine de villes, luttant, à64 ans, contre une « classe politique qui verrouille tout  ».

Traitant Berlusconi soit de « nain », soit de « cadavre », il s’adresse à la classe politique en leur criant : « rendez-vous, vous êtes cernés ! il ne vous sera fait aucun mal ». lien

Pourtant les pronostics ne donnent gagnant ni Berlusconi, ni Grillo, les experts affirmant que l’élection sera gagnée au centre, qu’il soit centre droit, ou centre gauche, et que tout sera affaire d’alliance.

Les plus optimistes rêvent de le voir passer devant Berlusconi, ce qui serait une claque magistrale pour le « cavalière« . lien

Mais la messe n’est pas dite, d’autant que sur le chapitre de celle-ci et de la papauté, de nombreuses rumeurs évoquent d’autre raisons que la fatigue papale pour expliquer son renoncement. lien

D’autres vont plus loin, liant la démission papale à la réalité d’un réseau d’évêques et de prêtres gays. lien

Une vidéo en dit un peu plus.

Mais revenons à l’élection législative italienne.

Les italiens n’en peuvent plus des promesses non tenues, des cas de corruption qui se multiplient, des frasques de Berlusconi, et pas seulement de lui…

Qui l’emportera ?

Les italiens auront bientôt la réponse.

Comme dit mon vieil ami africain : « le grillon tient dans le creux de la main, mais on l’entend dans toute la prairie  ».

L’image illustrant l’article provient de « internetpolitica.blogosfere.it »

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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