DE LA GRÈVE GÉNÉRALE A LA QUESTION DU POUVOIR… un Mai 68 qui aille jusqu’au bout!

Recherche menée par Robert Gil

La_beauté_est_dans_le_rueDix millions de travailleurs en grève, le pays paralysé, les usines occupées où flottent le drapeau rouge, la grève générale combinée à la contestation étudiante posait la question du pouvoir… Plus que la force du pouvoir gaulliste, c’est la capitulation du PCF, avant tout soucieux de défendre son influence en dénonçant les gauchistes et les casseurs et déjà rallié à Mitterrand, qui a sauvé le régime.

Mitterrand se met en selle

 Le pouvoir dit fort de De Gaulle était bien fragilisé. Le 27 mai, après une manifestation appelée par l’Unef et soutenu par la CFDT, 70 000 personnes se retrouvent au stade Charléty. Le lendemain, Mitterrand annonce sa candidature pour la présidence et propose la mise en place d’un gouvernement provisoire présidé par lui ou Mendès France. Le même jour, la CGT et le PCF organisent une manifestation pour soutenir les revendications et le mot d’ordre « Gouvernement populaire », version union de la gauche.

 De Gaulle reprend vite l’initiative. Après une visite éclair aux troupes françaises stationnées à Baden Baden en Allemagne, il annonce le 30 mai la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation d’élections législatives. La gauche se précipite dans le piège. De son côté, la CGT est trop contente de pouvoir limiter la grève aux revendications économiques. Les accords de Grenelle sont signés le 27 mai, et la confédération organise progressivement la reprise…

 Sans perspective politique propre, dominée par les appareils du PCF et de la CGT, la classe ouvrière ne trouvera pas les ressources politiques pour aller plus loin, même si la combativité demeure malgré les violences policières.

 Pour que Mai 68 puisse aller jusqu’au bout, il aurait fallu une force politique enracinée dans la classe ouvrière capable de combiner revendications immédiates et luttes politiques, qui militent pour que les travailleurs prennent en main leurs propres luttes, s’organisent en comités de grève ou en comités de quartier ou de ville, qu’ils osent s’affirmer comme un contre-pouvoir pour postuler à diriger la société afin d’en finir avec la propriété privée capitaliste.

Donner des perspectives

 Une telle organisation n’existait pas. Pour la première fois depuis bien longtemps, l’extrême gauche était apparue comme une force politique avec laquelle il fallait compter, mais elle n’était pas en mesure de jouer ce rôle. Par la suite, elle ne sut pas avoir un visage ouvert et démocratique pour rassembler ses forces et offrir un cadre politique aux milliers de travailleurs, de jeunes qui regardaient vers elle.

 Le mouvement actuel pose les mêmes questions. Personne ne peut prédire ce qu’il donnera, mais comme le fit Mai 68, il ouvre une nouvelle période pour les luttes d’émancipation. Il pose la question de la grève générale politique, de l’affrontement avec le pouvoir. S’y préparer, c’est œuvrer à la construction de cette force, de ce parti qui a tant manqué en 68. Cela signifie militer pour le rassemblement des anticapitalistes et des révolutionnaires, élaborer dans la pratique, au cœur du mouvement, le cadre politique qui le permettra. En Mai 68, le marxisme, les idées du socialisme, du communisme, gardaient un puissant rayonnement malgré les crimes du stalinisme et les caricatures maoïstes. Il s’agissait de revenir à un marxisme authentique, révolutionnaire, de redonner à ces idées la fraîcheur de la contestation. Aujourd’hui, il s’agit de leur redonner une vie et une crédibilité dans le contexte d’une nouvelle période historique.

 Yvan Lemaitre

« Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience »…. Karl Marx

2 pensées sur “DE LA GRÈVE GÉNÉRALE A LA QUESTION DU POUVOIR… un Mai 68 qui aille jusqu’au bout!

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    16 juillet 2017 à 9 09 10 07107
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    On peut donc en conclure qu’il n’y a que la classe ouvrière qui est objectivement révolutionnaire. Et les autres forces anti-capitalistes doivent accepter la direction de la classe ouvrière.

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      17 juillet 2017 à 9 09 32 07327
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      @ Madame Morin

      Oui, en effet, seule la classe ouvrière – fer de lance du prolétariat – est objectivement révolutionnaire jusqu’au bout – jusqu’au bout signifie – que cette classe ne pourra se contenter de RÉFORMES – (des ententes de grenelle pour donner un exemple concret).

      La classe ouvrière quand elle aura été poussée au pied du mur par la crise économique du mode de production capitaliste – n’aura plus d’autre choix que de poser la question du pouvoir – mais avant d’en arriver là – la classe ouvrière se sera fait racoler par tout ce qui grenouille et scribouille à gauche de l’échiquier politique bourgeois – par des tas de petits-bourgeois gauchistes – la pseudo « avant-garde » qui se donne mission de prendre en charge la classe ouvrière = tel que le suggère ce monsieur Yvan LEMAITRE – DANS LE TEXTE CI-HAUT Je le cite

       » S’y préparer, c’est œuvrer à la construction de cette force, de ce parti qui a tant manqué en 68. Cela signifie militer pour le rassemblement des anticapitalistes et des révolutionnaires, élaborer dans la pratique, au cœur du mouvement, le cadre politique qui le permettra. En Mai 68, le marxisme, les idées du socialisme, du communisme, gardaient un puissant rayonnement malgré les crimes du stalinisme et les caricatures maoïstes. Il s’agissait de revenir à un marxisme authentique, révolutionnaire, de redonner à ces idées la fraîcheur de la contestation. Aujourd’hui, il s’agit de leur redonner une vie et une crédibilité dans le contexte d’une nouvelle période historique. »

      Personnellement je ne crois pas que les soi-disant « authentiques » marxistes – léninistes – communistes – trotskystes – maoistes – du passé soient capable de se libérer du sectarisme – dogmatique idéaliste et chauviniste-nationaleux dans lequel ils se sont tous enfermés depuis la bolchévisation de la IIIe Internationale.

      Ces pseudos révolutionnaires, incapables de faire face à leurs démons et dépensant leur peu d’énergie en réserve à se battre pour savoir lequel possède la ligne politique marxiste la plus pure et sans tache (sans péchés de révisionnisme selon les saintes écritures marxistes)

      Ainsi ailleurs dans ces pages un gauchiste m’objecte que la révolution russe bolchévique fut une véritable révolution prolétarienne car Marx vers 1860 a écrit que la Russie était à l’avant-garde de la révolution mondiale (!!!)

      Il n’est pas venu à l’idée de ce « révolutionnaire » que Marx ait pu se tromper – simplement de le suggérer – me vaut la répudiation des cercles marxistes orthodoxes (sic)

      Merci pour votre intervention madame Morin

      robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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