Démondialisation et conscience

GILLES BONAFI:

Lorsque l’on parle de mondialisation, on entend tout et n’importe quoi.  Sur le plan économique il s’agit du développement à l’échelle planétaire de l’échange de marchandises, d’objets, l’alpha et l’oméga de la pensée matérialiste. Or, un simple graphique permet de visualiser la situation.

Pour mesurer le niveau des prix (un indice des prix en économie) du transport maritime de matières sèches, on utilise le BDI ou Baltic Dry Index, une moyenne des prix pratiqués sur 24 routes mondiales de transport.

Comme je l’ai déjà écrit, cet indice est un excellent indicateur de la future production industrielle. En effet, les matières sèches de cet indice concernent les minerais, les céréales, le ciment par exemple, autant de produits de base qui seront dans un proche avenir transformés. Il permet ainsi de visualiser l’évolution de l’échange de marchandises.

Voir  le graphique en tête de cet article. Comme nous pouvons le constater, la sortie de crise, n’est pas à l’ordre du jour et, de plus, nous assistons ces derniers mois à une chute constante de cet indice qui est aujourd’hui, 24 mai 2013, à 828 points.

Nous retournons lentement mais sûrement  vers les abysses de la fin 2008 malgré les milliers de milliards de dollars injectés en pure perte.

Pour rappel, avant la crise, en mai 2008, l’indice avait atteint son record de 11 793 points.

Nous comprenons mieux ainsi la contraction de l’activité manufacturière en Chine qui s’inscrit dans un contexte mondial d’effondrement des échanges.

L’indice PMI des directeurs d’achat de la Chine publié il y a quelques jours par HSBC s’est établi à 49,6. Tombant sous la barre des 50, il indique clairement une contraction de l’économie chinoise (ce que j’analyse depuis quelques temps et qui a été tant critiqué).

Source : Reuters

Le miracle chinois est en pleine dissolution à l’exemple du rêve américain.

Ceux qui veulent imposer au monde le modèle économique chinois devraient donc réviser leur copie, car, en plus d’un écocide sans précédent, il s’avère incapable de résister au choc de la crise systémique actuelle.

La fin de la mondialisation des objets est un signe majeur de la transition vers une autre conception du monde. Il reste donc à chercher ailleurs des solutions et changer de paradigme à moins de sombrer dans la barbarie.

Les idées et expériences sont nombreuses (monnaies complémentaires, banques de temps, coopératives, nouvelle finance, etc, etc), il convient désormais de les fédérer et de développer enfin une économie participative, sociale, solidaire, replaçant l’homme et la protection de la planète au coeur des analyses.

Carl Gustav Jung dans un de mes livres de chevet, « Ma vie » (page 378), nous éclairait sur l’enjeu civilisationnel actuel :

« Certes, conséquence de la situation politique et des succès effroyables, voire démoniaques, de la science, on ressent des frissons secrets, des pressentiments obscurs. Mais on ne sait que faire, et bien peu nombreux sont ceux qui en tirent la conclusion que, cette fois-ci, il y va de l’âme de l’homme oubliée depuis longtemps. »

GILLES BONAFI

Une pensée sur “Démondialisation et conscience

  • avatar
    5 juin 2013 à 8 08 58 06586
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    Le titre est très bien choisi, c’est aussi ma conviction personnelle. Le temps est venu de trouver et d’expérimenter de nouvelles façons de vivre ensemble. Comme la mondialisation tire à sa fin donc nous devons surtout penser localement les nouvelles structures qui permettrons de produire pour soutenir les besoins essentiels de la nouvelle communauté en devenir. La culture se transformera sans doute avec le besoin de sens qui habite chacun d’entre nous. L’ère de l’égoïsme, du chacun pour soi et après moi le déluge tire à sa fin et ce sera très bien ainsi. Mais j’ai bien peur, qu’avant tout cela, une guerre civile mondiale ait lieu. Ce sera le moment de tous les dangers pour l’humanité et aussi le moment de vérité à son sujet. Survivra-t-elle à ce moment dangereux? Sérieusement, j’en ai aucune idée.

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