Des « Gay Games » qui posent question

 

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FERGUS :

Après avoir perdu l’organisation des Jeux Olympiques de 2012 au profit de Londres, la ville de Paris a – modeste compensation – décroché lundi l’organisation en 2018 des « Gay Games » au détriment de sa concurrente britannique. Un succès dont se félicitait mardi matin sur l’antenne de France-Inter le maire de la capitale Bertrand Delanoë. Mais au fait, les « Gay Games », de quoi s’agit-il ?

Officiellement, les Gay Games ont pour objectif de mettre à l’honneur les valeurs d’intégration des minorités et la lutte contre toutes les formes de discrimination. Calqués sur le modèle des Jeux Olympiques avec une trentaine de sports en compétition, mais aussi de nombreux évènements culturels, les Gay Games sont ouverts à tous ceux qui souhaitent y participer, sans distinction d’âge, d’origine ethnique, de couleur de peau, d’orientation sexuelle, de nationalité et de religion.

C’est au médecin et décathlonien Tom Waddell (6e aux JO de Mexico) que l’on doit l’existence de ces Jeux dont la 1ère édition a été organisée en 1982 à San Francisco sous le nom de « Gay Olympics ». La 9e édition aura lieu à Cleveland en 2014. Elle devrait, comme la précédente, organisée à Cologne en 2010, réunir environ 15 000 participants. Et comme en Allemagne, la délégation française, encadrée par la Fédération Sportive Gaie et Lesbienne (FSGL), portera officiellement le nom d’Équipe France.

Équipe France, un nom validé lors de l’édition de 2010 par les autorités françaises en la personne de Rama Yade, alors en charge du maroquin des sports. Une Rama Yade qui avait alors reçu les responsables de la FSGL conduits par son président, Bruno Aussenac, et leur avait attribué une subvention de 15 000 euros pour financer les tenues labellisées des participants de notre pays. Ce label « France », le président de la FSGL y tenait tout particulièrement pour rompre avec un passé où les athlètes ne représentaient que leur association sportive ou culturelle. « C’est un geste fort qui va créer une véritable cohésion dans cette équipe. (…) C’est un vrai soutien moral », avait confié Bruno Aussenac au journaliste du site Le Monde.fr Thomas Héteau. Pour cette 10e édition qui aura lieu en 2018 dans la capitale française, « Paris et la France sauront offrir une grande fête ouverte à toutes et tous sans exclusion ni discrimination », a commenté Valérie Fourneyron, ministre en exercice, en se référant aux objectifs déclarés de ces Jeux.

Certes, mais comme le notait, sans esprit polémique, Thomas Héteau dans un article du 30 juillet 2010, les Gay Games sont « un événement sportif et culturel incontournable pour la communauté homosexuelle ». Et c’est bien là que le bât blesse. Non qu’il y ait quoi que ce soit de choquant dans la tenue de ces Jeux, mais le fait qu’ils soient organisés par des homosexuels pour des homosexuels n’en pose pas moins question, le nombre des participants n’appartenant pas au milieu « lesbiennes, gays, bi et trans » étant purement symbolique. On est donc bien loin, dans la réalité, des objectifs œcuméniques affichés par les organisateurs et relayés par les politiques.

En maintenant, édition après édition, cette appellation de Gay Games, les organisateurs s’enferment en effet de facto, et sans doute volontairement, dans une approche communautaire de ces Jeux. Les « lesbiennes, gays, bi et trans » ont pourtant longtemps milité, à juste titre, pour leur droit à l’indifférence, autrement dit leur droit à se fondre dans la société sans que leur orientation sexuelle puisse jouer le moindre rôle, qu’il soit positif ou négatif. À cet égard, le « mariage pour tous » s’inscrit parfaitement dans cette évolution de la société vers ce droit à l’indifférence. Or, voilà qu’avec ces Jeux, les organisateurs mettent en lumière précisément leur différence. S’ils n’avaient pas voulu foncièrement cela, et s’ils avaient agi en vecteurs de cet œcuménisme affiché dans les objectifs officiels, ce ne sont pas des Gay Games qu’ils auraient dû organiser, mais des « Jeux pour tous », des « Games for all » !

 

Fergus

7 pensées sur “Des « Gay Games » qui posent question

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    21 octobre 2013 à 13 01 30 103010
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    La gauche est crispée sur des postures sans aucune profondeur. C’est de la surface, de la peinture de camouflage, de la retape bon marché… 😀

    DW

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      21 octobre 2013 à 17 05 13 101310
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      Pour ce qui es des jeux ‘ homosexuel ‘, cessons de camoufler derrière des mots sans signification une réalité grandissante.

      Y’aurat-il des médailles pour le plus exibitionniste, d’autres pour les tenu pouvant être vues a partir de satellites, pour les sorties de placards d’ado a la recherche de leurs identités ou bien le recordman des mds…..?

      Pourront-ils se pencher pour recevoir une médaille,sans contretemps embarrassants, y’aurat-il une discipline de la meilleure imitation du genre opposé ?

      C’est pour quand les olympiques pour : conjoints de fait, couples encore mariés, polytoxicomanes, schizophrènes, Barbues, imberbes, avec ou sans le lancé du nain….!?

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        22 octobre 2013 à 4 04 01 100110
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        Bonjour, Peephole.

        On peut étendre cette réflexion aux « journées de… » qui se multiplient et s’ajoutent aux fêtes des mères, des pères, des grands-parents, à la Saint-Valentin, à la Journée de la Femme, à la Gay-Pride, etc.

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    21 octobre 2013 à 13 01 39 103910
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    Salut, Demian.

    Bof ! C’est effectivement de la retape, mais pas plus de gauche que de droite comme l’a montré l’enthousiasme de Rama Yade pour l’édition 2010 de ces Jeux.

    Bonne journée.

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    21 octobre 2013 à 16 04 15 101510
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    Ce serait vraiment rigolo de produire des jeux olympiques pour les anarchistes!

    Humain, trop humain.

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    21 octobre 2013 à 16 04 39 103910
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    Bonjour, Robert.

    Il fut une époque où ces Jeux ont existé. Au programme notamment :
    – lancer de cocktails Molotov
    – tir au poulet
    – course à pied pour échapper aux flics
    – saut en hauteur pour franchir les obstacles

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      21 octobre 2013 à 16 04 48 104810
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      Ca as eu pour effet de mettre fin a la guerre du Vietnam, entre autre. 🙁

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