Deux millions de manifestants contre Monsanto

Vous, le saviez, vous ? À l’appel d’organisations écologistes, ils étaient  “deux millions” (selon les organisateurs, la police n’a pas compté) à défiler aux quatre coins du monde contre les agissements de la firme Monsanto le samedi 25 mai 2013. Oui, oui, la veille même des “un million” de “manifestants pour tous” (mais anti mariage pour certains).

Ah, je sais, les chiffres, les chiffres ! Rions en passant sur le million de “manifestants pour tous” contenus sur une esplanade des Invalides de 133 925 m2, ce qui aurait signifié un entassement de 7,47 corps frémissants par m2, chose évidemment impossible, sauf à les voir tous couchés de manière inconcevable les uns sur les autres.

Mais revenons à nos moutons, enragés ou culs-bénits, quel qu’en soit le nombre exact. Si la “manif pour tous” fut un incontestable succès, celles contre les agissements de Monsanto ne le furent pas moins au niveau planétaire.

Or rien sur ces dernières dans nos médias, quand leurs unes débordaient des exploits de la première. Black out médiatique presque aussi complet, il faut le reconnaître, sur les récentes manœuvres des “partenaires” empressés de la firme américaine.

La Commission européenne à la manœuvre

Je veux parler de nos braves technocrates de la Commission européenne qui se sont montrés fort actifs depuis le début de cette année :

  • autorisation de la reprise de l’utilisation des farines animales (produites par qui ?) dans la nourriture de nos bestiaux aquatiques de consommation courante ;
  • limitation drastique du nombre de semences autorisées (produites par qui ?) et interdiction pénale de toutes les autres ;
  • pressions en tout genre pour faire légaliser l’exploitation et la commercialisation des OGM (produits par qui ?) dans l’Union européenne.

Sans doute y ont-ils même laissé toutes leurs forces tant ils montrent peu de zèle à faire appliquer leurs quelques rares et timides décisions un tant soit peu contraires aux intérêts de ces grandes firmes, comme celles prohibant (en principe) l’utilisation des pesticides tueurs d’abeilles.

Et ce n’est pas ce pauvre Parlement européen (avec ou sans Bové) qui risque de faire opposition. Privés du pouvoir de faire des lois, nos chers “représentants des peuples” ne peuvent qu’y émettre de vagues résolutions.

Les moutons enragés dans la rue

Bref, à part la rue et sa désobéissance civile, plus grand monde pour s’opposer aux méfaits de pieuvres genre Monsanto et de leurs affidés politiques ou technocrates.

Ce que firent deux mil… un certain très grand nombre de personnes dans 436 villes de 52 pays (de ça, on est au moins sûr). Réclamant sinon l’interdiction des lois protégeant outrageusement les intérêts de la firme californienne, du moins l’indication de la présence de ses produits dans la composition figurant sur les étiquettes. Mais même ça, tu parles, Charles !

Oh bien sûr, ils n’étaient que quelques centaines sur la place du Trocadéro à Paris ou encore à Strasbourg, mais des centaines de milliers aux États-Unis ou dans les villes d’une Amérique latine particulièrement concernée.

Bon vous me direz, protégé par la coalition des technocrates vendus, des politiques corrompus et des médias aux ordres (je pèse l’emploi de tous ces qualificatifs), Monsanto se fout totalement de ces doléances et garde son œil exorbité sur la seule courbe avantageuse de son action boursière.

Mais voilà, il faut de tout pour faire un monde et des sujets de chroniques. Quitte à choisir entre la meute des moutons enragés écologistes s’inquiétant du contenu de leurs assiettes et le troupeau des âmes ulcérées s’occupant de culs qui ne sont pas les leurs, y a pas photo, comme on dit.

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