Dr Le Guen and Mr Faux-Cul

Comme tous les médecins, Jean-Marie Le Guen a prononcé le Serment d’Hippocrate. Plus qu’un code de conduite déontologique relativement à l’exercice du métier, ce serment vaut engagement moral dans la conduite de sa vie et dans les rapports aux êtres humains, qu’ils soient ou non des patients. Un engagement dont M. Le Guen s’est très largement affranchi dans ses nombreux commentaires de l’« affaire Strauss Khan »…

Il est comme cela, Jean-Marie Le Guen : fidèle en amitié. Une qualité rare en politique ! Mais au prix d’un redoutable aveuglement. Un défaut rédhibitoire en politique ! Résultat : il a été quasiment le seul, avec le vieux clown pathétique Jack Lang, à ne jamais prendre le moindre recul vis-à-vis des frasques comportementales de son ami, obsédé sexuel compulsif au point de forniquer au Sofitel avec une call-girl à 1 heure du matin puis, de manière « précipitée », de se faire sucer le loukoum quelques heures plus tard dans une coupable relation ancillaire. Á croire que si la pipe du matin réjouit le pèlerin, la pipe du midi réjouit les amis !

Encore pourrait-on comprendre la mansuétude de Jean-Marie Le Guen à l’égard des multiples saillies de l’étalon de la place des Vosges s’il s’agissait d’étreintes rapides et consenties dans le local à photocopieuse du FMI, de copulations haletantes avec des excitées de la craquette sur le capot d’une Porsche, voire de turlutes expertes obtenues de tailleuses de pipe pas forcément natives de Cogolin ou de Saint-Claude. Mais ce n’est évidemment pas de cela qu’il s’agit, et notre bon docteur Le Guen, affublé d’œillères XXL telle une subclaquante haridelle, n’oublie qu’une petite chose sans importance : ce ne sont pas des galipettes avec la première Piroska Nagy venue qui sont reprochées à Dominique Strauss Kahn, mais une tentative de viol, et surtout un viol avec agression, affaires pour lesquelles DSK est toujours en délicatesse avec la justice, tant en France qu’aux États-Unis.

Que dit le Serment d’Hippocrate ? Dans l’un des paragraphes de la version française (modernisée en 1996), les nouveaux médecins affirment solennellement ceci : « Je respecterai toutes les personnes […] sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. »

Voilà un texte particulièrement édifiant. Prononcées naguère (sous une forme à peine différente) par Jean-Marie Le Guen, ces belles paroles n’ont cessé, toute sa vie durant, de marquer sa relation à autrui. Comme médecin puis comme personnage politique, M. Le Guen a toujours eu à cœur de respecter ce serment, d’intervenir en toutes circonstances pour protéger les personnes faibles, vulnérables ou menacées dans leur dignité. C’est tout naturellement cette belle inclination pour la justice qui a conduit depuis des mois notre Don Quichotte des alcôves à protéger son ami Strauss Kahn, faible parmi les faibles, lorsqu’il a été lâchement agressé dans sa libido par une redoutable et machiavélique hétaïre déguisée en inoffensive soubrette.

Admirable abnégation de cet homme, Jean-Marie Le Guen, qui a réussi, en forçant sa généreuse nature au prix d’un douloureux sacrifice, à ne jamais prononcer la moindre parole de compréhension à l’égard de la corruptrice de DSK, manifestement jetée par des puissances encore inconnues à genoux devant son infortunée victime, flamberge au vent contre son gré. Jamais un mot sur cette créature maléfique. Cela a été dur, mais M. Le Guen, avec une remarquable opiniâtreté, y est admirablement parvenu, gardant en toutes circonstances et avec une détermination sans faille sa compassion pour la victime de cette affaire : Dominique Strauss Kahn.

On savait que Jean-Marie Le Guen avait prononcé le Serment d’Hippocrate. On ne savait pas qu’il avait, le 14 mai 2011, renié sa parole pour un Serment d’hypocrite.

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