Duflot encadre les loyers et, surprise, les professionnels rechignent

Allez, admettons, tout n’est pas à jeter chez nos infortunés nouveaux gouvernants “socialistes”. Ainsi ce projet de décret d’encadrement des loyers (et des baux) pour 43 agglomérations, soit environ 1500 communes, concocté par la ministre Duflot. Très bien. Dans le principe tout au moins.

Parce que maintenant, va falloir voir comment ce projet — car il ne s’agit pour l’heure que d’un projet — se déclinera dans la réalité. Avec nos amis “socialistes”, il y a trop souvent une marge entre les intentions projetées dans la fièvre du départ et les mises en pratiques chemin clopant.

Rappelez-vous les rêves épiques de 1981 et la brutale redescente sur terre en 1983. Voyez la façon dont le ministre Peillon s’est fait recadrer pour son annonce intempestive sur les rythmes scolaires. Et « l’avoinée » que s’est prise la ministre Filipetti pour avoir voulu taxer les écrans d’ordinateurs et maintenir la niche fiscale du mécénat d’entreprise.

Les “indignés” de l’immobilier

Mais retournons à nos moutons immobiliers. Comme prévu — qui aurait pu en douter ? — les proprios et leurs assoces professionnelles ruent dans les brancards. Avec des menaces finaudes de syndics indignés. En gros :

« Si vous nous empêchez d’augmenter en rond, on pourrait bien se garder nos appart’ bien au chaud — et vides — en représailles ! »

C’est ça, les gars, pour sauver une augmentation potentielle de quelques dizaines d’euros mensuels, vous allez vous priver de plusieurs centaines d’euros de gains acquis, payer vous-mêmes sans compensation les taxes foncières et d’habitation, pourvoir de votre poche aux frais d’entretien (et ça se dégrade vite, un logement vide) !

« On est pas des imbéciles, on est dans l’immobilier »

Pour l’heure, la ministre Duflot paraît décidée à tenir la dragée haute aux mutins. Dont acte, attendons pour voir la rentrée de septembre. Enfin, certains, eux, n’ont apparemment pas patienté jusque là.

Je suis allé consulter la liste des agglomérations et communes concernées. Chouette, la ville de Nantes — oui, celle du ministre Ayrault — y figure ! Ça tombe bien, ma mioche de dix-huit ans y cherche un petit chez-elle pour y mener ses études.

Elle avait repéré il y a deux/trois semaines deux studios, l’un à 280 euros et des poussières, l’autre à 380. La semaine dernière, les deux mêmes, sur annonce, étaient passés respectivement à 310 et 424. Ah, ce que c’est que la prévention !

Fernand Raynaud aurait pu en faire un sketch : « On est pas des imbéciles, on est dans l’immobilier ! »

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