Écolo… ma non troppo

OLIVIER CABANEL :

Dans les années 70, l’écologie faisait sourire, et ses tenants passaient pour de doux illuminés.

Aujourd’hui, avec le changement climatique, les catastrophes nucléaires, les pesticides, les marées noires, la disparition des abeilles, etc…on commence à les prendre un peu plus au sérieux…l’occasion pour quelques uns de se parer de vert, juste pour l’apparence.

De Ségolène Royal, à Nicolas Hulot, en passant par Claude Allègre, ou récemment par Maud Fontenoy, la navigatrice, l’écologie d’opérette fait son plein, et nombreux sont ceux qui se laissent prendre au piège.

La ministre de l’écologie a en effet, une étrange manière de mettre en pratique l’écologie : alors qu’une des promesses présidentielles consistait à réduire la part nucléaire dans la production d’énergie, elle a récemment affirmé que Fessenheim ne serait fermé que lorsque la vieille centrale nucléaire serait remplacée par une neuve, l’EPR de Flamanville en l’occurrence…lançant en même temps la voiture électronucléaire, laquelle en relançant la consommation d’électricité, va doper le nucléaire…on essaye de comprendre ?

Nicolas Hulot n’est pas en reste, cet homme très médiatisé, a une fondation qui est financée entre autres par EDF, et l’Oréal…(lien) entreprises bien éloignées des préoccupations écologistes, et lorsqu’on le retrouve aux manettes d’un avion a réaction, comment pourrait-on encore lui attribuer les qualités d’un authentique défenseur de l’environnement ? lien

Et puis, personne n’a oublié qu’il avait lancé son fameux « Pacte pour l’écologie », lequel a été soutenu par 732 805 citoyens…puis il s’est dit candidat aux présidentielles, pour changer finalement d’avis, se rangeant à coté de Sarközi, et il est probable que les 732 805 citoyens qui soutenaient le « pacte » ont donnés leur voix au candidat de l’UMP, peut-être suite à ce déjeuner mystérieux qui s’est tenu entre les deux protagonistes. lien

Pour ceux qui auraient encore quelques doutes sur l’aide discrète apportée par le pseudo écolo au candidat de droite, il faut se rappeler comment après l’élection de Sarközi, il est allé applaudir cette victoire. lien

On peut aussi se souvenir de la déclaration taquine du député Modem Jean Lassalle : «  je propose d’élever Nicolas Hulot au rang de père de la nation, et même profitant des bonnes relations qu’entretient le président de la République avec le Pape, de le canoniser. Il serait en effet prudent de le mettre à l’abri de la justice qui risque un jour de lui demander des comptes ; car c’est bien l’argent des grands spéculateurs les plus pollueurs qu’il blanchit, ou verdit, dans sa fondation !  »

Au-delà de ses impostures, ou de ces postures troublantes, on peut aussi s’intéresser à Maud Fontenoy qui s’est exprimée dans l’hebdo « Le Point  », récemment, et sa vision de l’écologie, écologie qu’elle affirme défendre, est assez surprenante.

En effet, elle dénonce la « sortie du nucléaire » faisant valoir que ça couterait 400 milliards d’euros, ajoutant que le démantèlement des centrales serait dangereux…elle ajoute que le nucléaire est l’énergie « la moins mortelle pour l’homme  » et qu’elle est moins dangereuse que le solaire, l’éolien, entre autres…et conclut : «  le risque zéro n’existe que dans la tombe (…) qu’il faut un peu d’audace et accepter un inévitable danger résiduel« . lien

Transmis aux familles des milliers de morts dus à la catastrophe de Tchernobyl, à ceux qui ont perdu leur maison, du territoire interdit pour au moins un siècle, au familles japonaises exposées jour après jour aux radiations mortelles, et qui ont, elles aussi, perdu la jouissance de leur habitation.

Pour critiquer les énergies propres et renouvelables, elle ignore sciemment celles qui produisent de l’énergie en continu, (méthane fabriqué, hydraulique, géothermie de moyenne profondeur) et critique le solaire et l’éolien pour le seul fait que ce sont des énergies intermittentes… et cerise sur le gâteau, elle ne comprend pas le tabou mis sur le gaz de schiste, ce qui n’empêche pas la navigatrice de se sentir écologiste jusqu’au bout des doigts. lien

Ceci posé, il faut savoir que l’un de ses partenaires est la banque HSBC, et qu’il n’est pas surprenant de découvrir que son bateau s’appelait l’Oréal… on a connu plus écolo…lien

D’ailleurs, en février 2014, sur l’antenne de FR3, elle exprimait son « ras le bol de la dictature des écolos  ». lien

N’oublions pas Claude Allègre qui a prouvé une fois de plus que le ridicule ne tuait pas, lorsqu’il a publié son ouvrage : « l’imposture climatique »…et qui a pourtant été ministre de l’environnement. lien

Ses chevaux de bataille n’ont pas changé, il dénonce l’alarmisme, la peur et le totalitarisme vert. lien

Pour lui, inutile donc de s’inquiéter…transmis aux premiers réfugiés climatiques des iles océaniques, comme les Kiribati, qui vont voir leur maisons recouvertes par les eaux et qui ont abandonné tout espoir. lien

Mais il y a mieux, une association s’est créée il y a quelques années, pour défendre le concept que le nucléaire, c’est écologique.

Sous le nom de AEPN (association des écologistes pour le nucléaire), cette association se présente comme une structure « d’information objective sur l’énergie et l’environnement »., afin de faire connaitre les avantages écologiques de l’énergie nucléaire, qu’elle qualifie de « plus propre des énergies massivement disponible aujourd’hui », qualifiant l’opposition de certains écologistes à l’énergie nucléaire : « une erreur d’ampleur historique et résulte d’un manque d’information et d’une méconnaissance du sujet  ».

Se targuant de « vouloir laisser une planète plus propre à nos descendants », l’association affirme « qu’elle contribue à mieux informer le public, et à préserver la nature ». lien

Le problème, c’est que l’association n’explique pas en quoi ce nucléaire est propre, et n’évoque aucune des catastrophes nucléaires que nous avons connu ces dernières années…Three Miles Island, Tchernobyl, Fukushima…catastrophes pour lesquelles on constate l’augmentation de la gravité à chaque nouveau accident majeur.

Elle passe aussi sous silence aussi la délicate question de la gestion des déchets radioactifs pour lesquels aucune solution raisonnable n’a été trouvée à ce jour, ni la question complexe du démantèlement des vieilles centrales.

Leur argument massue, c’est que le nucléaire ne provoquerait pas de gaz à effet de serre…ce serait oublier qu’il faut prendre la filière nucléaire dans son ensemble : de l’extraction, à la transformation, en passant par le transport, et comme la France dépend pour ce minerais du Niger et d’autres pays, il est impossible d’affirmer que le nucléaire ne provoque pas de CO2.

En effet, d’énormes engins sont utilisés dans les carrières d’uranium, qui produisent bien évidemment du CO2, puis les roches sont concassées, finement broyées, ensuite le minerais est dissous pour en extraire l’uranium, l’oxyde d’uranium passe par différentes étapes, tétra fluorure, puis hexafluorure d’uranium gazeux.

Cet hexafluorure converti en poudre sera compressé, puis passage dans un four, ensuite viennent les étapes pour confectionner les assemblages avant de charger le cœur du réacteur….donc production tout au long de la chaîne de fabrication de CO2.

N’oublions pas que construire les centrales nucléaires, c’est aussi produire du CO2, transporter le minerais jusqu’en France, aussi, démanteler une centrale, c’est production de CO2, et lorsqu’une solution raisonnable aura été trouvée pour stocker les dangereux déchets nucléaires, il y aura fatalement aussi production de CO2. lien

Pas étonnant dès lors que les internautes aient décidé en 2008 d’élire les pires des faux écolos.

Il s’agit du prix Pinocchio, qui se décline en « plus vert que vert », « mains sales, poches pleines », et « une pour tous, tout pour moi ».

En 2012, les huiles Lesieur l’avaient emporté pour leur campagne « aidons l’Afrique » alors que le groupe français appartient à Sofiprotéol, l’un des plus importants producteurs de l’industrie des agro carburants, qualifiés par Jean Ziegler de « crime contre l’humanité ».lien

En 2013, les gagnants étaient Véolia, Areva et Auchanlien

En 2014, Shell l’a emporté dans la série « une pour tous, tout pour moi  », pour ses projets de gaz de schiste dans le monde marqués par l’absence de consultation des populations, le forage de puits dans des aires naturelles protégées, réservoirs d’eau de forage toxique à l’air libre, et opacité financière.

Dans la catégorie « plus vert que vert », c’est GDF Suez qui l’a emporté pour avoir récolté 2,5 milliards d’euros pour des projets énergétiques prétendus propres, mais quand on y regarde de plus près, aucun critère social et environnemental clair n’est associé à ces obligations « vertes », et l’entreprise n’a pas publié la liste des projets financés.

Et enfin, dans la dernière catégorie, Samsung a décroché le pompon pour ses usines chinoises, impliquant le travail d’enfants, des salaires de misère, et des horaires de travail excessifs. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « quand les éléphants se battent, c’est toujours l’herbe qui est écrasée  ».

L’image illustrant l’article vient de mapausecafe.net

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

Article ancien

Hulot, la culotte à l’an vert

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