Encore une fois sur la Marseillaise

JPEG - 161.6 ko
Encore une fois sur la Marseillaise

Suite à l’article sur le contre-sens qu’a fait Marie-Christine Blandin sur la Marseillaise, un ami lecteur a laissé un commentaire. Il cite le 5ème couplet de la Marseille (qui, avouons-le, ne nous était pas familier) qui montre tout l’humanisme des républicains de l’époque. En effet, ce couplet dit :

  1. Français, en guerriers magnanimes,
  2. Portez ou retenez vos coups !
  3. Épargnez ces tristes victimes,
  4. À regret s’armant contre nous. (bis)
  5. Mais ces despotes sanguinaires,
  6. Mais ces complices de Bouillé,
  7. Tous ces tigres qui, sans pitié,
  8. Déchirent le sein de leur mère !

Reconnaissons, avec notre lecteur, le caractère exceptionnel de la Marseillaise. Voilà un chant de guerre qui, d’une part, appelle le peuple à prendre les armes avec détermination contre l’ennemi féodal (qui prétend au sang pur, donc) et, en même temps, conseille aux combattants de retenir leurs coups contre des soldats plus victimes des féodaux qu’ennemis de la République ! Ça, c’est de l’humanisme, camarades, de l’empathie avec les peuples du monde !

Ce commentaire nous a incité à faire quelques (rapides) recherches sur les hymnes anglo-saxons.

Le « God save the queen », le quasi hymne de la Grande-Bretagne, est lui aussi un chant de guerre. Mais pour la gloire du féodalisme. Il est écrit dans les années révolutionnaires pour être l’hymne royal de la Prusse, l’ennemi de la Révolution ! Et les féodaux britanniques, dans leur grande créativité, se contentent de le traduire ! C’est l’exact opposé de la Marseillaise : le peuple n’y est pas vraiment présent ! C’est Dieu qui est appelé à la rescousse. Ça manque un peu d’humanisme, pas vrai ?

  1. Ô Seigneur, notre Dieu, surgis
  2. Disperse ses ennemis
  3. Et fais-les chuter ;
  4. Confonds leurs complots,
  5. Déjoue leurs conspirations de filou !
  6. En Toi, nous mettons notre espoir ;
  7. Que Dieu nous protège tous !

Mais, bien sûr, les Étasuniens ont su faire pire ! Eux aussi parlent de guerre. La meilleure version est certainement celle de Jimi Hendrix, où il sait évoquer, par la fureur de sa guitare, le sifflement des bombes et le bruit de leurs explosions (nous sommes en pleine guerre du Vietnam, et la « bannière étoilée » a un son de mort !).

Et, curieusement, eux aussi parlent de sang et de pureté. Mais leurs ennemis sont des « mercenaires » qui n’échapperont pas à « la misère de la tombe », après que « leur sang [a] purifié la terre qu’ils ont foulée » !

  1. Et où est cette horde qui jurait dédaigneusement
  2. Que les foudres de la guerre et la désolation des combats
  3. Ne nous laisseraient ni terre ni patrie !
  4. Leur sang a purifié la terre qu’ils ont foulée.
  5. Aucun refuge n’a pu sauver leurs mercenaires et leurs esclaves
  6. De la terrible déroute et de la misère de la tombe
  7. Et la bannière étoilée dans son triomphe flotte
  8. Sur la terre de la Liberté et la patrie des courageux.

Mais allo, quoi, Marie ! La haine de la République te conduit dans un abîme de bêtises !

D.R.

http://www.resistance-politique.fr/…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *