Encyclopédie du XXIe siècle : une fatwa pour les droits de l’homme

 

LE YETI :

Et si nous considérions comme illégitime une majorité populaire dès lors qu’elle soutient ouvertement, par ses bulletins de vote, une politique de discrimination à l’égard d’une minorité de la population présente sur un territoire (article 1) ?

Et si nous considérions comme illégitime un pouvoir qui promet le droit de vote aux étrangers résidents dans notre pays pour se faire élire et oublie de le promulguer, ou le repousse aux calendes grecques, une fois élu (article 2) ?

Illégitimités en série

Et si nous considérions comme illégitime une justice qui envoie croupir des individus en prison ou en centre de rétention où ils sont détenus dans des conditions jugées indignes par toutes les instances habilitées (article 5) ?

Et si nous considérions comme illégitimes des personnalités politiques ou diplomatiques s’octroyant une immunité juridique au mépris de l’égalité des citoyens devant le droit (article 7) ?

Et si nous considérions comme illégitimes des autorités policières qui fichent à tour de bras tous les concitoyens dès leur arrivée en maternelle (article 12) ?

Et si nous considérions comme illégitimes les persécutions quotidiennes dont sont victimes les gens du voyage et autres malheureux Roms (article 13) ?

Et si nous considérions comme illégitime toute entrave au droit d’asile (article 14) et au droit imprescriptible à la nationalité française (article 15) ?

La vraie révolution

Et si nous considérions comme illégitime toute privation de « la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites » (article 18) ?

Et si nous considérions comme illégitimes toute instance publique s’affranchissant de tout contrôle populaire — référendum révocatoire, par exemple — et toute instance supranationale dirigée par des technocrates non désignés par la volonté populaire (article 21) ?

Et si nous considérions comme illégitime tout refus de garantir à chaque citoyen un revenu d’existence lui permettant d’« assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » (article 25) ?

Et nous ne parlerons même pas ici du droit à un travail (article 23) ou à une « éducation gratuite » pour tous (article 26).

Tu conviendras, cher lecteur, que dans le contexte actuel, (re)légitimer ce qui est légitime en regard des Droits de l’homme, tels qu’ils furent promulgués universellement par les Nations unies en 1948, constitue aujourd’hui la VRAIE révolution.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *