ENQUÊTE: Nos jeunes sont massivement prêts à participer à un mouvement de révolte

Recherche menée par Robert Gil

prendronsDésintérêt croissant de la politique, sentiment de frustration et de ressentiment envers une société qui ne reconnaît pas leurs compétences, chômage… Une enquête de Sciences-Po révèle un malaise important chez les 18-35 ans en France et en Europe. Anne Muxel, directrice de recherche au centre de recherches politiques de Sciences Po était l’invitée de Bourdin Direct ce vendredi.

Les jeunes Français, comme leurs homologues européens d’ailleurs, sont pessimistes et se sentent une génération sacrifiée. Selon une enquête du centre de recherches politiques de Sciences Po, intitulé Génération What qui vient d’être publiée (et qui a recueilli les avis en ligne d’un million d’européens, dont 20.000 Français), 62 % des Français de 18 à 35 ans se disent même prêts à « participer à un grand mouvement de révolte dans les prochains mois ».

Ainsi, on apprend que les 18-35 ans sont pessimistes sur leur avenir et ne font pas confiance aux politiques, aux institutions et aux médias. « C’est absolument massif, confirme ce vendredi dans Bourdin Direct Anne Muxel, directrice de recherche au centre de recherches politiques de Sciences Po. C’est huit jeunes sur dix qui n’ont pas confiance dans les politiques et 99% d’entre eux pensent qu’ils sont corrompus ». « Sentiment de frustration et beaucoup de ressentiment »

Mais pourquoi un tel pessimisme ? « Les jeunes sont confrontés au chômage, ont du mal à trouver du travail, quand ils en trouvent ils l’exercent dans des conditions difficiles. Ils ont intériorisé qu’ils sont les enfants de la crise, qu’ils sont une génération sacrifiée ». « Les jeunes ne se sentent pas reconnus par rapport à leurs compétences et leur utilité sociale », ajoute-t-elle.

« Ça nourrit un sentiment de frustration et beaucoup de ressentiment. Ils rejoignent ce que l’on mesure sur l’ensemble de la population française : on sent bien qu’il y a un potentiel contestataire important. Six Français sur dix se disent prêts à descendre dans la rue pour un mouvement contestataire ».

Si les jeunes rejettent la politique, ils sont par contre beaucoup plus attentifs aux questions environnementales. « Ce qui est intéressant, c’est qu’en trois ans (date de la précédente étude), on a vu l’écologie passer au premier plan de leurs préoccupations », explique Anne Muxel.

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