Giulia : interview exclusive !

Grâce à ses contacts personnels, Fergus, envoyé spécial de CentPapiers, a pu rencontrer la jeune Giulia et obtenir en exclusivité ses confidences…

Fergus : Un grand merci, Giulia, pour l’immense honneur que vous me faites en acceptant de me recevoir.

Giulia : Á vrai dire, je voulais rester discrète et, comme ma mère, faire parler de moi en répétant partout que je n’ai rien à dire. Jusqu’au moment où j’ai rencontré mon neveu Solal qui, vous connaissant déjà, m’a dit beaucoup de bien de vous. D’où notre rendez-vous d’aujourd’hui.

Fergus : Précisément, en parlant de Solal, quel effet cela vous fait-il d’avoir un neveu plus âgé que vous ?

Giulia (sourire aux lèvres) : Cela m’amuse, évidemment. Encore que je crains d’être moquée par ce garnement lorsqu’il aura compris l’originalité de la situation. Imaginez qu’il se mette à m’appeler Tantine ou, pire encore, Tata, j’aurais bonne mine !

Fergus : Bah ! je ne doute pas que vous sauriez lui répliquer. Changeons de sujet : j’imagine que vous avez dû recevoir de très nombreux cadeaux.

Giulia : Des centaines ! Outre la classique layette – de toutes les couleurs, sauf le rose qui donne de l’urticaire à mon père présumé –, j’ai eu droit à de nombreux cadeaux utiles, style les couches lavables de Nathalie Kosciusko-Morizet ou une série de bodys griffés Dior de Rachida Dati. J’ai aussi reçu quelques présents plus originaux, à l’image du puzzle Ganelon d’Éric Besson, de la hyène en peluche de Nadine Morano, et du kit d’écoute high-tech de Bernard Squarcini. Même Dominique Strauss-Kahn est venu à la clinique de la Muette : il tenait à m’offrir personnellement ma première tétouille ; allez savoir pourquoi, le pauvre a été refoulé !

Fergus : Gardez-vous des souvenirs d’avant votre naissance, lorsque vous étiez plongée dans votre bain amniotique ?

Giulia : Bien sûr, car tout cela est encore très frais. Tenez, juste avant ma naissance, mon père présumé est venu voir ma mère pour s’excuser de devoir partir en urgence rencontrer Angela Merkel. J’ai encore en mémoire leur dialogue :

Père présumé : « Chérie, il faut que j’aille me farcir la teutonne pour préparer mon sauvetage de l’Europe, mais rassure-toi, cela devrait aller vite : tu verras comment je vais la manœuvrer, la prussienne, du gnangnan ! »

Mère : « On ne dit pas du gnangnan, Chouchou, mais du nanan. »

Père présumé : « Enfin, bref, tu m’as compris. Après ça, jeudi prochain je sauve le monde au G20 de Cannes. Et en 2012, après avoir laminé Culbuto, je sauve l’univers, d’Andromerde au Cul du Polonais. »

Mère : « Ce n’est pas Andromerde, mais Andromède. Quant à la constellation de l’Écu de Sobieski, elle ne s’est jamais appelée Cul du Polonais. Fais attention à ce que tu dis, Chouchou ! Sinon la presse étrangère – par chance en France elle est à notre botte ! – va encore se foutre de toi, et me faire passer pour une vile opportuniste.

Père présumé : « Rien à battre de ces baveux. Tous des connards ! »

Fergus : Il faut reconnaître que votre père présumé est un tantinet mégalomaniaque et qu’il a le juron facile. Du « casse-toi, pauv’ con ! » aux « connards de Bretons » en passant par les « abrutis » ou les « enc…. » de la majorité, de l’opposition, de la préfectorale, du corps diplomatique, des syndicats, des médias, de la fonction publique, des différentes corporations et des associations écologistes ou humanitaires, cela fait une sacrée ribambelle de « connards » !

Giulia (souriante) : Et comment ! C’est bien simple, je croyais que Connard était le patronyme le plus répandu dans notre pays.

Fergus : Malgré ce côté, euh… rustre, Nicolas Sarkozy est quand même Président de la République française, la 5e puissance économique mondiale. Certes, il a tendance à survendre ses rares succès, mais vous devez quand même en tirer de la fierté ?

Giulia : Fierté, alors qu’il vient une nouvelle fois de se faire empapandréouter ?… Comment pourrais-je être fière du bilan de mon présumé père ? Il est catastrophique : pouvoir d’achat en net recul, chômage en forte hausse, insécurité grandissante, paupérisation croissante des classes populaires, explosion du nombre des pauvres et des sans-abris, démantèlement progressif des services publics, destruction du lien social, et j’en passe. Un véritable désastre dont j’ai pris conscience dès le 7e mois de grossesse en écoutant les débats politiques à la radio lorsque ma mère laissait le poste allumé en sirotant son thé Darjeeling, un œil posé sur Gala. Non, croyez-moi, je ne tire aucune fierté de cette présumée filiation. Et encore, je ne vous parle pas de l’inculture et de la vulgarité de mon présumé géniteur, même si cela a pu transparaître au début de notre entretien avec le Cul du Polonais… Ne vous y fiez pas, les allusions à Dreyer ou Murnau sont préparées pour convaincre les auditoires. « La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ! » dit la sagesse populaire. Eh bien, mon père présumé c’est exactement cela. Et c’est ainsi que, faute d’avoir assimilé qu’il n’y pas d’accent sur un nom, il en vient à confondre Barthes, le philosophe, avec Barthès, un footballeur au QI de bernique ! (soupir)… Si je le pouvais, comme Solal, j’aimerais divorcer de mes parents.

Fergus : Je comprends votre prévention à l’égard de ce Rastignac neuilléen devenu président à coups de trahisons, mais pourquoi vouloir « divorcer » de votre mère ? Qu’a-t-elle fait pour mériter cette répudiation ?

Giulia : Passons sur l’affligeante mièvrerie de ses bluettes et sur ses piètres qualités de chanteuse sans voix. Après tout, il existe d’autres cas analogues dans le show-biz, à l’image de Charlotte Gainsbourg. Et tant pis si l’on doit subir leurs insipides filets de voix d’anémiées subclaquantes alors que de formidables interprètes survivent tant bien que mal malgré un talent fou… Passons également sur le grotesque épisode de la séduction de ma mère par un Sarkozy clone de Baraton. Mon père présumé connaissait, paraît-il, le nom des fleurs en latin : une rosa par-ci, une tulipa par-là ; et hop, emballée la nunucha ! Pathétique !… En réalité, un divorce me permettrait de devancer les évènements : imaginez, comme les sondages le laissent présager, que mon père présumé se fasse tchernobyliser par le bolchevik mou. Croyez-vous que ma mère restera avec un looser ? Eh bien moi je ne parierais pas un flacon de Poupina là dessus : elle reprendra très vite sa liberté et le cours de sa collection de mâles en tous genres, de préférence friqués et célèbres. Parce que, entre nous, le vulgum pecus peut toujours se brosser, sauf s’il est porteur d’une grille gagnante à l’EuroMillions. Et moi là-dedans, je fais quoi, je tiens la chandelle ?… Ajoutez à cela le reniement politique de ma mère, passée quasiment du Top-modèle de société marxiste à la Droite populaire. Une attitude courageuse, cela dit, car plus les rats UMP quittent leur navire en perdition dans les récifs de la déroute sarkozyste, plus elle se positionne à droite pour essayer de sauver mon père présumé, et par-là même sa position de Primera Dama de Francia. Mais à mon avis, elle a d’ores et déjà un œil sur la chaloupe…

Fergus : De là à « divorcer »…

Giulia : Vous avez raison, et d’ailleurs je n’ai pas le tempérament exalté de Solal. C’est pourquoi je vais sans doute m’accoutumer à ma vie de petite fille riche, tantôt dans ma suite personnelle du ghetto de la villa Montmorency, tantôt dans celle, tout aussi modeste, du Cap Nègre. Et je suivrai les nouveaux exploits de ma mère dans Gala, Voici ou Closer avec lesquels elle devrait renouer dès l’été 2012 après la bérézina présidentielle et le renvoi de mon père présumé à sa collection de timbres… Mais nous allons devoir en rester là, cher monsieur Fergus, car c’est l’heure de mon biberon. J’entends déjà le pas martial de mon adjud… pardon, de ma nounou : un certaine Alliot-Marie qui était au chômage mais qui, paraît-il, doit être ménagée car elle possède des dossiers sur tout le monde, y compris sur mon père présumé… Pourvu qu’elle n’arrive pas en treillis comme la dernière fois…

Fergus : Eh bien, il ne me reste plus qu’à vous remercier, Giulia, de m’avoir accordé quelques minutes de votre précieux temps.

Giulia : Di niente, fu un piacere !

Précédents contacts avec la famille royale présidentielle :

Lettre ouverte à Carla B (mai 2009)

Lettre ouverte à Carla B (2) (juillet 2009)

Exclusif : les confidences de Solal Sarkozy (janvier 2010)

Nouvelle lettre ouverte à Carla B (février 2011)

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