"Grande perdition" : perte de contrôle politique

Donc, résumons : ils avaient promis un blocage des prix du pétrole qu’ils n’ont pas tenu ; une non-augmentation des prix du gaz qu’ils n’ont pas tenue ; avaient juré craché que jamais la TVA ne serait augmentée lors de leur quinquennat. Et voilà que dès janvier 2014 au plus tard…

On pourrait se dire, promesses de campagne n’engagent que les naïfs prétendument “utiles” qui y croient. Mais non, sauf pour les prix des produit pétroliers, ces promesses ont été faites APRÈS le 6 mai 2012, date de l’élection du président Hollande. Prononcées et reniées en moins de six mois par un premier ministre français en pleine implosion.

Le “choc de compétitivité” appelé à la rescousse — et, soit dit en passant, déjà accordé en pure perte par le pouvoir sarkozien précédent à travers la suppression de la taxe professionnelle — a tout d’un choc tout court, où le ridicule le dispute à l’aveu d’impuissance la plus totale.

Désolation politique planétaire

L’exemple du désarroi politique français n’est hélas pas phénomène isolé. Aux États-Unis d’Amérique, la réélection de Barack Obama cache mal la division du pays avec un Sénat à majorité démocrate, mais une Chambre des représentants tenue par les Républicains.

En bref, un Congrès bicéphale qui avait déjà paralysé l’action du président sortant. Et qui, à peine mis en place, va devoir s’entendre pour affronter une infranchissable double muraille hautement plus ravageuse encore que l’ouragan Sandy : le mur pulvérisé d’une dette déjà vertigineuse et la falaise budgétaire paralysante qui va avec.

On n’est pas loin d’une situation façon tragédie grecque où, dans leur forteresse assiégée de la place Syntagma, une coalition transie de députés hellènes s’apprête à voter un énième plan d’austérité sur fond de naufrage généralisé et de montée des périls sociaux.

Que dire de la mise à mort espagnole où un pouvoir à l’agonie s’accroche à des banques ruinées ? Que dire du récent appel au secours du gouvernement portugais, et bientôt de son homologue italien ?

En Asie, la Chine s’apprête à confier le pouvoir à un nouveau Poutine local, dans un cercle politique rongé par la corruption, tandis que les fondations de son émergence économique sont minées de toute part, avec une croissance en baisse vertigineuse, certainement beaucoup moindre que les 7 % encore annoncés officiellement et une exacerbation sociale empoisonnée.

Dans les quelques pays restés encore politiquement lucides comme l’Allemagne, les dirigeants appellent crûment leurs banques à rédiger leur “testament” pour connaître leurs dernières volontés après l’inévitable futur blocage systémique.

Une confusion à son comble

La crise de la “Grande perdition” continue son impitoyable travail de sape et atteindra bientôt son explosif épilogue. Après la déroute du système financier, l’asphyxie de l’économie réelle sur fond de dilution sociale, voici le temps de la perte de contrôle politique.

Mais comme dans tout bon film catastrophe, celui-là ménage quelques scènes fugaces de transitions comiques pour tenter de rompre avec l’angoisse grandissante.

Ainsi des pathétiques pitreries de notre ministre Montebourg, héraut d’un improbable “redressement productif”, qui, après avoir revêtu le maillot marin rayé symbole d’une production nationale cocardière, implore d’obscurs fonds souverains libyens de venir sauver d’ex-fleurons industriels français ratatinés.

Tout en applaudissant à tout rompre, lui aussi, sait-on jamais, le “choc de compétitivité” prôné par un de ces grands patrons qu’il se proposait encore, il y a peu, d’arraisonner.

La confusion est à son comble.

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