Guerre contre l’Iran : Israël se prépare au suicide

Ce n’est plus une prédiction enflammée de quelques complotistes en mal de sensations. Mais la déclaration résolue de Matan Vilnaï, présentement ministre israélien de la Défense civile : oui, les autorités politiques d’Israël préparent bien à une guerre contre l’Iran. Un assaut qui surviendrait avant l’élection présidentielle américaine de novembre, à travers une attaque des sites nucléaires iraniens.

Préparer la population

Préparer une guerre, c’est d’abord préparer sa population aux conséquences qu’elle devra subir. Et accepter. Matan Vitaï, interviewé par le quotidien israélien Maariv :

« Je m’attends à ce que des centaines de missiles s’abattent quotidiennement sur les villes israéliennes et fassent jusqu’à 500 morts. Il pourrait y en avoir moins ou plus, mais c’est le scénario auquel nous nous préparons. Il n’y a pas de place pour l’hystérie. Jamais auparavant le front intérieur n’a été aussi bien préparé. Tout comme les Japonais sont prêts à être frappés par un tremblement de terre, les Israéliens doivent réaliser que quiconque vit dans ce pays doit s’attendre à des tirs de missiles sur le territoire hébreu. »

Ehoud Barak, ministre de la Défense, confirme : l’offensive se déroulerait « sur plusieurs fronts » et s’étalerait sur « 30 jours ». De nouveaux systèmes de batteries antimissiles sont mis en place. Des munitions et des rations alimentaires de combat sont stockés dans les bases militaires. Des kits antichimiques et bactériologiques mis à la disposition de la population.

Tout est fin prêt pour le grand raout final. Y compris la guimauve propagandiste faux-cul, abondamment distribuée par Leon Panetta, patron du Pentagone US, orfèvre en la triste matière :

« Il y a encore de l’espace pour négocier une solution diplomatique. »

La damnation du lemming

Fidèle à sa stratégie compulsive du lemming, ce petit mammifère qui, dit (faussement) la légende, se précipitait en troupeau du haut des falaises norvégiennes en un suicide collectif, Israël, tête de pont moyen-oriental d’un empire occidental en pleine dissolution, s’apprête à franchir (réellement) le pas ultime d’une fuite en avant suicidaire, à commettre l’irréparable.

Non pas que l’on puisse dédouaner l’Iran de ses troubles intentions, ni attendre de ce pays sous férule islamique une capacité à lui seul de réagir et d’enrayer les velléités belliqueuses d’Israël. Mais par l’engrenage meurtrier dans lequel un État, issu d’une innommable et insupportable Shoah, est en train de sombrer.

Faut-il rappeler à nos amis israéliens, ou américains — oui, oui, je dis bien, et sans arrière-pensées, « amis », comme je peux dire « amis iraniens » — que rarement dans toute l’histoire de l’humanité un agresseur ne sortit durablement vainqueur du conflit qu’il avait engagé. Cela va de Napoléon à Hitler, du Vietnam des Américains à l’Afghanistan des Soviétiques ou de l’Otan.

Mais est-il encore utile d’en appeler à la raison ? Derrière la froideur clinique de leurs propos, les autorités israéliennes et américaines, tout comme celles du camp d’en face, sont probablement déjà dépassées par les calamités qu’elles sont en train de mettre en branle.

« Le cerveau de l’homme, c’est trois cerveaux superposés : le cerveau reptilien qui déclenche les comportements de survie immédiate, le cerveau de l’affectivité, le cortex cérébral. Les deux premiers fonctionnent de façon inconsciente. Nous ne savons pas ce qu’ils nous font faire… Le troisième fournit un langage explicatif qui donne toujours une excuse, un alibi au fonctionnement inconscient des deux premiers » (Henri Laborit).

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