Inde : des ouvrières en lutte, en tant qu’exploitées et en tant que femmes

LA LUTTE DE CLASSE EN INDE.
On parle beaucoup de la Chine et des luttes diverses qui s’y déroulent mais bien peu de l’Inde dont la population est aujourd’hui supérieure à celle de l’ancien Empire du Milieu (1,3 milliard sur un territoire trois fois moins grand).
Sans doute, du point de vue économique, l’Inde est loin derrière la Chine avec un PIB qui représente 20 % du PIB chinois et est même inférieur à celui de la France, mais ce pays n’en reste pas moins un élément important sur l’échiquier économique et politique mondial et connaît un fort taux de croissance. Comme partout dans les pays en développement, l’essor de l’économie entraîne des migrations importantes, avec le déplacement des populations des campagnes vers les villes, le passage de la condition de paysan à celle d’exploité par le capital, et l’effacement relatif des particularismes locaux coutumiers, culturels et des liens familiaux. Mais comme partout aussi, cette prolétarisation fait naître la lutte de classe, d’autant plus forte quand elle s’exprime ouvertement que les conditions d’exploitation sont en deçà de ce que l’on peut imaginer. A côté de cette lutte centrale on trouve d’autres luttes spécifiques dues au développement du capital industriel : contre l’appropriation des terres pour des projets industriels ou d’infrastructures, contre les diverses pollutions des eaux et des airs qu’impliquent de tels projets (1).

LA CONDITION DE LA FEMME ET CELLE DES FEMMES PROLÉTAIRES
En Inde, les rapports de classe sont rendus encore plus complexes par la persistance du système des castes et la condition faite aux femmes, particulièrement à celles qui travaillent. L’Inde connaît, dans des conditions industrielles ou agricoles capitalistes différentes suivant les Etats, les mêmes problèmes mondiaux de migration vers les centres. Mais, quelle que soit la nature de leur travail, la femme qui se soumet à l’exploitation, et alors qu’elle est déjà considérée en général comme inférieure en tant que femme, subit dans l’entreprise, en plus de la condition spécifique faite à la femme qui travaille, en plus de la domination des hommes dans le foyer si elle est mariée, la contrainte d’un encadrement presque uniquement masculin (même avec 80 % de l’effectif féminin). Dans la hiérarchie syndicale aussi, l’appareil bureaucratique du syndicat étant, même dans ces branches industrielles à forte dominance féminine, totalement mâle.
En un mot, la femme qui travaille, surtout si elle est célibataire, est plus ou moins considérée comme une prostituée : la place d’une femme est au foyer sous la férule du mari et pas ailleurs, 65 % des Indiens pensent que les femmes méritent d’être battues (2). Les exemples que nous allons citer concernent, comme bien d’autres luttes de l’ensemble des travailleurs en Inde, la condition des travailleuses –à commencer par les salaires. Luttes de base plus ou moins sauvages, plus ou moins durement réprimées, le plus souvent localisées ou régionales, parfois grèves générales syndicales couvrant tout le pays.
Mais un autre facteur apparaît dans les luttes d’industries dans lesquelles les femmes sont majoritaires : la cessation sinon la répression d’un harcèlement sexuel particulièrement lourd, favorisé par la mentalité générale liée à la coutume concernant le travail des femmes. Les deux luttes dont nous allons parler sont allées beaucoup plus loin que cette simple revendication. Et la généralité de ce problème apparaît bien dans le fait qu’elles ont pris des caractères similaires dans deux Etats indiens différents et dans des branches différentes, l’une chez les cueilleuses de thé, l’autre dans une usine textile de confection.

LES CUEILLEUSES DE THÉ DE L’ÉTAT DE KERALA
L’Inde est après la Chine un des plus gros producteurs de thé mondial (25 % de cette production), mais la concurrence est rude avec l’apparition de nouveaux producteurs. Cette concurrence sera d’ailleurs au cœur du conflit qui va se développer à partir d’une plantation du Kerala.
Le Kerala est un Etat du sud-ouest de l’Inde sur la côte de Malabar (Océan indien). Il compte 34 millions d’habitants dont 16 % vivent de l’agriculture dont les plantations de thé. Ces plantations sont pour partie concentrées dans une région montagneuse isolée (la gare la plus proche est à 64 km), celle de Munnar, ville de 70 000 habitants, la ville du thé, dont les nombreuses plantations recouvrent la totalité du sol au point que faune et flore en ont été totalement éliminées. Ces plantations sont un pur produit de la colonisation britannique. Cette question n’est pas secondaire car l’Etat colonisateur a déporté comme esclaves dans cette région des Tamouls venant des régions limitrophes (3). Ces migrants tamouls contraints ont peuplé et peuplent encore les plantations de thé, qui sont des sortes d’Etats dans l’Etat (4) et la population d’origine tamoule parlant sa langue propre est considérée non comme une caste mais comme une sous-classe ce qui ajoute encore plus pour les femmes la charge d’une discrimination sociale dont elles sont l’objet en tant que femmes dans toute l’Inde.
En fait, dans l’Etat de Kerala, la majorité des femmes d’origine tamoule occupe les emplois du plus bas de l’échelle : cueillette de thé, pelage de crevettes (5), traitement des algues, décorticage des noix de cajou, industrie du ver à soie, etc. Parmi ces besognes toutes autant fatigantes et répétitives, les cueilleuses de thé sont parmi les moins considérées et les plus mal payées. 90 % d’entre elles sont d’origine tamoule venant du Tamil Nadu voisin (6). Presque toutes vivent seules ou en famille dans des cabanes de tôle avec une seule pièce et aucune commodité (pas d’eau courante, de toilettes, de drainage) ; elles sont quasi analphabètes et leurs enfants ne sont pratiquement pas scolarisés ; les hommes s’adonnent à la boisson et laissent aux femmes souvent la charge totale des travaux domestiques tout en ponctionnant même leur maigre salaire pour leurs libations.
Les conditions de travail sont à la hauteur de cette misère. Le travail des cueilleuses leur brise le dos. Elles doivent se lever très tôt le matin pour, après les travaux domestiques, s’acheminer dans les collines, peiner courbées jusqu’à douze heures par jour et ramener à pied vers les centres de collecte sur leur dos les sacs de 50 à 70 kg de leur récolte du jour. Pour gagner le minimum imposé de 20 kg de feuilles de thé par jour et recevoir le salaire minimum mensuel de 83 euros en dix heures de travail, elles doivent obligatoirement pour pouvoir survivre prolonger leur journée jusqu’à plus de douze heures pour cueillir jusqu’à 60-70 kg de feuilles de thé, ce qui leur donne droit à un « bonus » portant à 175-250 euros mensuels leurs salaires, les plus bas de tout le Kerala (7). Ce bonus est en sorte la garantie de la survie, ce qui explique l’explosion sociale lorsque les plantations ont voulu modifier ses bases de calcul aboutissant en fait à une réduction des salaires. Le but de cette opération pour les plantations était de soutenir la concurrence mondiale qui a entamé les positions traditionnelles du Kerala. Le bonus en question était fixé antérieurement à 20 % du salaire annuel et les plantations voulaient unilatéralement le réduire à 10 %.
Cette dernière mesure est la goutte d’eau qui a fait exploser le vase.
UNE LUTTE PROLÉTARIENNE MAIS AUSSI UNE LUTTE DE FEMMES PROLÉTAIRES
Les cueilleuses de thé fondent leur propre organisation de lutte sous le nom de « Pembillai Orumai » (Femmes Unies) dont sont exclus les hommes.
Le 1er septembre, elles organisent une marche sur Munnar avec un sit-in silencieux, elles convergent ensuite devant le siège du syndicat dont elles arrachent les drapeaux syndicaux. Comme un leader syndical tente de pénétrer dans la manifestation, il en est violemment exclu, attaqué à coup de chaussures et doit être sauvé par les flics. On voit même certains autres leaders lapidant à coup de pierres les femmes dans le cortège.
Les slogans criés par les femmes sont sans ambiguïté dirigés contre les leaders syndicaux :
– « Nous trimons tout le jour, vous nous pillez » ;
– « Nous charrions les feuilles de thé dans nos paniers, vous charriez l’argent dans vos paniers » ;
– « Nous vivons dans des cabanes de tôle vous vous prélassez dans des villas » ;
– « Nous cueillons les feuilles de thé, nous portons les sacs de feuilles de thé, vous portez les sacs remplis de billets, cela doit finir » ;
– « La faim et la souffrance sont notre vie et nous nous fichons pas mal de mourir de faim mais nous n’autorisons personne à nous exploiter. »
La combativité des cueilleuses de thé est fondée aussi sur une autre motivation : d’une certaine façon, leur rang social est proche de celui des intouchables. Le travail, même dans de telles conditions, les a fait sortir de leur village et des contraintes sociales héritées du passé, et aborder une vie libérée de celles-ci. La fermeture de quelques plantations les contraint à retourner se plonger dans des rapports sociaux auxquels elles avaient en partie échappé.
Le 7 septembre, dans la plantation Munnar Kannan Devan Hills Plantation LTD (8) près de Munnar, 7 000 cueilleuses de thé se mettent en grève pour une augmentation de salaires et le rétablissement du bonus. Elles évincent les leaders syndicaux, et elles auraient séquestré le directeur, occupé des bureaux. Après neuf jours de grève elles obtiennent le rétablissement du bonus mais pratiquement rien sur les salaires. Cette semi-victoire va quand même avoir un énorme retentissement dans toutes les activités féminines, pratiquement toutes encadrées par des syndicats dont la bureaucratie est totalement masculine. Notamment, dans toute l’Inde, des grèves éclatent dans les plantations, non seulement dans le Kerala mais  aussi dans le Tamil Nadu, l’Asam, le Darjeeling, toutes à l’écart des syndicats officiels et contre eux.
D’une part, ces syndicats sont particulièrement corrompus et intégrés dans l’appareil de gestion patronal. Les leaders syndicaux dans le Kerala ont la belle vie : logements gratuits, emplois bien payés et peu fatigants, études des enfants payées par les patrons, etc. D’autre part ils utilisent leur position et ce type de rapport avec les patrons pour exiger pratiquement un droit de cuissage auprès de celles qui voudraient introduire une demande ou une défense personnelle. Ce qui explique qu’en tête des revendications des cueilleuses de thé figure en bonne place, la fin et la répression du harcèlement sexuel et aussi la pratique de l’exclusion des mâles de la nouvelle organisation et des manifestations. Il faut dire que ces syndicats collaborent tout aussi étroitement avec les autorités de l’Etat. Cette collaboration à tous les niveaux se retrouve dans le fait qu’une loi de 1951, le Plantation Labour Act, instituant une sorte de sécurité sociale et un code du travail minimal qui pouvait être imposé aux entreprises, est pratiquement ignorée et reste un échec plus ou moins volontaire.
Les syndicats « reconnus » vont pourtant tenter de se réintroduire dans les tractations sociales, en profitant du fait que si l’organisation des femmes a réussi à obtenir le rétablissement du bonus, elle n’a pas réussi à faire modifier sensiblement les salaires de base. C’est pourquoi, pour couper l’herbe sous les pieds de l’organisation des femmes, un cartel de syndicats officiels (à l’exception de celui contrôlé par le Parti communiste) (9) lancent la grève dans les plantations de l’Etat pour le premier octobre 2015.
L’arrêt du travail est quasi-total car Pembillai Orumai s’y est associé tout en maintenant une séparation stricte avec le cartel des syndicats. Ceux-ci ordonnent la fin de la grève le 14 octobre après avoir conclu un accord boiteux avec l’organisation patronale PLC qui regroupe toutes les plantations. Il semblerait même qu’en échanges d’une légère augmentation, bien loin de la revendication de doublement des salaires les syndicats auraient accepté une augmentation du poids des sacs de feuilles de thé conditionnant le montant du bonus. L’accord aurait été signé alors que Pembillai Orumai parvenait à intensifier la pression de la grève en bloquant Munnar au point d’en faire une ville morte.
La suite immédiate n’est pas dans une nouvelle grève, d’autant que les ouvrières connaissent certainement, avec ces jours de grève non payés, une misère encore plus noire. Syndicats et autorités profitent de cet épuisement pour porter les coups les plus bas afin de parvenir à éliminer cette nouvelle organisation des femmes. Dans le but de gagner plus d’influence locale, Pembillai Orumai agissant comme un parti a présenté des candidats aux municipalités (panchayat) autour de Munnar et fait une percée spectaculaire. Il est difficile de dire ce que cela représente réellement, mais il est certain que l’activité de cette organisation d’ouvrières dont on connaît mal le fonctionnement interne gêne considérablement les organisations tant politiques que syndicales en place.
Le 9 novembre, cinq militantes de Pembillai Orumai sont attaquées par des syndicalistes et assez sérieusement blessées pour être hospitalisées. Le 20 novembre une de ces militantes, Gomathy Augistin, est retrouvée dopée à mort mais en réchappe sans qu’on puisse déterminer si les pressions, menaces et coups tordus ne l’ont pas conduite à tenter de se calmer avec des tranquillisants ou de se suicider. De toute façon, cette révolte des femmes à la fois contre leur exploitation  leur condition et la domination machiste, si d’un côté fait école, d’un autre côté continuera à susciter des tentatives de toute sorte de l’ensemble des autorités institutionnelles diverses comme des plantations pour détruire, briser ou tout au moins canaliser ce mouvement qui reste quand même symptomatique de l’évolution des rapports sociaux en Inde.

DANS LE TEXTILE AU KARNATAKA
Ce n’est donc pas un hasard, pas plus qu’une imitation à distance qui fait que l’on retrouve dans une autre industrie – le textile –  et dans un autre Etat, le développement d’un mouvement identique même s’il prend une autre forme.
Le Karnataka est un Etat du sud de l’Inde peuplé de 65 millions d’habitants sur la côte ouest donnant sur la mer d’Oman, au Nord du Kerala. C’est un Etat agricole mais qui connaît un développement industriel assez classique, avec une industrie textile qui exploite 500 000 travailleurs dans 1 200 entreprises, à 80 % des femmes des couches les plus pauvres et les plus discriminées, exactement comme ce qui a été évoqué ci-dessus pour le Kerala. Ces usines de confection sont pour une bonne part concentrées autour de la capitale de l’Etat, Bangalore (9 millions d’habitants).
Dans un contexte économique différent, les conditions de travail et de vie ne sont guère distinctes de ce que doivent subir les cueilleuses de feuilles de thé. Comme elles viennent des campagnes environnantes, et vu la carence des transports publics, elles doivent passer entre deux heures et deux heures et demie pour se rendre au lieu d’exploitation. Les ouvrières doivent coudre pendant neuf heures 150 pièces à l’heure (de 40 à 50 il y a huit ans) sur des machines à coudre obsolètes : elles ne peuvent atteindre cet objectif qu’en faisant des heures supplémentaires non payées ; si elles ne l’atteignent pas encore elles se voient imposer des pénalités financières, risquent le licenciement ou pire les propositions sexuelles de l’encadrement, sans mentionner les assauts verbaux ou physiques des contremaîtres (10). Dans le meilleur des cas, elles se font 4 euros par jour auxquels s’ajoutent 12 % de cotisations patronales pour des garanties santé et accident. Travaillant dans des ateliers mal éclairés et mal ventilés, elles ont des problèmes de dos, respiratoires et d’irritation causées par les poussières, teintures et autres traitements chimiques des tissus (11).
Comme au Kerala, la bureaucratie du syndicat reconnu le Garment and Textile Workers Union (GTWU) est totalement masculine et en profite de même tant dans des compromissions avec les compagnies que dans le harassement sexuel. Cette situation devient si intolérable que les ouvrières décident de former un nouveau syndicat, uniquement composé de femmes, le Garment Labour Union (GLU) hors de toute affiliation à un autre syndicat ou à un parti. En janvier 2015, malgré un déferlement de critiques et de pressions, ce nouveau syndicat revendique 2 000 membres.
Le syndicat est administré par un collectif de 19 membres ; il se donne une structure non pas hiérarchique mais une réunion horizontale de groupes d’entraide où entre quinze et vingt ouvrières discutent de leurs problèmes tant du travail que domestiques et financiers (chaque groupe perçoit des cotisations qui alimentent une caisse de solidarité). Plus de vingt groupes de ce genre auraient été constitués. Tout cela semble bien peu, vu le nombre d’ouvrières exploitées dans cette branche, mais même si c’est moins spectaculaire que dans le Kerala ces actions n’en constituent pas moins une évolution dans la société indienne, une prise de conscience des ouvrières de la condition que leur réserve la société capitaliste en tant que travailleuses exploitées et en tant que femmes. Le fait d’oser se révolter et agir est une partie du combat global pour un autre monde.
H. S.
NOTES
(1) Il n’est guère possible de recenser ici toutes les luttes quotidiennes qui surgissent en Inde. Une partie d’entre elles peut être trouvé avec maints détails sur Internet sur le site suivant (en anglais) :
http://libcom.org/blog/struggles-%E2%80%98make-india%E2%80%99-%E2%80%93-series-factory-riots-occupations-wildcat-strikes-delhi%E2%80%99s-industria
Ou sur le site https://gurgaonworkersnews.wordpress.com/ (en anglais).
(2) Rapport du Centre international de recherche sur les femmes (International Center for Research on Women), 2011. Les femmes doivent affronter la violence et la discrimination dans leur famille mais aussi dans la société comme un tout. La famille n’est pas une place sûre à cause du modèle patriarcal que nous suivons. Mais la société d’aujourd’hui est aussi devenue plus agressive, compétitive et âpre au gain et la famille entretient de telles valeurs. Un grand nombre de femmes sont harcelées sexuellement sur le lieu de travail.
(3) Les « migrations forcées » débutèrent dès 1823 pour l’édification des plantations de thé et encore aujourd’hui ces migrants sont dénommés « les autres inconnus ».
(4) La plupart des plantations de la région sont gérées par des sortes de coopératives où, en théorie, les travailleurs sont coopérateurs majoritaires ; mais ils n’ont en fait aucune influence sur la gestion, entièrement contrôlée par une sorte de mafia liée aux autorités locales et en fait sous le contrôle de multinationales.
(5) Rien que dans le Kerala, 6 000 femmes triment dans 250 ateliers de pelages de crevettes, certaines depuis plus de quarante-cinq ans.
(6) Le Tamil Nadu a été à l’époque romaine un royaume important couvrant tout le sud de l’Inde et l’île de Ceylan. Il a ensuite décliné pour disparaître au xve siècle et dont il ne reste comme entité que l’Etat indien de Tamil Nadu. Cette ethnie a ainsi développé sa propre langue, une culture et une architecture originale. La population tamoule a cherché à constituer un Etat, entraînant une partition de fait de l’île (devenue Sri Lanka en 1972). Un long conflit, sous couverture religieuse, a fait près de 200 000 victimes entre 1984 et 2009. Conflit, pour partie une séquelle de la colonisation britannique qui a favorisé les Tamouls contre le reste de la population.
(7) A titre de comparaison, les cueilleurs de noix de coco, tous mâles, gagnent entre 700 et 1 250 dollars par mois en partie à cause de la rareté des candidats à monter en haut des cocotiers.
(8) Propriété du trust multinational Tata qui regroupe dans 100 pays du monde plus de 100 sociétés dans l’automobile (Tata Motors, qui a racheté Jaguar, Land Rover, Ford), l’acier (Tata Steel, 4e mondial), l’informatique, Internet et la téléphonie (Tata Communications, 4e mondial), les filières alimentaires (Tata Capital), etc.
(9) Il est difficile de dire comment ces conflits du travail entraînent des interventions et manipulations des différents partis et des syndicats qui leur sont plus ou moins inféodés. D’où le rejet total par Pembillai Orumai de toute affiliation ou contact avec les partis ou les syndicats.
(10)  Déclaration d’une ouvrière : « Les quotas sont trop élevés. Ils veulent 150 pièces à l’heure, et quand on ne peut les atteindre commencent les sévices. C’est une pression grave, comme une torture. On ne peut prendre une pause même pour boire un verre d’eau ou aller aux toilettes. Le contremaître est tout le temps sur ton dos…Il te traite d’âne, de chouette, créature associée au diable, de chienne, rien que des insultes… »
(11) La survie d’une famille nécessiterait environ 13 000 rou­pies par mois alors qu’une ouvrière ne peut en tirer dans la confection qu’environ 4 000.

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