La chute du bloc survivant, scène finale

Eh bien, nous y voilà ! Comme au dénouement du méchant film-catastrophe qui vit la fin d’un des deux blocs issus de la Seconde guerre mondiale, nous arrivons à l’apothéose finale qui accompagne la chute du bloc survivant. À chacun ses évènements symboliques : la chute du mur de Berlin pour le premier, le blocus de Chypre par l’Union européenne de MM. Draghi et consorts, pour le survivant moribond.

Voilà un moment que ça leur pendait au nez. Depuis janvier 2008, en fait. Rien, absolument rien qui ne se soit arrangé depuis cette date fatidique. Le plus surprenant fut juste leur capacité de retarder l’échéance fatale — ah, cette épidémie d‘“aides illimitées” des banques centrales, 85 milliards PAR MOIS tout frais rien que pour la Banque fédérale américaine !

La vieille bagnole en phase terminale

Mais l’erreur serait de ne considérer la “Grande perdition” en cours que sous son seul angle financier. Cette force tellurique de destruction obéit à une multitude de facteurs indépendants en apparence les uns des autres, parce que la puissance de la déflagration dépasse la capacité de compréhension de l’intelligence humaine. Ainsi d’ailleurs que sa capacité à la supporter et à l’admettre.

On ne peut pas comprendre la folie furieuse qui pousse un Draghi à faire soudain imploser son propre système en décrétant d’autorité la guerre aux populations de l’Union européenne, si l’on ne prend pas en compte non plus ce qui a conduit l’armée américaine à se noyer en Irak ou en Afghanistan, et ce malheureux Hollande à aller ferrailler dans le désert contre des ombres trop grandes pour lui.

Vous n’avez pas remarqué ? Lorsqu’une vieille bagnole entre en phase terminale, la première pièce qui pète est immédiatement suivie d’une panne de toutes les autres. Vous remplacez une durite, ce sont les cardans qui lâchent, les pistons qui coincent. Pareil pour le désormais pathétique bloc survivant.

C’est le désarroi et l’impuissance qui ont poussé Draghi à commettre son acte imbécile de taxation sauvage des dépôts bancaires. Le pas de trop. Qui peut dire quand et comment rouvriront les banques chypriotes ? Qui peut anticiper la réaction des Russes dont les avoirs sont désormais gelés ?

Ultimes réactions de la bête blessée

Et de fait, c’est la guerre ! Oui, oui, une vraie guerre, provoquée comme toutes les vraies guerres par les réactions suicidaires des bêtes blessées à mort. Une guerre déclarée par un empire aux abois à ses propres populations.

Pas plus que la Fed US de M. Bernanke ou la BoJ nipponne de M. Shirakawa, la BCE de M. Draghi ne peut plus sauver la chaloupe européenne en perdition. Alors l’imbécile ferme ses propres banques ! Ce qui, pour un banquier, est proprement se tirer une balle dans les pieds, au comble de l’imbécilité !

Voulez-vous me dire par ailleurs dans quel état se trouve cette fameuse démocratie irakienne que les forces anglo-américaines étaient parties joyeusement répandre ? Pouvez-vous me donner une victoire en Afghanistan qui laissera son nom à une station du métro new-yorkais ? Vous faut-il des lunettes pour constater le désastre libyen post-Khadafi ?

La bête blessée à mort mord sans distinction. Et en rajoute dans la pathologie ! Lors de son premier et dernier voyage en Israël, le preux, mais si insignifiant Obama n’a rien trouvé de mieux que d’autoriser les Israéliens à intervenir en Iran quand ils se souhaitent. C’est-à-dire sans plus même avoir à demander la permission à leur grand Oncle protecteur. Un autre pas de trop vers la tragédie.

Les fragiles mécanismes de résistance

Il ne faut pas se voiler la face, les mécanismes de résistance pour enrayer cette force tellurique mauvaise sont bien faibles. Comme dans le Japon  du tsunami, il y a fort à parier que la reconstruction ne sera possible qu’une fois le gros de la vague passée.

Oh bien sûr, on pourra toujours s’accrocher à quelques îlots de résistance. Le chavisme en fut un pour la population vénézuélienne. L’équipe de Morales en Bolivie. Peut-être un jour des Fronts de gauche, des Syriza ou des mouvements 5 étoiles.

Sans céder non plus aux idolâtries précipitées. Bien sûr qu’il n’était pas parfait, loin de là, Chavez. Bien sûr qu’ils ont probablement leurs zones d’ombre les Grillo, les Tsipras ou les Mélenchon. Mais vous ? Mais moi ? C’est comme ça, va falloir faire avec les petites faiblesses de tout le monde.

Finalement, notre principale préoccupation devrait être de ne pas nous laisser à notre tour happer par ces déferlantes névrotiques. Ni dans un sens, ni dans l’autre. Nous accrocher aux bonnes planches de salut avec toutes nos forces disponibles, en mesurant et en acceptant aussi nos limites. Sachant qu’en face, la bête blessée ne reculera devant absolument rien.

Tiens, il m’en reste une petite dernière que ces dingues du bloc survivant n’auront pas. Trinquons, ça réchauffe.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *