La flexibilité n’a jamais empêché la hausse du chômage

Recherche menée par Robert Gil

Les « remèdes » du patronat, soutenus largement par le gouvernement, ont fait preuve de leur inefficacité. Cela fait des années qu’une organisation comme l’OCDE, qui ne peut absolument pas être accusée d’antilibérale, reconnaît que le marché du travail en France est suffisamment flexible. Et pourtant, cette flexibilité accrue n’a pas empêché la hausse du chômage, au contraire.

La seule voie raisonnable pour sortir de cette situation est de rompre avec l’austérité qui va de pair avec la dévalorisation du travail.  Le président de la République a clairement opté pour l’économie de l’offre, autrement dit pour des politiques de dévaluations internes, de dévalorisation du travail et de réduction des services publics. Dans cette perspective, les décisions de la BCE sont saluées, surtout en ce qui concerne la baisse de la valeur externe de l’euro ; une dévaluation censée permettre la hausse des exportations françaises.

Or, l’essentiel de nos exportations se fait avec les autres pays membres, lesquels se trouvent dans la même situation. En effet, l’essentiel du commerce extérieur des pays européens se fait entre eux. De plus, si, conformément aux préconisations des tenants de l’économie de l’offre, tous les pays européens veulent augmenter leurs exportations, alors que partout il y a une insuffisance de demande, on se dirige vers une course au moins-disant social et une mise en concurrence plus féroce des salariés européens.

Aucune société démocratique ne peut accepter que des pans entiers de sa population ne puissent pas vivre décemment. C’est pourquoi des mesures d’urgence sont indispensables comme par exemple : l’augmentation immédiate du SMIC à 1700 euros brut mensuels, ainsi que dans les mêmes proportions les minimas sociaux, les indemnités chômage, et les minima retraites, et surtout, interdire les licenciements dans les entreprises qui font des profits, interdire également les délocalisations dans le seul but de verser plus de dividendes aux actionnaires alors que l’entreprise est viable.

Ce qu’il faut également faire, c’est diminuer le temps de travail afin que plus de personnes puissent trouver un emploi. Une 6ème semaine de congés payés, voire 8 semaines, ainsi qu’une durée de travail de 30h / semaine seraient un bon début. En fait il faudrait que le travail disponible soit réparti entre tous les ouvriers existants, cette répartition déterminant la longueur de la semaine de travail.

Ne plus écouter le discourt archaïque de la droite patronale qui a toujours pleuré dans le gilet de l’État lorsqu’il a fallu qu’elle cède une partie de l’argent et du pouvoir qu’elle a escroqués aux citoyens comme en 36. Elle nous dit que ce n’est pas possible, que nous sommes des utopistes, que nous coulons le pays. Nous l’avons entendue avec les premiers congés payés, la semaine de 40 heures, … et déjà lorsqu’au début du 20ème siècle les ouvriers réclamaient des augmentations de salaires et des réductions du temps de travail, le patronat menaçait de délocaliser dans les« colonies» !!!

Le seul but de l’activité économique devrait être de satisfaire les besoins de chaque membre de la communauté, pas de créer des profits à gogos pour verser des dividendes aux actionnaires. Si on arrêtait de distribuer sans compter de l’argent au MEDEF, premier assisté de France, on trouverait de l’argent pour financer tout ce dont on a besoin. Sachant que la dernière tranche d’aide de 25 milliards a aboutit à la création de seulement 100 000 emplois, soit 250 000 euros par emploi … de qui se fout-on?

Devant des inégalités de plus en plus criantes, il devient urgent pour la classe capitaliste d’allumer des contre feux : détourner l’attention par la crise, la dette, la menace terroriste, etc.…Mais une des valeurs sûre c’est de faire battre les pauvres contre les plus pauvres, le chômeur contre le précaire, le salarié du privé contre celui du public… et malheureusement une partie de nos concitoyens résignés et abrutis par la propagande médiatique à la solde du pouvoir pensent trouver là une solution à ses problèmes.

J.P. ACASOCA … voir d’autres articles de cet auteur LA,

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Une pensée sur “La flexibilité n’a jamais empêché la hausse du chômage

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    29 novembre 2015 à 12 12 08 110811
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    @ M. Gill

    Si j’ai bien compris votre article, vous préconisez que le capitalisme ne soit plus le capitalisme – tout en demeurant dans le mode de production capitaliste – réformer – corriger !

    Ainsi vous écrivez « Le président de la République a clairement opté pour l’économie de l’offre, autrement dit pour des politiques de dévaluations internes, de dévalorisation du travail et de réduction des services publics. Dans cette perspective, les décisions de la BCE sont saluées, surtout en ce qui concerne la baisse de la valeur externe de l’euro ; une dévaluation censée permettre la hausse des exportations françaises. »

    Ailleurs vous écrivez « Aucune société démocratique ne peut accepter que des pans entiers de sa population ne puissent pas vivre décemment. »

    Vous allez même jusqu’à ordonner que « Ce qu’il faut également faire, c’est diminuer le temps de travail afin que plus de personnes puissent trouver un emploi. »

    Enfin – grande mystification vous affirmez « Ne plus écouter le discourt archaïque de la droite patronale qui a toujours pleuré dans le gilet de l’État lorsqu’il a fallu qu’elle cède une partie de l’argent et du pouvoir qu’elle a escroqués aux citoyens comme en 36 »

    MAIS JUSTEMENT – Les bourgeois ont tous ces droits puisque cet ÉTAT est le leur. L’État capitaliste n’est pas l’État des citoyens (un citoyen neutre – fraternel et libre, égal à tous ça n’existe pas) L’ÉTAT est l’appareil administratif des citoyens de la clase dominante propriétaire des moyens de production, d’échanges et de finance.

    Vous avez totalement raison, les conditions de vie et de travail se détériorent pour les citoyens de la classe ouvrière. Mais cela n’est pas la conséquence de la décision du Président – la courroie de transmission de l’État des citoyens bourgeois d’OPTÉ POUR UNE ÉCONOMIE DE L’OFFRE (!) Ca n’existe pas une ÉCONOMIE DE L’OFFRE. Une économie capitaliste – donnons lui son nom – est une économie faite pour reproduire le capital – à l’infini – construite pour valoriser le capital – lui faire produire non as de l’offre mais de la plus-value qui sera réinvestit pour faire encore plus de capital. Et cela dans chaque pays capitaliste européen pour reprendre votre exemple européen.

    VOILA l’explication du fait que les politiques économiques de tous les pays d’Europe sont identiques – des politiques de l’Offre comme vous les appelées. Des politiques économiques qui répondent aux exigences inéluctables du mode de production capitaliste en cette phase de crise systémique où nulle part sur Terre il ne peut assurer sa pleine reproduction élargie du capital sans attaquer sa cotre partie – sa partie nécessaire – le travail salarié.

    En d’autres termes pour que le capital soit valorisé – PROFITABLE – ENGROSSÉ de plus-value – pour grossir la part de surtravail – le capital doit impérativement en ces temps de crise du système mordre dans le travail nécessaire – dans les salaires directs – et indirects (les allocations de l’État et les services de reproduction de la force de travail assurée par l’État)

    C’est imparable. Tout État et toute société capitaliste qui ne fait pas cela (couper dans els salaires – réduire les « avantages » sociaux – et les services sociaux) est vouer à sa perte. – Vouer à voir ses concurrents capitalistes – les multinationales d’en face – du camp adverse – soutenu par les États capitalistes adverses d’en face – au service de leurs monopoles – absorber ou détruire les monopoles de ce côté-ci du mur de verre qui sépare les conglomérats impérialistes transnationaux.

    Il faut que vous cessiez de répandre parmi la classe ouvrière ces fumeroles à propos des « acquis sociaux, des concessions arrachées dans les années 1936 ou mai-1968 ». En ce temps-là l’impérialisme mondial triomphant était encore en expansion vers des continents encore à harnachés (contrairement à ce que Lénine avait laissé entendre sur la fin du capitalisme et de sa phase impérialiste en 1917).
    En ce temps-là des milliards de paysans-artisans-métayers restaient à transformer en prolétaires salariés surexploités. Ceci est maintenant réalisé. Maintenant nous pouvons dire (ce que l’on ne pouvait pas dire en 1917) que la Terre entière a été partagé entre les puissances impérialistes (ce qui comprend la Chine, l’inde, le Brésil, etc.) et que seul un repartage des marchés, des sources de matières premières et des secteurs d’appropriation de la plus-value prolétarienne sont possibles. Aucune nouvelle conquête n’est possible – Les dernières zones dans l’INDE et dans la CHINE profonde sont en cours d’intégration.

    En ce temps-là, au sein même des forces productives en pays capitalistes avancés il était encore largement possible d’obtenir des « gains de productivité » (lire de la surexploitation de la force de travail salarié) si bien que des concessions temporaires étaient encore possibles et ce fut fait.

    Voici maintenant revenu le temps des grands affrontements (comme en 1914, comme en 1939) où les grands camps impérialistes retranchés s’affrontent pour savoir quel camp absorbera les forces productives de l’autre camp et ses capacités de valoriser le capital par la surexploitation de la force de travail de milliards de prolétaires qui n’ont toujours -aujourd’hui comme hier – que leurs bras à vendre pour survivre.

    NON monsieur – il est faux de prétendre que sous le mode de production capitaliste : « Le seul but de l’activité économique devrait être de satisfaire les besoins de chaque membre de la communauté, pas de créer des profits à gogos » OU alors vous préconisez de détruire ce mode de production qui n’existe que pour reproduire le capital et donc faire produire des « profits à gogos » ?

    Vous avez totalement raison d’écrire : « Devant des inégalités de plus en plus criantes, il devient urgent pour la classe capitaliste d’allumer des contre feux : détourner l’attention par la crise, la dette, la menace terroriste, etc.…Mais une des valeurs sûre c’est de faire battre les pauvres contre les plus pauvres, le chômeur contre le précaire, le salarié du privé contre celui du public… »

    Alors de grâce ne le faites pas vous-même.

    Il n’y a qu’une porte de salut pour la classe ouvrière du monde entier – et c’est celle de comprendre que toutes ces guerres pseudo-anti-terroristes (les terroristes sont dans les parlements et les officines de l’État bourgeois) ; TOUTES ces politiques de l’offre (ricardienne) – de la demande (keynésienne) – et ces pseudos combats pour protéger les « acquis » pour faire reculer « l’austérité » (sic) sont des mièvreries pour endiguer la colère montante de la classe ouvrière mondiale contre ce mode de production moribond.

    La go-gauche a malheureusement, encore une fois, un bien triste rôle à jouer dans cette comédie dramatique. Mais je prédit que cette fois -pour une fois – elle ne s’y laissera pas prendre.

    Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com

    Vous avez totalement raison de souligner

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