La leçon de Tchernobyl

Depuis la catastrophe, le site contaminé il y a 24 ans est devenu un laboratoire grandeur nature où quelques scientifiques audacieux, mènent des analyses sur place faisant d’étranges découvertes.

En effet, lors d’un documentaire récent d’Arte, (Tchernobyl, une histoire naturelle, réalisé par Luc Riolon) des chercheurs installés à proximité de « la foret rouge » de Tchernobyl vont de surprises en surprises. vidéo

Cette zone a été totalement dévastée lors de l’explosion du réacteur n°4, et tout ce qui y vivait est mort quasi instantanément : des mammifères, aux insectes, en passant par les plantes et les arbres.

Les 135 000 habitants qui y habitaient ont été évacués et ne sont jamais revenus y vivre.

Pourtant, depuis quelques années, alors que la radioactivité y est toujours importante (des milliers de fois supérieures à la normale), la vie semble y reprendre ses droits.

Bien sur, certaines espèces de plantes ont pris le dessus sur d’autres, comme par exemple les conifères qui ont été supplantés par les bouleaux.

La réponse serait-elle au niveau de l’ADN ?

En effet, la chaine ADN du bouleau est différente de celle des conifères. lien

Les scientifiques remarquent une explosion de la vie animale, sangliers, élans, chevreuils, et biches, castors, ours, loups…

Les animaux mangent sans conséquence apparente tout ce qui leur est proposé par la nature, malgré la radioactivité importante présente dans les feuilles des arbres, les plantes, l’air, l’eau et la terre.

Les chercheurs ont capturé des milliers de souris, et n’en ont pas vu une seule qui présente la moindre anomalie de croissance ou de nécrose.

Ils ont cependant constaté des anomalies de développement des cellules, mais aussi qu’elles possèdent des systèmes de défense qui compensent ces anomalies.

Sauf pour les hirondelles  lesquelles subissent un vieillissement anormal, une baisse de fertilité, et des anomalies sur la taille des ailes.

Ils supposent que cette différence viendrait du fait de leur migration laquelle aurait épuisé une bonne partie de  leur stock d’antioxydants.

Pourtant des expériences menées entre des souris de laboratoire et des souris « de Tchernobyl » ouvrirait une autre piste : les faibles doses reçues en continu, permettrait aux souris de Tchernobyl de résister mieux que les autres aux radiations.

De plus, cette exposition continue aux radiations pourrait permettre aux animaux de mieux résister aux autres poisons chimiques.

Il faut bien sur employer le conditionnel.

Une autre surprise les attendait.

Quelques temps après la catastrophe, des chevaux de Przewalskii lien avaient été introduits (ainsi que des chevaux domestiques) dans la zone interdite.

Ce sont ces fameux chevaux que l’on découvre sur les peintures rupestres, celles des grottes de Lascaux par exemple.

Ce cheval « primitif » était présent sur la planète il y a 700 000 ans. lien

Il n’en restait il y a peu que 1600 dans le monde entier, dont certains en captivité.

Contre toute attente, les chevaux de Przewalskii ont résisté sans problème et se sont même multipliés.

Comment expliquer cela ?

Les chromosomes en seraient-ils la cause ?

En effet, le cheval de Przewlaskii a 66 chromosomes, c’est-à-dire deux de plus que notre cheval domestique.

Cela aurait-il un rapport ?

La chèvre possède 60 chromosomes, le chevreuil quant à lui, en possède 70, mais une espèce sibérienne (Capréolus Pyrargus) en aurait de un à quatorze de plus. lien

Plus près de nous, le chimpanzé ou le gorille possèdent 48 chromosomes, tout comme nos lointains ancêtres, les Paninés, alors que l’homme n’en possède que 46. lien

Allons plus loin, les néandertaliens ont une similarité génétique identique à l’homme à 99,5%. lien

L’homme préhistorique résisterait-il plus facilement que nous au danger nucléaire ?

Les espèces sauvages sont-elles plus adaptées que les espèces domestiques, à la pollution radioactive ?

Ou cela vient-il du fait que les prédateurs se sont occupés des animaux les plus faibles, et ont, en quelque sorte « rétabli l’équilibre ».

On n’est sur de rien.

Cette affaire de chromosomes pourrait  intéresser quelques scientifiques « apprentis sorciers » comme le docteur Craig Venter. lien

Ce biologiste et homme d’affaire américain a été le premier à décrypter le génome humain et  vient d’insuffler la vie à une créature terrestre.

Son équipe est parvenue à synthétiser un ADN artificiel qu’elle a injecté dans une autre bactérie à la place de son propre génome.

Le nouvel être hybride s’est mis à vivre, et commence maintenant à se reproduire en permettant de donner la vie à une bactérie qu’il a baptisée « Mycoplasma mycoides JCVI-syn1.0 », laquelle se reproduit toute seule. lien

Cette naissance exceptionnelle, ou monstrueuse, selon les avis, s’est produite au milieu du mois avril dernier.

L’homme est-il en train de se prendre pour Dieu ?

Çà y ressemble, mais si la réponse à la lutte contre la pollution radioactive était de l’ordre de la chaine ADN, ce ne serait pas surprenant qu’un scientifique tente un jour de la modifier.

Le plus sage ne serait-il pas de tout faire pour qu’une catastrophe comme celle de Tchernobyl ne se reproduise ?

Or, en multipliant la construction de réacteurs nucléaires, à l’évidence nous n’en prenons pas le chemin.

Même si les nucléocrates martèlent avec obstination que la catastrophe de Tchernobyl ne peut plus se reproduire, on ne peut qu’émettre des doutes légitimes sur ces affirmations.

Le pire n’est jamais certain. lien

Trois allemands sur quatre sont inquiets. lien

Dans le monde entier, les accidents se multiplient :

Au Japon après l’incendie dans le surgénérateur de Monju en 1995, la fuite radioactive à Tôkal-mura en 1999 (2 ouvriers morts, évacuation de centaines de personnes), la fuite radioactive à Mihama en 2004 (5 ouvriers morts), et le séisme de Kashiwazaki-Kariwa en 2007, il n’y a plus que 27% des hommes et 9% des femmes à penser que l’énergie nucléaire est nécessaire. lien

En France, on a décidé de prolonger la vie des réacteurs en rafistolant le matériel usagé, (lien) et au vue des derniers exercices de sécurité, on est en droit de s’inquiéter pour la suite des évènements.

A lire sur ce lien diverses péripéties qu’ont connu les habitants, et les techniciens de la centrale de Fessenheim, et qui ne sont pas rassurants.

Malgré toutes les précautions prises, (lien) nous savons que les centrales nucléaires ne sont pas à l’abri d’une attaque terroriste, et que les sites ne résisteraient pas à la chute d’un avion de ligne. lien

Un sondage récent fait apparaitre que 97% des français sont favorables au développement des énergies renouvelables. lien

Pourquoi ne pas se tourner dés maintenant vers les énergies propres et renouvelables, suivant l’exemple des pays modernes, plutôt que de continuer sur cette voie suicidaire et hasardeuse, où tous les apprentis sorciers du monde tentent de nous entraîner ?

Car comme disait mon vieil ami africain :

« Le lion dort avec ses dents ».

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