«La marchandisation» la nouvelle marchandise que la gauche écolo-bobo veut nous vendre

Par Gérard Bad.

 

C’ est surtout l’ association ATTAC, qui a mis en avant ce concept, elle voulait face au retour du Libéralisme et de la libre concurrence tracer une frontière entre ce qui est normal de faire passer sous les fourches du libéralisme et ce qui devrait, selon elle, rester intouchable, le secteur non marchand.

De la ils ont entrepris une croisade contre ceux qui au nom de la mondialisation s’ attaquent à ce qu’ils appellent les échanges non marchand (la santé, la culture, les service publics…). Ils pensent que le capitalisme devrait en revenir à l’ économie mixte, au capitalisme keynésien et d’ autres variantes. Ils ne se posent pas la question du pourquoi le capitalisme a fait son retournement monétariste en 1979. C’est avec l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en Grande Bretagne, début 1979, que le mouvement de « libéralisation » du capital de son volet social va commencer.

En 1980, Ronald Reagan va prendre le relais et depuis tous les pays occidentaux ont appliqué et applique chaque jour la « déréglementation ». Le Thatchérisme est venu balayer tout ce que le capital ne pouvait plus supporter dans ses cadres nationaux. La marchandise force de travail des gueules noires devait être sacrifiée sur l’ autel de la libre concurrence ( la gréve des mineurs 1985).

Face à cette offensive la gauche écolo bobo, s’est repliée dans un premier temps sur un ordre moral « il y a des secteurs que le capital ne doit pas atteindre » « On peut regretter l’évolution d’un monde où chacun achète et (se) vend, et juger lamentable que l’auto-stop d’antan revive comme pratique marchande.»

De la les éternels appels à l’État pour qu’il ne lâche rien sur le plan économique , seulement l’Etat se déleste chaque jour un peu plus de ses participations dans le secteur économique, et renforce son rôle régalien. L’État en a cure des poussées protectionnistes et des petits pré-carrés régionalistes destinés à masquer que le grand conflit reste toujours celui d’ une classe-contre une autre à l’ échelle mondiale.

Pour cette gauche bobo, le fait que la force de travail soit une marchandise mise en concurrence sur le marché mondial ne leur semble pas prioritaire pour la simple et bonne raison que c’ est grâce à la ponction de la plus-value sur le monde du travail que l’État finance la fonction publique.  Dés lors que le siphonnage de la plus-value s’est internationalisé, que chaque capital national n’ a subsisté qu’en ayant une dimension capable d’ affronter les plus grands groupes à l’international, l’ attachement de ces multinationales à la reproduction locale des forces de travail et de ses statuts sociaux ne présentait plus aucun intérêt, la fiscalté étant devenue la bête noire de ce capital apatride celui-ci allait s’investir la ou il n y a pas de salaires différés.

La gauche écolo bobo veut un capitalisme vert, qui protège les ressources naturelles, l’eau la biodiversité, les libertés artistiques, elle s’élève contre la marchandisation de l’ enseignement, du corps notamment de la femme, des villes avec la gentrification… Le capitalisme ne serait pas le capitalisme s’il ne cherchait pas à poursuivre son accumulation en exploitant toutes les failles de son propre système en liquidant ses canards boiteux, la pléthore du capital comme le disait K. Marx.

L’État français pour des raisons historiques, s’est trouvé contraint après la seconde guerre mondiale de recourir massivement à l’État pour moderniser son économie. Dés que les limites du développement de l’ impérialisme français furent atteintes, fin des guerres coloniales, la survie du capitalisme français allait dépendre de la mise en place de l‘Union européenne, notamment pour la mise en place d’une armée européenne.

En 1981, la gauche PC/PS arrive au pouvoir avec son «  programme commun » de nationalisations. Le gouvernement Mauroy fait promulguer, le 13 février 1982, la loi sur les nationalisations. Les principaux groupes industriels français (Thomson, Saint-Gobain, Rhône-Poulenc, Pechiney, Sacilor, Usinor) sont visés, mais aussi 39 banques et compagnies financières (Paribas, Suez, CIC, Crédit du Nord…). Plus de 15 % du secteur privé passe alors sous contrôle de l’État, soit 30 % du chiffre d’affaires de l’industrie et 95 % de l’activité de crédit !

La tentative protectionniste de l’État, par le truchement des nationalisations sera un feu de paille,le 4 janvier 1983   F. Mitterrand déclare que « L’État n’ est que la solution ultime, à laquelle on a recours « lorsque son action devient à l’ évidence indispensable » et il doit être « allégé de pouvoirs inutiles et pesants » Le programme va être clair : allègement des charges pesant sur les entreprises, compressions des dépenses sociales, rigueur salariale du secteur public, réduction pour 1985 de 5500 fonctionnaires. De 1986 à 1988 , le gouvernement français prend de nouveaux engagements contre le salariat (libéralisation des prix, suppression du contrôle des changes, développement de la concurrence, lutte contre les rigidités concernant l’embauche et dénationalisations).

 

La fin du « Welfare State » (État providence).

La « dame de fer » a fait du bon boulot pour le capitalisme, elle est donc remerciée et démissionne le 22 novembre 1990, c’est la fin des croisades contre le « Welfare State » (État providence).  Aux USA Bill Clinton est réélu sur un programme de relance de l’économie par des dépenses publiques, il parle de « réinventer l’état » et d’une réforme en profondeur du système de protection sociale.

En France le gouvernement Rocard, veut un « renouveau du service public » mais en pratique il va préparer le terrain au gouvernement Balladur et ses privatisations. En 1993, 21 groupes visés : Renault, air France l’Aérospaciale, en 1994 privatisation totale d’Elf-Aquitaine et de l’UAP.

Le programme commun de la gauche est nié jusqu’à la moelle des os. Plus de 65 groupes (banques, compagnies d’assurances, entreprises industrielles), seront privatisés . Ce programme va toucher les nationalisations de 1982, voire de 1945. Il est accompagné, avec un certain retard sur le programme de Thatcher, d’une remise en cause de l’État providence et d’une « mutualisation » des différents statuts protecteurs entre secteur public et privé. La remise en cause de l’âge pour prendre sa retraite et le désir d’aligner les fonctionnaires sur le privé fournira le carburant à l’explosion sociale de 1995. Ce volet anti-social de l’État est toujours d’ actualité et le macronisme ne fait que poursuivre l’ère de la cohabitation (gauche/droite) avec plus de détermination.

L’instauration d’une économie ouverte en Europe et dans le monde va rendre les capacités de régulation de l’État de plus en plus illusoires, la loi de la valeur frappe à la porte et menace maintenant des industries nationales et aussi européennes. Les secteurs monopolisés et protégés par l’État vont de moins en moins résister aux privatisations (c’est-à-dire à la mise en concurrence sur le marché proprement capitaliste des entreprises et des prolétaires privatisés).

Au grand dam des écolos bobo, voilà que maintenant on « marchandise » l’État et on veut vendre ses bijoux de famille « le château de Versailles et la tour Eiffel », même les communes commencent à vendre églises, châteaux, abattoirs, moulins, palais de justice pour ne pas augmenter les impôts locaux. La SNCF/RFF « marchandise » ses gares, vend ses terrains. Pour alléger la dette de la SNCF. une colonie de vacances tombent sous les coups de la « marchandisation ».  La ville de Clichy a publié le 26 décembre 2016 une petite annonce sur le site Leboncoin.fr. Cette commune des Hauts-de-Seine a décidé de se séparer de son centre de vacances situé en Auvergne.la ville de St Brieuc celui de caroual.  Et voilà que l’ on s’ attaque au bon beurre français, il flambe à cause de sa marchandisation à l’international, les américains ne pense plus qu’il est nocif et en consomme, les chinois aussi qui mangent de plus en plus de pâtisserie. Résultat la hausse du prix du beurre est de 172% depuis 20 mois, avec une flambée de 7% cet été suite à une pénurie dans les super marché.Le capitalisme ne serait pas le capitalisme s’il n’ exploitait pas tout ce qui peut lui rapporter, même sous une forme mafieuse comme le trafic des être humains et la vente d’ organes.

La gauche écolo bobo, voudrait que le capitalisme épargne certains secteurs (en principe le leur) qu’il ne faudrait pas exploiter, car d’ utilité publique, leur protectionnisme s’ étend aux villes qu’il ne faut pas marchandiser alors comme à Bordeaux ils s’insurgent contre les Parisiens qui se jettent sur l’immobilier et font monter les prix.

 

Gérard Bad.  Le 29 octobre 2017.

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