La Pourritose bientôt sur vos écrans?

Allan Erwan Berger

@pourrito, twitteur enragé rouge, n’a aucune patience ni avec les crétins panurgistes, ni avec les cons qui croient en lémédia comme d’autres croient au petit Jésus, ni avec les larbins, les salauds ou les traîtres à l’espèce. Chaque matin nous l’amène indigné, énorme fouteur de merde, une sorte d’anti-Hulk (pour les celles & ceusses qui ne suivent pas les commentaires sur Rue89, Hulk est ou était un troll de droite de première grandeur ; mais là où les autres trolls sont cons et veules, lui est phénoménalement franc, assumant tout, chiant ouvertement sur qui ne lui plaît pas, et claironnant le résultat avec force épithètes).

Je me disais donc, en lisant les tweets, ou plutôt les cracoucasseries de l’ami Pourrito, que nous gagnerions à les voir condensées en quelques poèmes d’art brutal et bien senti. Et je me propose, tout frétillant, pour les lui encoder en un ePub d’un rouge brique soutenu, le jour où l’envie lui prend de gueuler en grand. Évidemment, l’édition des injures est un sport un petit peu extrême et hasardeux ; les avalanches d’avocats qui en découlent ne sont pas pour nous laisser les poches pleines. Mais je trouve que le jeu vaut d’être tenté : agonir d’injure une victime qui les mérite, sans qu’elle puisse se retourner contre toi.

Évidemment, dans notre monde fort sourcilleux, deux écueils empêchent l’imprécateur d’être vraiment lui-même : d’abord les précitées avalanches d’avocats, qui vous obligent, avant toute utilisation d’un mot, de bien vous convaincre qu’il s’agit moins d’une insulte que d’une description. Mais aussi, second écueil, nous guette la sévère pénurie d’insultes sanglantes. Aujourd’hui par exemple, traiter une personne de pute ou d’enculé n’est pas sans conséquences morales pour l’insulteur : en effet, les putes, qui sont des personnes courageuses dont la vie n’est pas faite de soie, de ris et de friselis, pourraient ne pas tout à fait apprécier de se voir utilisées comme métaphores, épithètes ou objets d’analogie, pour caractériser une personne que peut-être elles-mêmes abhorrent. Cette remarque vaut évidemment aussi pour les enculés, qui font bien ce qu’ils veulent de leur prostate, et d’ailleurs qui pourrait dire : « Fontaine, je ne boirai jamais de ton eau » ? Donc, bon… Finalement, il n’y aura bientôt que les plus infects connards moisis pour considérer encore que « pute » et « enculé » sont des insultes (pauvre Pourrito qui ne méritait pas ce voisinage ! Tiens, je vais me flageller). Qu’ils crèvent, en technicolor (sauf Pourrito) en public et sous les applaudissements de la foule imbécile. Je veux bien jeter la première pierre. Mais par quoi remplacer tout ça ? Par de l’esprit ? Par de l’esprit !

Bien ! À part le fait que j’ai mis deux R à Charest qui n’en n’a besoin que d’un, tout est clair. La réponse de Laurendeau, alias Ysengrimus, si elle est talentueuse, reste tout à fait convenable cependant. Avocats avides, piétinez dans les ténèbres extérieures.

Jean Arrêt

Jeune-vieux politicard combinard,
Labile, pugnace, roué, hagard,
Cartouche bien nichée dans sa douille,
Il posait un si tendre et poupin regard
Sur les magouilles et les embrouilles.

Conservateur libéralisé,
Fédérateur provincialisé,
Il n’avait pas peur du retard
Vers lequel il forçait à avancer
Ses arpents de neiges. Ti-Jean le Malabar,

Sous les feuilles d’érables rouges qui bruissent,
C’était un capitaine de milice.
Il faut être colonial pour la piger celle-là.
C’est qu’il encadrait avec aplomb et malice
Cette longue occupation dont on ne parle pas.

Mixant, pour un temps, huile et vinaigre,
D’un air badin, d’un ton allègre,
Il cernait son administration dans les rets
De l’Ouest de l’Île et de la Pègre…
Allez basta, on va pas pleurer pour Jean Arrêt.

Allez Pourrito, maintenant montre ton talent ! Puisque Copé est notre futur Charest, tâche de l’assaisonner, de le pimenter, de lui poivrer la gueule, de le lacérer et de lui saler les plaies, puis de le griller bien saignant, sans qu’on puisse rien trouver à redire à la cuisson. En attendant ta contribution, voici d’Apollinaire la réponse des Cosaques zaporogues à la bafouille hautaine du Grand Con de Turquie. On peut écouter, de Ferré et aussi de Chostakovitch, les mises en musique.

Plus criminel que Barrabas
Cornu comme les mauvais anges
Quel Belzébuth es-tu là-bas
Nourri d’immondice et de fange
Nous n’irons pas à tes sabbats
Poisson pourri de Salonique
Long collier des sommeils affreux
D’yeux arrachés à coup de pique
Ta mère fit un pet foireux
Et tu naquis de sa colique
Bourreau de Podolie Amant
Des plaies des ulcères des croûtes
Groin de cochon cul de jument
Tes richesses garde-les toutes
Pour payer tes médicaments !

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Allan Erwan Berger

Le grand point est d’avoir l’oeil sur tout.

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