Quelles sont les différences entre un service public, une entreprise publique, et une entreprise privée?

La privatisation a provoqué la plus terrible panne de toute l’histoire des chemins de fer français !

http://mai68.org/spip2/spip.php?article591

Cette gigantesque panne est arrivée fin juillet 2017, pile au moment du chassé-croisé des départs et retours de vacances. Voici en conséquence un vieux texte qui rappelle des définitions malheureusement oubliées mais indispensables à la lutte de classe, et notamment à la lutte contre les privatisations.

Salut à toutes et à tous,

C’était pour soutenir il y a quelques années une grève de la SNCF que j’avais écrit ce texte. Je le publie à nouveau ici en remplaçant le sigle SNCF par La Poste, car il est indispensable de savoir qu’un service public, ce n’est pas la même chose qu’un entreprise publique. Et il faut bien connaître les caractéristiques de ces TROIS choses différentes les unes des autres que sont un service public, une entreprise publique et une entreprise privée.

25 décembre 2011

Bien à vous,
do
http://mai68.org

LA POSTE N’EST PAS UNE ENTREPRISE PUBLIQUE !

     Le service public, c’est un peu de communisme au sein du capitalisme. C’est aussi la barrière de sécurité qui interdit aux patrons du privé de trop exploiter leurs salariés. C’est pourquoi tout le monde doit se mettre en grève pour empêcher la privatisation de la Poste !

     Quand le rapport de force cesse d’être en notre faveur, nous perdons sur tous les terrains. Et en particulier sur celui du vocabulaire.

     Comme en ce moment, grâce à divers mouvements de contestation telles que les grèves, les émeutes etc., le rapport de force est en train de nous redevenir favorable, il est bon de rappeler un certain vocabulaire de base.

     Les entreprises privées appartiennent à un ou plusieurs patrons. Évidemment, le but des patrons est uniquement de faire un maximum de profit. Les employés sont esclavagés le plus qu’il est possible.

     Les entreprises publiques, ou entreprises d’État, appartiennent totalement à l’État. Elles ne bénéficient pas du monopole et cherchent à faire du bénéfice. Mais, appartenant à l’État, elles sont censées moins esclavager leurs salariés, qui ne peuvent pas se faire virer aussi facilement que dans les entreprises privées et ont donc un droit effectif de grève nettement supérieur. Les entreprises publiques sont un intermédiaire entre service public et entreprises privées. Par exemple, Renault était une entreprise publique.

     Les services publics appartiennent totalement à l’État, ils bénéficient d’un monopole total et ne sont pas du tout à la recherche du profit. La recherche d’un quelconque bénéfice ne les intéresse en rien ! Leur seul but est de rendre service au public. Et en particulier à leurs propres salariés.

     Par exemple, les PTT étaient un vrai service public. C’est-à-dire que ses salariés étaient des fonctionnaires et ne pouvaient quasiment pas se faire virer, mais aussi, les PTT rendaient exactement les mêmes services à une personne complètement isolée au fin fond de sa campagne qu’à quelqu’un habitant en plein centre-ville.

     Par exemple, les PTT installaient le téléphone à la personne habitant à la campagne pour le même prix que si elle avait habité en ville. Alors que si elle est complètement isolée à 50 km de tout village, il va falloir installer 50 km de poteaux téléphoniques. Seule la non recherche de bénéfices et donc le monopole total permettait cela.

     Mais les services publics rendent aussi un autre service inappréciable. Les salariés du service public peuvent se mettre en grève plus facilement que les autres. Une fois les services publics en grève, il est plus facile aux salariés des diverses entreprises de se mettre en grève aussi. Et de toute façon, ce que les salariés du public (les fonctionnaires) réussissent à obtenir finit à un moment ou à un autre par être acquis aussi pour les salariés des entreprises, même privées !

     La Poste n’est pas une entreprise publique :

    La Poste est un service public, ce qui est beaucoup mieux qu’une entreprise publique ! En ce moment, le pouvoir nous « promet » : « La Poste est une entreprise publique et elle le restera ! » Cela signifie que le pouvoir veut nous faire avaler la couleuvre que la Poste n’est dors et déjà plus un service public, mais seulement une ENTREPRISE publique ! que désormais la recherche du profit est devenu obligatoire et que le monopole doit être considéré comme perdu ! Ceci est inacceptable, et, de surcroît, c’est effectivement un pas supplémentaire vers la privatisation.

     Ce n’est pas à la privatisation rampante de la Poste à laquelle nous assistons depuis des années, mais à la privatisation progressive de TOUT le service public. C’est pourquoi la grève ne doit pas seulement toucher la Poste, mais TOUT le service public, donc aussi les enseignants. Et, si l’on tient compte que les acquis du public sont destinés à être un jour ou l’autre acquis aussi par les salariés du privé, ceux-ci aussi doivent se mettre en grève totale et illimitée.

     Comprenez bien que quand il n’y aura plus de service public, tout le monde sera perdant, et en particulier les actuels salarié-e-s du privé. Car, en ce moment, dans leurs négociations avec les patrons, ils peuvent encore viser à obtenir les mêmes avantages que dans le public. Mais quand le public n’existera plus…

     Pour vaincre la Gaule, César a vaincu chaque tribu gauloise l’une après l’autre. Si Vercingétorix a su si bien lui résister, c’est parce qu’il avait réussi a faire l’union de plusieurs tribus gauloises. Si toutes et tous, public, privé, chômeurs, SDF, immigrés, faucheurs volontaires, indépendantistes corses ou Bretons ou Basques, etc., nous nous unissons dans une même coordination, alors nous pourrons abattre le capitalisme et aussi l’impérialisme et cesser définitivement d’être des esclaves.

     GRÈVE GÉNÉRALE SAUVAGE TOTALE ET ILLIMITÉE !

     http://mai68.org/textes/coordination.htm

Merci pour votre attention,
Meilleures salutations,
do
http://mai68.org

Post-scriptum :

0°) Celles et ceux qui veulent voir l’importance des questions de vocabulaire peuvent lire mon texte sur le concept :

http://mai68.org/liens/concept.htm

1°) Sur l’union des diverses révoltes avec les révoltes indépendantistes, lire ceci :

http://mai68.org/ag/837.htm

2°) Nous devons faire grève pour plusieurs choses. Et aussi pour empêcher la destruction-privatisation de la Sécurité Sociale. À ce sujet, il est à noter qu’on ne parle déjà plus de « Sécurité Sociale », mais d' »assurance maladie », comme si la sécurité sociale avait déjà été privatisée et que désormais il fallait prendre une assurance privée !

3°) Nous devrons reconquérir une vraie sécu et un vrai système de retraites pour toutes et tous (travailleurs du public ET du privé !) comme il y a quelques dixaines d’années.

http://mai68.org/journal/N53/7fevrier2001.htm

4°) Nous devrons obtenir une re-nationalisation totale de tous les services publics privatisés ou semi-privatisés (et en voie de privatisation : « ouverture du capital » étant une expression inventée par Jospin, puis reprise par la droite, et destinée à camoufler vaguement la réalité de certaines des couleuvres qu’on a voulu nous faire avaler) depuis 25-30 ans ! Un retour au VRAI service public doit à tout prix être obtenu. Même si pour cela il nous faut totalement sortir de l’Europe !

5°) L’argent possédé par les capitalistes et en particulier par les banques est de l’argent qui nous a été volé :

http://mai68.org/tracts/patrons/Lespatrons.gif

La même BD, mais de meilleure qualité prête à être tirée sur un tract ou au dos d’un tract :

http://mai68.org/tracts/patrons/patrons.bmp

6°) Le déficit public, c’est de l’argent que l’État doit à des banques privées. C’est de l’argent qui a servi par exemple a financer la sécu ou la retraite. Comme l’argent possédé par les capitalistes en général et par les banques en particulier est de l’argent qui nous a été volé, il serait légitime que cet argent dû aux banques privées par l’État continue à ne pas être remboursé ! Cela ferait ainsi revenir vers la population une infime partie de ce que le capitalisme lui a volé. La richesse des riches, par rapport aux pauvres qu’ils exploitent, se compare évidemment à la richesse d’un paysan par rapport à ses vaches ! Les riches sont riches : ils peuvent payer !

http://mai68.org/textes/riches.htm

7°) Ne vous suicidez plus, vengez-vous en semant la révolte partout et en mettant ce pays en grève. Considérons chaque suicide comme un appel à la grève générale ! Combien faudra-t-il de Jan Palach pour en arriver à donner une suite sérieuse à mai 68 ?

8°) Diffusez ce texte partout où vous pourrez !

3 pensées sur “Quelles sont les différences entre un service public, une entreprise publique, et une entreprise privée?

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    2 août 2017 à 12 12 32 08328
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    @ DO

    Je dois malheureusement te contredire mon cher camarade. Tu présentes une définition non matérialiste dialectique – non marxiste en fait – et trompeuse du concept de SERVICE PUBLIC

    TU ÉCRIS CECI « Les services publics appartiennent totalement à l’État, ils bénéficient d’un monopole total et ne sont pas du tout à la recherche du profit. La recherche d’un quelconque bénéfice ne les intéresse en rien ! Leur seul but est de rendre service au public. Et en particulier à leurs propres salariés. »
    Faux, et cette erreur de ta part procède de ta méconnaissance de ce qu’est L’ÉTAT SOUS le mode de production capitaliste.
    1) Traitons de l’État d’abord et nous traiterons des services publics fournis par cet État capitaliste ensuite.
    2) L’État est l’état-major = le comité central = l’organisme de gouvernance du mode de production capitaliste – de la société capitaliste dans son ensemble. L’ÉTAT est totalement au service du système et de la classe dominante et dirigeante de ce mode de production. Même l’État soi-disant PROVIDENCE qui dans les années 1980-1990 a EN OCCIDENT ESSENTIELLEMENT construit des services publics au service des capitalistes.
    3) L’État bourgeois tantot nationalise des entreprises afin de leur injectés des FONDS PUBLICS afin que ces entreprises se modernises et parviennent à faire concurrence à d’autres monopoles de d’autres pays. L’État quand tout cela est bien monté – privatise les entreprises nationalisées si requis. L’État privatise les profits et socialise les investissements et les pertes.
    4) L’État bourgeois doit assurer la REPRODUCTION DES FORCES DE PRODUCTION (Former – soigner – éduquer – distraire – formater la classe prolétarienne qui produira la plus-value dont s’abreuve la classe capitaliste réelle propriétaire de l,ÉTAT bourgeois.
    5) L’État enfin réprime – judiciarise – endigue le mécontentement populaire dans les contexte de crise économique systémique – récurrent.
    6) Le fait que l’on trouve nécessaires et avantageux les services publics n’empèche pas ces derniers d’être des services économiquement rendus au bon fonctionnement du mode de production pour le bénéfice des riches. Ainsi l’État réinvestit dans la recherche universitaire STRICTEMENT parce que cette recherche fournit les INNOVATIONS TECHNOLOGIQUES QUI permettront aux impérialistes francais d’affronter la concurrence de leurs concurrents amis et ennemis.
    7) La poste est maintenu parce qu’elle fournit des services de distribution pas cher aux capitalistes du commerce et de la finance (distribuer les factures et les colis) Si la poste – service public est attaquée c’est que des entreprises privées sont à meme de prospérer sur certaines sections de marchés que la Poste est invitée à délaisser afin de les laisser profiter de cette manne
    8) Les services publics sont les faire valoir des services et des entreprises privées.
    9) Pour la question des PROFITS Ici au Canada je pourrais te nommer quelques services publics -assurés par l’État et lui rapportant des profits mirobolants (LOTO-QUÉBEC, La SAQ, la SAAQ, HYDRO-QUÉBEC – etc.) La question de profit ou pas profit est circonstancielle et non une question de principe pour l’État des riches.

    Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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      8 août 2017 à 7 07 40 08408
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      Salut Robert,

      C’est toi qui, pour le coup, n’est pas dialecticien.

      Car tu oublies l’essentiel : la lutte des classes !

      Les services publics, et divers autres « acquis », ont été obtenus en France par le prolétariat et ses alliés grâce à un rapport de force essentiellement obtenu par la résistance à l’ennemi nazi pendant la guerre (Conseil National de la Résistance) ; et ont été maintenus ensuite, voire améliorés, par les grèves. C’est ainsi que l’État providence, c’est juste après guerre, et non pas dans les années 1980-90. S’il a été institué par la bourgeoisie, c’est pas parce que ça lui faisait plaisir ; c’est parce que c’était nécessaire pour éviter la révolution. En effet, après guerre, au moins la moitié des résistants avaient conservé leurs armes. Et la classe dominante avait très peur de l’exemple de la Russie soviétique, qui avait vaincu les nazis. Nazis qui avaient été financés par le capitalisme international pour combattre la révolution :

      http://mai68.org/spip/spip.php?article3490

      Quant à cette histoire de nationaliser les pertes et de privatiser les bénéfices, c’est seulement dans les années Mitterrand que cela s’est produit. Et encore cela s’est vu surtout après 1983-84, quand, après la manif de 1 000 000 de personnes contre la nationalisation des écoles privées, la politique de Mitterrand s’est inversée.

      Amicalement,
      do
      http://mai68.org/spip2

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      • avatar
        8 août 2017 à 13 01 55 08558
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        @ do

        1) jE SUIS D’ACCORD AVEC TOI QUE LES AMÉLIORATIONS DES CONDITIONS DE VIE DE LA CLASSE OUVRIÈRE SONT LE RÉSULTAT DES LUTTES DE RÉSISTANCE DE LA CLASSE – À CONDITION QUE LES HAUSSES DE PRODUCTIVITÉ PERMETTENT AU CAPITAL DE CÉDER CES AMÉLIORATIONS SANS ENTRAINER LA PERTE DE COMPÉTIVITÉ ET LA PERTE DE MARCHÉ ET LA BAISSE DES PROFITS. Sinon la seule chose que les ouvriers arraches en exigeant des hausses de salaires extravaguant (relativement) c’est la faillite et la fermeture de l’usine. C’est la raison pour laquelle les révolutionnaires sont conscient des limites de la lutte revendicatives ou de résistance et explique aux ouvriers que seul le renversement du mode de production peut résoudre définitivement ce paradoxe.

        2) NON camarade la bourgeoisie n’a pas offert des concessions ou l’État providence parce que ca lui faisait plaisir – la jouissance d’une classe n’est pas un principe de la LUTTE DES CLASSES CAMARADES. Le capital l’a fait pour garantir ses marchés – donner l’assistance sociale aux pauvres pour qu’ils puissent consommer et leur permettre de réaliser la plus-value… (exemple)

        3) l’ÉTAT PROVIDENCE S’ÉTALA EN GROS SUR LA PÉRIODE DES TRENTE GLORIEUSES 1945-1975

        4) Jamais ces concessions ne deviennent des « ACQUIS » définitifs. Sitôt les Accords de Grenelle signés le capital français commenca a les contester et à rogner ces soi-disant « acquis » par la porte arrière et de toutes les manières. C’est cela LA LUTTE DES CLASSES CAMARADES.

        Salut man
        robert bibeau http://www.les7duquebec.com

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