La rentrée sociale sera chaude… prédit Laurence Parisot !

La nouvelle, brutale, est tombée en ce début d’été. Et ce n’est même pas nos braves syndicats de salariés qui ont été fichus d’en être à l’origine. Mais le Medef de Laurence Parisot, patronne des patrons. Non pas dans l’Humanité, mais dans le Figaro. Oui, la rentrée sociale sera diablement chaude.

Dépôts de bilans en veux-tu en voilà

Car ce qui devait arriver est en train d’arriver. À trop se tendre, la corde économique est en train de se rompre. On a retenu la catastrophe le temps d’une campagne électorale. Mais les faits sont cruels qui vous reviennent comme boomerang en pleine figure. Sans attendre la lumineuse reprise promise par le brave président Hollande.

À la rentrée, prédit Laurence Parisot, sans même se parer d’un conditionnel de précaution, le nombre des dépôts de bilan sera « significatif », « massif », touchera « les PME et certaines entreprises de taille intermédiaire ».

Des milliers d’emplois disparaitront à jamais, assène sans ciller la dame patronnesse, citant Barack Obama, l’ex sauveur de l’Amérique, au moment de la crise automobile aux États-Unis :

« Il y aura des emplois qu’on ne retrouvera pas, il y aura des usines qu’on ne rouvrira pas. »

Des étés pourris

Mais Laurence Parisot ne va tout de même pas jusqu’à mettre la catastrophe sur le dos de la “Grande perdition”, cette crise qui sévit depuis maintenant cinq ans, au grand dam des grands de ce monde, qui dansent comme gros insectes patauds impuissants dans leurs conclaves stériles.

Non, juste la faute à la période estivale, dis donc ! Qui donne une insolation sévère aux comptes des infortunées entreprises, sèche impitoyablement le gosier de leurs tiroirs-caisses. Et les étés plus pourris les uns que les autres se succèdent à un rythme infernal.

« Nous tirons la sonnette d’alarme. Depuis une dizaine d’années, chaque année, la situation est un peu plus grave. »

Chaque année depuis trois ans, ce sont 60 000 entreprises qui disparaissent, déplore l’honorable miss météo sociale. Et les emplois qui vont avec. Mais à la rentrée prochaine, ça va être pire que pire. Et en fait de PME ou d’entreprises de « taille intermédiaire », c’est le mastodonte Peugeot et ses futurs 10 000 emplois supprimés qui sont cités.

Sacrifices salariés expiatoires

D’ordinaire, lorsqu’un syndicat patronal brandit la menace d’une crise sociale, c’est pour obtenir un renfort d’aides sonnantes et trébuchantes de la part de l’État. Mais madame Parisot n’en est plus là. Elle est entrée désormais dans l’imploration sacrificielle et l’incantation vaudou.

Oui, il va falloir que la secte laborieuse accepte des restructurations saignantes. Oui, il faut que…

« … tout le monde comprenne que si on veut que ces entreprises soient à nouveau performantes et puissantes et leaders au niveau mondial, dans cinq ou dix ans, il faut accepter des ajustements, il faut accepter des restructurations. »

Et la grande prêtresse, saisie par la transe, d’en appeler à “pacifier les licenciements” et à l’inscription de la “liberté d’entreprendre” au fronton de notre biblique Constitution (je mets un lien vers un article de la Croix pour faire genre).

Vivent les vacances quand même !

Bon, c’est pas tout ça, comment on organise nos vacances avec cette météo merdique ? Avec cette flotte, prévoir des chasses à l’escargot, ça nous fera toujours des réserves à becqueter.

Et puis les vers vont remonter, très bon comme appât pour piquer du poisson. Pas de souci d’arrosage, ça fera pousser nos légumes. Paraît qu’on peut même cultiver son potager sur les toits des villes.

Quand ça chauffe, c’est toujours les plus malins qui s’en sortent. Et tant pis pour les fidèles ahuris, toujours majoritaires, forcément majoritaires, à se résigner à encore plus de rigueur au nom du salut patronal.

C’est du moins un sondage très opportun qui le dit dans le Jdd du dimanche 8 juillet. Enquête réalisée par qui ? Par l’Ifop. Patronne : Laurence Parisot.

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