La richesse du maître se mesure à son nombre d’esclaves

Je sais très bien que Karl Marx a cru avoir démontré « scientifiquement » que l’augmentation des forces productives produirait automatiquement la révolution. Et Je sais très bien que Karl Marx a expliqué que l’augmentation de la population fait partie de l’augmentation des forces productives. Mais…

Karl MarxLa richesse du maître se mesure à son nombre d’esclaves

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Bonjour à toutes et à tous,

Je sais très bien que Karl Marx a cru avoir démontré « scientifiquement » que l’augmentation des forces productives produirait automatiquement la révolution. C’est la raison pour laquelle de nombreux marxistes m’ont qualifié de « volontariste », car j’ai toujours pensé que si la révolution devait arriver par la seule magie de l’augmentation des forces productives ; alors, depuis le temps que Marx est mort et que les forces productives augmentent exponentiellement, la révolution devrait déjà être là depuis longtemps, pourtant… « Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? » Niente ! Et puis, intuitivement, ça ne tient pas, une révolution contre les patrons qui se fait toute seule sans même avoir à faire l’effort de se mobiliser et de tenter de mobiliser la classe opprimée. Mais en le faisant (en me mobilisant et en mobilisant), ou en tentant de le faire, je me suis souvent fait traîter de « volontariste » par les marxistes orthodoxes. Il se trouve que je ne suis pas un marxiste othodoxe, puisque je suis tout autant anarchiste que marxiste.

Et Je sais très bien que Karl Marx a expliqué que l’augmentation de la population fait partie de l’augmentation des forces productives. C’est la raison pour laquelle il a combattu Malthus. Parce qu’il avait peur que si les gens arrêtaient de faire des gosses, les forces productives n’augmentent pas assez pour produire automatiquement la révolution.

Ceci dit, je n’ai jamais lu Malthus et je me fous de lui comme de mes premières chaussettes (peut-être à tord !) Mais Marx, qui aimait l’histoire et le matérialisme historique, serait là aujourd’hui, il dirait peut-être, lui qui combattait les idéologies au point de dire avant de mourir : « Je ne suis pas marxiste » (sous-entendu au sens idéologique du marxisme), lui qui se voulait scientifique, il serait là aujourd’hui, il accepterait très probablement de constater scientifiquement que l’histoire a fait son expérience : les forces productives n’ont cessé d’augmenter terriblement, mais ce qui est venu avec elles, ce n’est pas la révolution qu’il croyait automatique, mais la contre-révolution facilitée par un fascisme technologique toujours plus grand. Plus grand chaque jour qui passe. Plus grand à chaque invention scientifique dont l’exploitation technologique permet au maître de mieux contrôler l’esclave. Car c’est évidemment le maître qui décide dans quel sens vont les progrès scientifiques et dans quels sens ils seront exploités technologiquement. C’est le maître qui décide quelles recherches il financera, quelles recherches il fera connaître, et lesquelles il laissera crever dans leurs coins, méconnues et sans fric. C’est le maître qui décide du sens du « progrès », puisque c’est lui qui le commandite. Et l’intérêt du maïtre, c’est le contrôle de l’esclave, pas sa libération.

Alors, il faut arrêter avec la magie de l’augmentation des forces productives, et il faut donc aussi arrêter avec le « Croissez et multipliez » de la Bible, repris bêtement par Karl Marx, et il faut bien prendre conscience que la richesse du maître se mesure à son nombre d’esclaves. C’est la vraie raison pour laquelle on a partout à la télé et dans les publicités de la propagande directe ou indirecte, cachée (subliminale) ou non cachée, pour faire le plus de gosses possible. À tel point qu’il devient incompréhensible que les révolutionnaires ne se disent même pas que si le pouvoir veut à tout prix que l’on fasse le plus de gosses possible, c’est qu’il faut bien au contraire faire la grève des gosses.

Il faut bien se dire aussi que plus on est nombreux, et plus la démocratie est difficile. La surpopulation justifie en quelque sorte la dictature.

Sur certains points, Karl Marx s’est totalement trompé.

Bien à vous,
do
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