La santé en bouteille

 

OLIVIER CABANEL :

C’est une banalité aujourd’hui d’acheter de l’eau en bouteille, malgré les pouvoirs publics qui nous affirment, péremptoires, que « l’eau du robinet » est bonne à boire, oubliant souvent qu’elle est riche en nitrates, lesquels sont dangereux pour notre santé…

Bien sûr, ces nitrates se trouvent au dessous de la norme, ce qui permet d’autoriser la vente de l’eau, mais ce serait oublier que la norme n’empêche pas le danger, et que ces nitrates, dès le premier microgramme, ont un effet néfaste sur notre organisme : plus leur nombre est important, moins notre sang pourra se régénérer.

Ces nitrates se transforment en nitrites au contact des sucs digestifs, provocant ainsi l’appauvrissement de notre sang. lien

Alors logiquement, à moins d’avoir une eau qui affiche « nitrates zéro », le consommateur préfère acheter de l’eau en bouteille, ce qui n’est pourtant pas sans danger, car si de nombreuses eaux en bouteille affichent une quantité de nitrate proche du zéro, d’autres risques existent

En effet, il n’y a hélas pas que le nitrate : il y a aussi les pesticides, et en 2012, le ministère de la santé à modifié la norme, en la rendant moins contraignante, afin de faciliter la commercialisation de l’eau.

Officiellement, au-delà de 0,1 microgramme par litre, l’eau ne pouvait être distribuée, mais grâce à la publication en février 2011 d’une instruction de la DGS (direction générale de la santé), la tolérance juridique est moins contraignante puisque de l’eau contenant 2 microgrammes au litre de pesticide atrazine est autorisée à la vente.

Ce qui a scandalisé, entre autres, le lanceur d’alerte François Veillerette, dénonçant une amélioration statistique de la qualité de l’eau, alors qu’en réalité elle est plus dangereuse et qui a déclaré : « cette amélioration en trompe l’œil n’est due qu’à une manipulation des valeurs de pesticides acceptées dans l’eau et pas à une véritable amélioration de la situation », et on sait aujourd’hui que pour dépolluer l’eau en France il faudrait débourser jusqu’à 847 milliards d’euros, ce qui par les temps qui courent n’est pas une bonne nouvelle. lien

Par contre, une substance qui est impossible à dépolluer, et qui se trouve maintenant dans nos fleuves, rivières, nappes phréatiques, s’appelle tensio-actifs : c’est le fameux agent de blanchiment dont la publicité prétend qu’il lave plus blanc que blanc…et qui fait que le touriste s’émerveillant de l’écume du bord des plages, ne sait pas qu’il s’agit en réalité de produits de nettoyage qui moussent à n’en plus finir. lien

Pas étonnant dès lors que le consommateur se tourne vers l’eau en bouteille.

Ce qui n’est pourtant pas sans danger, car il faut s’inquiéter de la qualité du plastique utilisé.

Au-delà du fait qu’il provoque une consommation de pétrole considérable, puisque ce plastique est issu du pétrole, (il faut 1,9 kg de pétrole brut pour fabriquer un 1kg de plastique PET, et pour faire une bouteille d’eau en plastique PET d1,5L, il faut 35 gr de plastique) (lien) pétrole dont notre économie est dépendante, c’est la formule chimique utilisée qui pose un problème.

Or pour connaitre la nature du plastique de ces bouteilles, il suffit de la retourner, et de s’attacher à décrypter les inscriptions qui y sont gravées.

PET ou PETE signifie que ces bouteilles peuvent libérer des métaux lourds, voire des substances chimiques affectant l’équilibre hormonal.

PVC ou 3V provoque les mêmes risques car 2 substances chimiques toxiques sont libérées.

PS libère des substances cancérogènes, et cette matière plastique est utilisée couramment pour fabriquer des tasses à café, et les sachets de restauration rapide.

Le plus dangereux des plastiques destinés à emballer la production alimentaire est le PC, il libère des substances chimiques BPA.

L’idéal serait le PEHD et les experts le recommandent, affirmant que c’est probablement l’eau la plus saine que l’on puisse trouver sur le marché, car ce plastique ne libèrerait quasiment pas de substances chimiques. lien

D’ailleurs ces emballages en plastique ne concernent pas que l’eau, puisqu’on avait appris en 2011 que les pots de Nutella contenaient du phtalate, cette substance chimique qui permet d’augmenter la flexibilité des matières plastiques, et qui migrent de l’emballage au produit. lien

Mais revenons à notre eau.

Il faut aussi évoquer « le résidu sec », dont la quantité est toujours indiquée sur les bouteilles, et qui doit être la moins minéralisée possible, si l’on ne veut pas trop abimer ses reins.

Le chiffre ne doit pas dépasser 300 mg par litre, l’idéal étant qu’il soit inférieur à 100 mg. lien

Alors quelles solutions nous reste-t-il ?

Il resterait pourtant un espoir, grâce à une découverte relativement récente.

C’est grâce à un diamant, issu des couches profondes de notre planète que cette découverte a été faite.

En effet, d’après le géochimiste Graham Pearson, la plupart des diamants se forment à des profondeurs d’environ 150 à 200 km, mais d’autres sont issus d’une région du manteau terrestre appelée zone de transition, située entre 410 et 660 km de profondeur.

Or, en étudiant les impuretés de ce diamant de 0,09 grammes, preuve à été faite de l’inclusion de ringwoodite dans celui-ci révélant ainsi la présence d’eau à cette profondeur. lien

En effet, des scientifiques ont découvert un immense réservoir d’eau, contenant 3 fois plus d’eau que tous les océans réunis de la planète, lequel se situerait à une profondeur entre 320 et 640 km sous la croute terrestre.

Cette équipe de chercheurs, sous la houlette du minéralogiste Steven Jacobsen, travaillant à l’université de Norhwestern, aux USA, ont en effet apporté les preuves de l’existence de ce réservoir d’eau, emprisonné dans une cavité composée d’une roche sous haute pression appelée ringwoodite.

Utilisant un ensemble de 2000 sismographes destinés à étudier de quelle façon les ondes sismiques se déplaçaient à l’intérieur de la terre, ils sont donc arrivés à cette conclusion. lien

La bonne nouvelle est que cet « océan » est bien mieux là où il se trouve, car, si cette eau venait à la surface, il ne resterait plus sur notre planète que les sommets de quelques montagnes. lien

Et puis, de là à imaginer pouvoir un jour récupérer cette eau, eau dont on ne sait pas si elle serait potable, il y a une marge, car il ne s’agit pas réellement d’un « océan souterrain », puisque cette eau est incorporée aux minéraux de la roche…(lien) et pour l’instant, il nous faut nous contenter de notre eau, sachant qu’au fil des années, elle est, comme on le sait, de moins en moins potable.

Alors, à part habiter la vallée de Hunza, en Himalaya, où l’eau serait d’une qualité incomparable, au point qu’elle fait des centenaires, (lien) il serait grand temps de se préoccuper de la qualité de notre eau, et surtout de cesser de la gaspiller.

Bien sûr, chacun sait que les 4/5ème de la surface de notre planète sont de l’eau, ce qui représente tout de même 1,35 milliards de km3, sauf qu’une fois enlevé l’eau salée des mers, il ne reste plus que 0,6% de cette quantité…et une fois otée l’eau qui ruisselle, rejoignant fleuves, rivières, et mer, enlevant aussi l’eau qui s’évapore, il ne reste plus que 35 000 km3 d’eau pour toutes les espèces vivant sur notre planète, plantes y compris.

Pour rester en bonne santé, il faudrait boire entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour, en dehors des autres boissons. lien

Un américain utilise pour sa consommation 4000 litres d’eau par jour, un français 1875 (lien), et un hindou ou un chinois 1000…que se passera-t-il si chaque être humain se met à consommer autant qu’un américain ?

Et puis l’agriculture intensive, avec 70% de la consommation, reste le plus gros consommateur d’eau : il faut 5000 litres d’eau pour produire 1kg de riz... (lien) et la production d’un kilo de bœuf nécessite 15 500 litres d’eau. lien

Il serait donc temps de mettre en œuvre des mesures sérieuses pour protéger ce trésor qu’est l’eau potable, mais ça ne semble pas pour l’instant préoccuper sérieusement grand monde.

Comme dit mon vieil ami africain : « fais du bien à ton corps pour que ton âme est envie d’y rester ».

L’image illustrant l’article vient de www.developpementdurable.com

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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