La vie dérégulée (1)

Dans la nuit du 2 août, à Rennes, en France, un campement de migrants a été attaqué par des nervis d’extrême droite. Malgré les témoignages, la préfecture s’est empressée de ramener l’affaire à une banale altercation entre gens pris de boisson. Le comité local du Parti de gauche a produit un communiqué, très mollement repris par la presse. Le voici, agrémenté de liens sur l’affaire, et d’un commentaire de A.E. BERGER.

 

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Agression fasciste de migrants
Le Parti de Gauche interpelle la mairie

Une centaine de migrants avaient trouvé refuge dans l’église Saint-Marc de Villejean, jusqu’à ce qu’ils en soient expulsés en mars et répartis dans le département. Depuis début juillet, une trentaine d’entre eux ont improvisé un campement à Cleunay.

Dans la nuit de vendredi à samedi, six à huit nazillons ont agressé ces migrants, en leur promettant de revenir.

Le Parti de Gauche dénonce cette violence qui démontre encore une fois la lâcheté de ces groupes satellites du Front National. Il demande que tout soit mis en œuvre pour identifier les auteurs de ces faits et que ceux-ci en répondent devant la Justice.

À ce jour, bien qu’ayant été alertée, la mairie persiste à refuser de protéger ces familles. C’est intolérable et scandaleux.

C’est pourquoi le Parti de Gauche insiste auprès de Madame la maire pour qu’elle intervienne au plus vite afin d’assurer la protection de ces familles en leur fournissant un hébergement digne, avec des conditions d’hygiène élémentaire. La rentrée des classes va concerner plusieurs enfants de ces familles ; il y a urgence.

N’est-il pas de la responsabilité de Madame la maire de veiller à ce que chaque enfant de la ville soit en mesure de préparer au mieux la nouvelle année scolaire ?

Se soustraire à ces principes humanistes, voire humanitaires, la placerait en situation de non-assistance à familles en danger.

 

Le Parti de Gauche

 

Les co-secrétaires Selin Ersoy et Jean-Paul Tual

 


Autour de cette affaire :


Commentaires :

Il est presque incroyable de devoir rappeler que les migrants ne quittent pas leur pays pour de simples raisons de confort. Ils quittent leurs familles, leurs terres. Ils quittent leurs morts. Ils disent adieu aux cimetières où reposent tous les leurs. Ils fuient une vie infecte, un avenir bouché, des corruptions insupportables. Ils fuient enfers et purgatoires. Ils amènent avec eux leurs enfants, dans l’espoir – le dernier qui leur reste – qu’eux au moins vivront moins pire. Nul d’entre ces gens ne peut être considéré comme un parasite, contrairement à nos grands repus nationaux, exilés fiscaux, copieusement optimisés, décorés, reçus, fêtés, télévisés et interviewés avec tant de complaisance par les serviteurs médiatiques de tous les chaos dérégulés.

Et pourtant ce sont ces victimes qui sont harcelées. Ils errent, coupables de n’avoir pas su résister aux vampires. Or, ils sont le miroir de notre faiblesse, et ils se pourrait bien aussi qu’ils soient les messagers de notre futur ; alors ils sont maudits, et se font tabasser au fond de la nuit.

C’est abominable de bêtise. Les gens du Parti de Gauche ne peuvent être qu’aux antipodes de telles positions. Alors, aux côtés des associations d’aide aux migrants, ils élèvent leur voix, émettent un communiqué, se rendent utiles au campement au milieu des autres humains, dignes et égaux. Là-dessus, les tergiversations de la préfecture, qui fait tout pour dénier aux migrants le statut de victimes, montrent assez que les gens de bonne volonté n’auront jamais rien d’autre que leurs mains, et votre cœur si vous le voulez bien, pour combattre des montagnes d’indifférence bien organisée.

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Mardi 5 août, au campement de Cleunay.
Image Jean-Paul Tual (CC BY-SA 3.0)

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Allan Erwan Berger

Le grand point est d’avoir l’oeil sur tout.

2 pensées sur “La vie dérégulée (1)

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    7 août 2014 à 11 11 51 08518
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    Bonjour, ‘ Il est presque incroyable de devoir rappeler que les migrants ne quittent pas leur pays pour de simples raisons de confort. Ils quittent leurs familles, leurs terres. Ils quittent leurs morts. Ils disent adieu aux cimetières où reposent tous les leurs. Ils fuient une vie infecte, un avenir bouché, des corruptions insupportables. Ils fuient enfers et purgatoires. ‘

    À force de vivre dans l’imaginaire on déconnecte de la réalité.

    La venue de la télé et du cinéma a converti la majorité en spectateur de la vie.

    Et dérangez pas mon programme!!

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    • avatar
      7 août 2014 à 16 04 01 08018
      Permalink

      A : Je ne veux pas le croire.
      Et encore moins le savoir.
      Je veux, vraiment je veux
      Fermer les yeux.
      Et puis quoi, bon sang de bonsoir,
      Tu vois toujours tout en noir !

      B : C’est toi, avec ton aveuglement,
      Qui entretiens le noir, minutieusement.

      Répondre

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