L’AUTOGESTION… miroir aux alouettes?

Recherche menée par Robert Gil

antiJ’ai récemment lu que l’alternative au capitalisme serait l’autogestion, et Je récuse totalement cette présentation des choses. En effet, ce n’est absolument pas parce que l’entreprise sera autogérée qu’il y aura émancipation! Ceci est absolument faux!

Tant que vous êtes dans les catégories du capitalisme à savoir le travail, la valeur, la marchandise et l’argent vous serez soumis aux lois du système. Le capitalisme n’a pas pour fonction de déterminer les besoins nécessaires (voire utiles) des êtres humains. Son seul objectif est de valoriser l’argent.

Lorsque l’on parle d’autogestion, donc de pseudo démocratie économique, de gestion des moyens de production par l’ensemble des salariés, vous aurez simplement l’auto-exploitation , l’auto-aliénation et l’auto-licenciement. Votre gestion se fera dans le cadre du marché, de l’achat et de la vente. Donc, la production de marchandises devra répondre à la productivité moyenne globale, à la compétitivité, à la concurrence généralisée.

L’autogestion dans le système capitaliste est un mythe qui remonte à des dizaines d’années et n’a jamais fonctionné (ou alors à la marge et peu de temps) car le capitalisme ne permet pas l’émancipation du travailleur. Celui-ci sera toujours soumis au temps de travail, donc au travail abstrait capitaliste.

L’autogestion est la marotte de pseudo révolutionnaire qui n’ont fait qu’asseoir la domination capitaliste. Nous ne pouvons pas sortir du capitalisme dit mondialisé car ce système a besoin de toujours plus de débouchés.

Il n’y a pas capitalisme sauvage (à croire que l’on pense que le bon vieux capitalisme dit fordiste était un havre de bonheur); le capitalisme atteint de telles gains de productivité notamment avec la micro-électronique, que les innovations de procédés de production ne permettent plus de contrecarrer la destruction du travail vivant par des innovations de produits et une croissance faible.

Aujourd’hui, le capitalisme détruit plus de travail humain vivant qu’il ne peut en consommer pour survivre. Nous assistons à une dévalorisation générale de la marchandise et de cette marchandise particulière qu’est la force de travail.

La dérégulation, l’hypertrophie de l’industrie financière depuis plusieurs dizaines d’années a été la réponse à l’effondrement du capitalisme fordiste qui ne permettait plus de rentabiliser le capital par la production de marchandises. Les bilans de beaucoup d’entreprises sont soutenus par la partie financière (c’est le cas de Peugeot, de Siemens et bien d’autres).

La « financiarisation » n’est pas coupable de la crise du capitalisme, mais un symptôme du délitement de celui-ci.

 CYRIL, Voir ses articles

3 pensées sur “L’AUTOGESTION… miroir aux alouettes?

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    3 février 2019 à 4 04 45 02452
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    Ah mais vous avez parfaitement raison, Robert !

    « Tant que vous êtes dans les catégories du capitalisme à savoir le travail, la valeur, la marchandise et l’argent vous serez soumis aux lois du système. »

    C’est d’ailleurs pour cela que de plus en plus nombreux on avance que la solution est hors cadre, hors système, hors État et ses institutions.

    Et d’ailleurs, en appui du Manifeste contre le Travail et ses lois, par le Groupe Krisis publié en 1999, que j’ai proposé dans une nouvelle version PDF ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2018/05/manifeste-contre-le-travail-et-ses-lois.pdf

    Car ce texte nous permet de comprendre que pour sortir du colonialisme, qui n’est nullement un système archaïque mais est aujourd’hui une constituante du système globalisé c’est, partant de mouvements locaux et nationaux, là ou nous sommes, avec nos différences, nos expériences en conjuguant nos mouvements, se donner la capacité d’influer sur l’ordre mondial. Dans le but de nous émanciper, d’échapper au paradigme mortifère induit par une mini-élite dont l’hégémonie culturelle n’a que trop duré. Et puisque nous avons déjà établi que le salut sociétaire de l’humanité réside dans la libération du dogme suprématiste parasite et criminel pour enfin vivre égaux, libres et heureux…

    Et surtout dans sa conclusion ; Puisque à l’époque moderne l’État et la politique se confondent avec le système coercitif du travail, ils doivent disparaître avec lui. Tout le verbiage à propos d’une renaissance de la politique n’est que la tentative désespérée de ramener la critique de l’horreur économique à une action étatique positive. Mais l’auto-organisation et l’autodétermination sont le contraire même de l’État et de la politique. La conquête de libres espaces socio-économiques et culturels ne s’effectue pas par les voies détournées de la politique, voies hiérarchiques ou fausses, mais par la constitution d’une contre-société.

    La liberté ne consiste pas à se faire broyer par le marché ni régir par l’État, mais à organiser le lien social soi-même — sans l’entremise d’appareils aliénés. Par conséquent, les ennemis du travail ont à trouver de nouvelles formes de mouvement social et à créer des têtes de pont pour reproduire la vie au-delà du travail. Il s’agit de lier les formes d’une pratique de contre-société au refus offensif du travail.

    En analyse dans ce billet, si vous voulez ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/03/11/pour-une-societe-des-societes-hors-etat-et-ses-institutions-contre-le-travail-et-sans-argent/

    JBL

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    3 février 2019 à 19 07 18 02182
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    Bonjour à tous. J’ai une question. C’est possible de vivre et de travailler  » librement  » dans une Société Capitaliste tout en construisant dehors de ce système néfaste? Pour moi,oui!

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