Le danger de guerre est aux portes de l’Europe

Par Gérard Bad. Le 1.03.2019. Sur le webmagazine Les7duquebec.com

 

Avant-propos

Ce n’est certes pas dans nos convictions que de mettre en avant les rivalités impérialistes, considérant que la contradiction principale dans le monde est celle entre le camp capitaliste qui a le monopole de l’exploitation et le camp prolétarien.

Toutes les guerres engendrées par le capitalisme impérialiste se présentent comme un repartage du monde, un accès aux matières premières, un besoin d’espace vital, ou l’occupation stratégique de tel ou tel pays en prévision d’une guerre plus importante, voire la destruction du potentiel économique de l’ennemi, pour s’ouvrir des marchés. Cependant, si les peuples ne se laissent pas entrainer dans la guerre, s’ils se mettent à déclencher une guerre civile révolutionnaire et même une simple opposition, les capitalistes belligérants se coaliseront chaque fois contre le prolétariat. Les exemples ne manquent pas depuis la Commune de Paris.

« Gare au bouillon rouge ! Ils en ont besoin, ils la veulent ! La misère les déborde, le socialisme les envahit. Sur les bords de la Spree aussi bien que sur les rives de la Seine, le peuple souffre. Mais, cette fois, sa souffrance a des avocats en blouse, et il n’est que temps de faire une saignée, pour que la sève de la force nouvelle s’échappe par l’entaille, pour que l’exubérance des foules se perde au bruit du canon… » Jules Vallés

En effet quand les révoltes et les insurrections commencent à menacer un peu trop les pouvoirs en place ceux-ci les détournent vers l’extérieur de manière à ce que les prolétaires s’entretuent dans de grandes guerres patriotiques. C’est là l’aspect principal, du point de vue du prolétariat des guerres bourgeoises pour le partage et repartage du monde.

 

Le danger de guerre est aux portes de l’Europe

Le Traité sur les Forces nucléaires intermédiaire (FNI), signé en 1987 par les présidents Gorbatchev et Reagan est remis en cause et c’est unanimement que les États membres populistes et démocratiques se sont alignés sur la stratégie militaire étasunienne. C’est unanimement qu’ils viennent d’autoriser le déploiement de missiles nucléaires à moyenne portée aux frontières de l’Union européenne. Même l’Allemagne qui par la voix de son ministre des affaires étrangères déclarait fin 2018

«L’Allemagne s’opposerait fermement à l’installation de nouveaux missiles nucléaires à moyenne portée en Europe si le traité de démantèlement FNI conclu pendant la Guerre froide devenait caduc, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères à l’agence de presse DPA.»

Mais encore :

« L’Europe ne doit en aucun cas devenir le théâtre d’un débat sur le réarmement », a déclaré Heiko Maas à l’agence de presse allemande . »Le stationnement de nouveaux missiles à moyenne portée se heurterait à une grande résistance en Allemagne », a ajouté le chef de la diplomatie allemande. » (sources Challenges.fr)

Au-delà de ce discours de Heiko Maas, c’est comme un seul homme que l’UE accepte comme le fit F. Mitterrand, président de la République française, qui le 20 janvier 1983 entérina le déploiement de missiles aux portes de l’UE.

Mitterrand a justifié l’implantation de missiles balistiques Pershing 2 installés par les États-Unis en Allemagne de l’Ouest, et ceux de croisière lancée depuis le sol, installé par les États-Unis en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne de l’Ouest, en Belgique et aux Pays-Bas, pour contrer les missiles balistiques SS-20, installés par l’Union soviétique sur son propre territoire. Pour Mitterrand et les États-Unis, il s’agissait avant tout de revoir les accords de Yalta. Cette tension dite de la guerre froide allait mener justement à l’accord FNI et à la destruction de part et d’autre des missiles balistiques Perschin2 et SS 20 de l’URSS. La guerre mondiale fut évitée, par la capitulation sans combat de l’URSS mettant fin de facto aux accords de Yalta. Un nouveau repartage du monde pouvait commencer et la réunification allemande se faire et dans la foulée le dépeçage de la Yougoslavie 1991-2001 par les guerres de Slovénie (1991) de Croatie (1991-1995) de Bosnie(1992-1995), Croato-Bosniaque (1992-1994), Guerre du Kosovo (1998-1999)… jusqu’a l’intervention de l’OTAN (1999) contre la Serbie, ou «Quinze tonnes d’uranium appauvri ont été projetées sur la Serbie et vingt tonnes sur le Kosovo. Même si les données fiables et complètes font toujours défaut, on observe déjà une recrudescence anormale des tumeurs malignes et de la mortalité.» Sortir du nucléaire N°33). Le bilan s’ élèvera à 200 000 morts plus ceux qui sont régulièrement victimes des bombes antipersonnelles.

L’URSS était en partie démantelée et pour les États-Unis il fallait tout faire pour la réduire à une puissance de second rang. L’arrivée au pouvoir de Poutine va changer la donne, il n’était plus question pour la Russie de se laisser réduire. Après la Serbie, ce fut l’Ukraine, puis tous les alliés de l’ex-URSS du Proche et du Moyen-Orient qui devaient tomber et tomberont, sauf Bachar el Assad qui aura le soutien indéfectible de Poutine et de l’Iran.

Pour rappel, le président de la République française de l’époque, F Hollande s’apprêtait à procéder à une descente militaire sur la Syrie, tout était dans les tuyaux. Le 29 aout 2013, les Rafales des bases d’ Abou Dhabi et de Djibouti sont en alertes. Mais au dernier moment le président Obama téléphone à F. Hollande pour lui indiquer que l’ attaque conjointe est annulée pour de multiples raisons, dont une ne doit pas être négligée, la capacité des Russes à mener la guerre électronique terrestre, navale, et aérienne. (1)

 

Le rapport de force venait de changer de camp

Après la débandade en Syrie, le coup de masse allait tomber le 26 décembre 2018 quand Poutine annonce que le missile Avangard, surnommé «le cadeau du Nouvel An à la nation» est opérationnel, ce redoutable missile fut expérimenté à partir d’une base située dans le sud de l’Oural il réussit à frapper une cible conventionnelle au Kamtchatka, à 6.000 kilomètres. Le missile, qui vole à une vitesse de Mach 20, peut changer de cap et d’altitude tout en survolant l’atmosphère, zigzaguant vers la cible, rendant pratiquement impossible son interception.

La Russie et la Chine ont déjà atteint la «quatrième dimension» dans le domaine des armements, constate le journal The Hill. Selon l’auteur de l’article, l’ancien commandant en chef du Commandement Nord des États-Unis (NORTHCOM), le général Howard N.Thompson, les missiles hypersoniques présentés par les adversaires des États-Unis, sont à 100% capables de surmonter les systèmes de DCA américains. En outre, le prétendu «effet de quatrième dimension» avantage la Russie et la Chine, car leur attaque laisserait très peu de temps aux États-Unis pour prendre une décision.

«La sévère réalité consiste en ce que nos actuels systèmes de défense antimissile et notre mode de penser opérationnel sont tout simplement incapables de parer cette menace», écrit le général.

Nous voyons que l’installation des missiles du Pentagone aux frontières de l’UE ne se fait pas dans le même contexte qu’en 1983. La présence de missiles semble bien ridicule face à l’arme redoutable de la Russie, mais donne à cette dernière un prétexte pour accentuer sa pression sur l’UE et cette pression un prétexte pour que dans l’UE l’encadrement patriotique s’organise, relance du service militaire dans plusieurs pays de l’UE, chant de la Marseillaise à l’école en France…Dans ce contexte les gilets jaunes sont suspectés d’être manipulés pas seulement par l’extrême droite, mais aussi par la «main de Moscou» , accessoirement par l’extrême gauche. Ceci expliquerait, la répression hors-norme et hors proportion sur le mouvement des gilets jaunes considérés par le pouvoir comme une cinquième colonne aux ordres de Moscou, voir à ce sujet le journal Le Point.

 

L’armée européenne sous pavillon Américain

La mise sur pied d’ une armée européenne est de nouveau d’actualité, et ce sont les États-Unis qui poussent à sa création et à l’augmentation des budgets militaires des pays européens à la hauteur de 2% de manière à ce que les États-Unis n’assument plus financièrement la défense de l’Europe. Ceci convient tout à fait à l’État français qui essaye depuis longtemps de prendre la tête de l’armée européenne, avec l’Oncle Trump qui pousse dans ce sens Macron va se servir de la tension aux frontières de l’UE pour faire passer à la caisse les pays européens en «mutualisant» les frais de guerre. Seulement l’Oncle Trump ne veut pas que l’ armée européenne devienne militairement indépendante et pour cela il s’est arrangé pour que le fleuron français Alstom tombe dans l’escarcelle de General Electric, l’enjeu étant de neutraliser la fabrication de la turbine Arabelle.

Alstom: Toute la dissuasion militaire française est désormais dans les mains des Américains. Il est parfaitement clair, que l’armée européenne devra s’alimenter en turbine auprès de General Electric et cela impactera l’armée française et européenne. Récemment, le ministre autrichien de la Défense et le premier ministre néerlandais Mark Rutte n’ont pas adhéré au projet de Macron et Merkel. La Pologne quant à elle rejette, l’idée de créer une armée européenne. Le président polonais Andrzej Duda a offert de payer 2 milliards de dollars pour l’établissement d’une base permanente de division blindée américaine dans le pays, allant jusqu’à suggérer qu’elle pourrait être nommée Fort Trump. Mieux encore lors de la réunion du 14 février à Varsovie avec les Américains et curieusement le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, il ne s’ agissait pas de préparer la paix au Moyen-Orient, mais la guerre contre l’ Iran.

 

la guerre qui se prépare est une guerre impérialiste

Déterminer la caractéristique d’une guerre a toujours été un casse-tête pour les organisations révolutionnaires. En effet elle permet de savoir si cette guerre est juste ou pas du point de vue révolutionnaire. Par exemple avant la Première Guerre mondiale, il fut convenu de s’opposer à la guerre et de ne pas voter les crédits de Guerre, mais au final les fameux crédits de guerre furent votés de part et d’autre et la guerre éclata. La IIième Internationale, qui avait à l’avance analysé le caractère de la guerre et prôné la grève générale internationale contre la guerre ; demandant à ses députés de ne pas voter les crédits de guerre, de déclarer la guerre à la guerre, va trahir le mouvement ouvrier en votant les crédits de guerre et en envoyant les prolétaires se faire tuer dans une guerre fratricide, au lieu de déclencher la guerre civile révolutionnaire contre la guerre.

Quelques internationalistes véritables allaient se réunir en septembre 1915, à Zimmerwald en Suisse pour organiser la riposte et créer une IIIe Internationale qui va se prononcer en faveur de la révolution mondiale pour en finir avec la guerre. Le 15 janvier 1919, les sociaux-démocrates Noske et Scheiman font faire assassiner Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht et le 10 mars 1919 son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Ils voulaient déclencher la révolution pour circonscrire la guerre, mais Spartacus fut écrasé et la guerre continua. (2)

Cette guerre fut un désastre pour le prolétariat des pays en guerre qui réglaient leur différend avec le sang et la sueur du monde du travail, laissant un champ de ruine truffé d’obus de part et d’autre, en attendant la prochaine guerre qui ne tardera pas. Après la victoire de la France sur l’Allemagne et le traité de Versailles et le slogan «le boche paiera» le sentiment national allemand allait envahir jusqu’ à la classe ouvrière, dont la révolution avait échoué, la route était dégagée pour un socialisme national qui devait porter Hitler au pouvoir.

L’Allemagne de nouveau militarisée passa au Blitzkrieg (guerre éclair) et se présenta comme l’agresseur. (3) Les pays agressés en appelaient à la défense de la patrie ou à la capitulation, mais la caractéristique de la guerre était impérialiste sur le fond, c’est-à-dire contre le prolétariat mondial toutes les parties capitalistes démocratiques ou fascistes y ayant un intérêt. Mais voilà qu’une problématique allait se poser au prolétariat fallait-il entrer dans la résistance antifasciste dès lors que « la Patrie du socialisme » était attaquée, fallait-il rejoindre les fronts populaires de G. Dimitrov, lui qui avait considéré un temps que la guerre était impérialiste des deux côtés. Le prolétariat internationaliste coincé dans la dichotomie de la guerre antifasciste et de la défense de la « patrie socialiste de Staline » ne trouvera pas sa place, celle d’un « troisième camp » malgré quelques tentatives.

 

Que peut faire le prolétariat révolutionnaire aujourd’hui

En face d’une opération thermonucléaire, le prolétariat se trouvera vitrifié au sol avant d’avoir fait ouf. Nous ne serons pas en face d’une guerre de front comme 14/18 ou le mot d’ordre « crosse en l’air » était réalisable, comme celui de la fraternisation dans les tranchées…pendant que la population civile n’était que peu touchée directement. Durant la Seconde Guerre mondiale il en fut autrement, la guerre éclair que va mener le III Reich, va contraindre à la résistance clandestine, la guerre frontale ayant échoué dans tous les pays d’Europe, seuls les soviétiques vont pouvoir résister à la déferlante fasciste du fait de l’étendue de leur territoire et des commandos de partisans en attendant la controffensive à partir de Stalingrad. Le prolétariat en 14/18 avait encore la possibilité de prendre le pouvoir, malgré quelques tentatives il échoua. Après la Seconde Guerre mondiale les Accords de Yalta de repartage du monde avait verrouillé toute tentative insurrectionnelle d’indépendance prolétarienne. Ensuite allait éclore lesdites luttes de libérations nationales (cause commune du wilsonisme et du léninisme) et de la Société des Nations SDN, la décolonisation/néo colonisation prenait le relai de la seconde guerre mondiale par des guerres localisées expression sanguinaire de la guerre froide.

Il est aujourd’hui difficile de prévoir le conflit mondial autrement que contrôler dans l’usage des armes. Par exemple durant la Seconde Guerre mondiale les gaz n’avaient plus été utilisés. L’autre option (la thermonucléaire) n’est même pas envisageable, plus personne ne sera présent sur terre pour en parler, mais localement les armes nucléaires peuvent être utilisées comme ce fut le cas sur le Japon. Sauver la planète aujourd’hui cela commence par la lutte pour un désarmement mondial, ce que les pacifistes savent bien faire, et tout au plus ils obtiendront un accord comme le Traité sur les Forces nucléaires intermédiaires (FNI) pour une guerre propre. L’autre solution « la guerre civile révolutionnaire » elle aurait déjà due donnée des signes de vie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, seule la guerre du Vietnam avait déclenché un tel mouvement dans le monde.

Le WSWS dans un article «Êtes-vous prêt pour une guerre nucléaire?» posait la question suivante :

« Il n’y a aucun moyen d’arrêter ce mouvement vers la guerre si ce n’est par une intervention politique consciente de la classe ouvrière. Quiconque croit qu’une guerre nucléaire est impossible parce que les gouvernements modernes, à l’opposé de ceux au pouvoir en 1914, ne prendraient pas le risque d’une catastrophe, se fait des illusions. Les régimes existant aujourd’hui sont peut-être encore plus irresponsables que ceux de l’époque. Assaillis par des problèmes économiques et sociaux pour lesquels ils n’ont pas de solution progressiste, ils sont de plus en plus enclins à voir la guerre comme un risque valant la peine d’être encouru. C’est pourquoi le Comité international de la Quatrième internationale insiste sur l’urgence de construire maintenant un mouvement antiguerre, antiimpérialiste et anticapitaliste de la classe ouvrière. » (Article original paru le 30 juillet 2014)

 

G.Bad 19.02. 2019


 

NOTES

 

1- Les Russes ont déployé en Syrie, plusieurs Krasukha-4. Les avions russe Su-24, Su-25, Su-34 sont équipés de conteneur de brouillage SAP-518/ SPS-171, et les hélicoptères Mi-8AMTSh avec des Richag-AV. A cela s’ajoute le navire Priazovye (de classe Vishnya), appartenant à la flotte russe de la mer Noire, qui a été déployé en mer Méditerranée, près de la côte syrienne. Ce navire est spécialisé dans le brouillage et la collecte des informations de type SIGINT et COMINT (interception de tous les réseaux de communications).

2- Pour plus d’informations voir Spartacus et la commune de Berlin aux Éditions Spartacus de Andre et Dori Prudhommeaux.

3- L’Allemagne utilisa avec succès la technique de la Blitzkrieg contre la Pologne (attaquée le 1er septembre 1939), le Danemark (le 9 avril 1940), la Norvège (avril 1940), la Belgique (le 10 mai 1940), les Pays-Bas (mai 1940), le Luxembourg (mai 1940), la France (mai 1940), la Yougoslavie (avril 1941) et la Grèce (avril 1941).

5 pensées sur “Le danger de guerre est aux portes de l’Europe

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    1 mars 2019 à 18 06 09 03093
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    @ Gérard

    Très bon texte avec du contenu source de réflexion et de débat afin de peaufiner notre compréhension prolétarienne des activités du patronat = du capital.

    Voilà pour les compliments et maintenant les sources de débats …

    Tu écris
    1) « un besoin d’espace vital » FAUX Les guerres impérialistes ne sont jamais pour résoudre un problème d’espace vital même si Hitler a beaucoup divaguer sur ce thème pour des motifs de propagandeet de mobilisation de la race .. et plus nous nous éloignons du mode de production féodal et plus cet argument est obsolescent.

    2) Tu écris  » s’ils se mettent à déclencher une guerre civile révolutionnaire et même une simple opposition, les capitalistes belligérants se coaliseront  » Pourrais-tu me donner un exemple historique ou le prolétariat a déclenché une GUERRE CIVILE RÉVOLUTIONNAIRE AVANT une guerre impérialiste??

    Je poursuis dans un prochain post

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    2 mars 2019 à 5 05 06 03063
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    salut Robert
    Il y a un exemple flagrant de cette coalition contre une guerre de classe ce fut
    la « guerre d’ Espagne » voir à ce sujet:
    Guerre de classes en Espagne ed. Spartacus de Camillo Berneri
    et Chronique de la révolution espagnole ed Spartacus de H. Chazé

    Quant à l’ espace vital il correspond, a ce qui est nécessaire pour un capitalisme national pour son expansion vers la domination mondiale.

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    3 mars 2019 à 15 03 20 03203
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    @ Gérard

    1) La guerre civile espagnole ne fut pas une révolution prolétarienne camarade. Ce fut une guerre entre la bourgeoisie « libérale – démocratique » et les factions de la bourgeoisie et de la vieille aristocratie espagnole à orientation totalitaire fasciste = un clan bourgeois contre l’autre EXACTEMENT ce que sera la Seconde guerre mondiale OU tu as raison le prolétarait servit de chair à canon sans rien obtenir en retour de son sacrifice.

    2) Tu écris : « La guerre mondiale fut évitée, par la capitulation sans combat de l’URSS mettant fin de facto aux accords de Yalta. » FAUX la guerre mondiale fut évitée parce que le capitalisme monopoliste totalitaire d’État se montra inadéquat = sous-productif = par rapport au capitalisme libéral-démocratique-financiarisé-mondialisé. Ce fut la victoire d’un modèle du capitalisme sur l’autre modèle. Rien à voir avec la cause du prolétariat.

    3) Tu écris : « L’arrivée au pouvoir de Poutine va changer la donne, il n’était plus question pour la Russie de se laisser réduire. » De fait, la phrase exact serait Le grand capital russe récemment « libéraliser » ne voulant pas se laisser asphyxier appela Poutine afin de réorienter le navire étatique.

    4) Il est étrange que tu écrives ceci : « Ceci expliquerait, la répression hors-norme et hors proportion sur le mouvement des gilets jaunes considérés par le pouvoir comme une cinquième colonne aux ordres de Moscou, voir à ce sujet le journal Le Point. » La répression des Gilets jaunes n’es pas un effet du « patriotisme » mais est à la mesure de la menace que ce mouvement spontané – inorganisé – hors du contrôle des apparatchiks syndicaux ou politiques de gauche comme de droite – et pour cela extrêmement dangereux. Les Gilets jaunes c’est le prolétariat en marche dans le contexte de 2018-2019 en Europe – Il semble qu’il avortera mais nous y avons beaucoup appris comme notre prochain volume le démontrera.

    5) Il y aurait une série d’autres remarques mais passons à l’essentiel LA CONCLUSION DE TON ARTICLE : Tu écris ceci : « Le prolétariat internationaliste coincé dans la dichotomie de la guerre antifasciste et de la défense de la « patrie socialiste de Staline » ne trouvera pas sa place, celle d’un «troisième camp » malgré quelques tentatives. » ERREUR GÉRARD la dichotomie n’était pas entre l’antifascisme et la défense de la « patrie socialiste du fascisme hitlérien » = ce sont la même chose dite de manière différente – LA DICHOTOMIE de cette guerre était entre le capitalisme « libéral – financiarisé-démocratique bourgeois » et le capitalisme totalitaire monopoliste étatique. Le prolétariat ne servit que de faire valoir et de chair à canon dans cette guerre (peu importe les technologies de guerre utilisées) et jamais le prolétariat ne proposa l’ombre d’une troisième voie = jamais. ET la question qui confronte les prolétaires révolutionnaires de 2019 est POURQUOI CETTE INEXISTENCE TOTALE DU PROLÉTARIAT POLITIQUE ET DE LA VOIE PROLÉTARIENNE RÉVOLUTIONNAIRE ?

    6) Enfin tu écris ceci : « Le prolétariat en 14/18 avait encore la possibilité de prendre le pouvoir, malgré quelques tentatives il échoua. Après la Seconde Guerre mondiale les Accords de Yalta de repartage du monde avait verrouillé toute tentative insurrectionnelle d’indépendance prolétarienne.  »
    FAUX, jamais la paysannerie immensément majoritaire dans le monde entier et presque majoritaire dans les pays occidentaux en cours d’industrialisation en 14/18 ne furent en position avec ou sans les prolétaires de prendre le pouvoir sinon en Russie où ils portèrent la petite bourgeoisie intellectuelle bolchévique au pouvoir avec les résultats que l’on sait.

    DE PLUS, ce ne sont pas les accords de YALTA qui verrouillèrent toute tentative insurrectionnelle prolétarienne en 1945 car A) Des accords diplomatiques ne décident de rien du tout – ils entérinent diplomatiquement une situation réelle-concrète sur le terrain. Les Accords de Yalta ont entériné la situation que jamais le prolétariat européen – japonais – chinois – africain – nord-américain ne versa son sang pendant cette guerre pour l’insurrection et la révolution PROLÉTARIENNE = JAMAIS. La trahison du prolétariat avait eu lieu en amont – pendant l’entre deux guerres sous la IIIe Internationale, les Fronts populaires – populites – la guerre d’Espagne – la guerre d’Éthiopie etc. toute cette période où la guerre impérialiste se préparait

    Tout comme aujourd’hui, la go-gauche et la droite réunies préparent les conditions de la Troisième guerre mondiale impérialiste où le prolétariat ne pourra offrir au monde une deuxième VOIE entre la guerre impérialiste pour la conquête des marchés OTAN-USA vs RUSSIE-CHINE-CEI versus le renversement de toutes les modalités du capitalisme (libéral ou totalitaire) et l’édification d’un nouveau mode de production prolétarien. Voilà le motif pour lequel le prolétariat en Gilet jaune ne veut rien entendre ni de la go-gauche ni de la droite = tous pareil.

    Voilà notre responsabilité en tant que révolutionnaire = faire en sorte de préparer les conditions subjectives de cette alternative menée la guerre à la guerre impérialiste.

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    4 mars 2019 à 14 02 51 03513
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    Réponse a Robert
    Voir dans la guerre civile espagnole qu’un conflit entre  » la bourgeoisie « libérale – démocratique » et les factions de la bourgeoisie et de la vieille aristocratie espagnole à orientation totalitaire fasciste  » c’ est complétement oublier l’importance du prolétariat et de la paysannerie dans cette lutte que Franco va gagner avec l’ aide des interventions étrangères et la non intervention du Front populaire de Blum.
    Un processus similaire allait ce produire, avec la résistance grecque victime des accord de YALTA, la grande coalition contre la menace communiste en Grèce. Il yu a d’ autres exemples comme le coup d’ Etat de Pinochet au Chili, la liquidation de 500 000 communistes en Indonésie . Oui les prolétaires grecs ont été directement affectés par les accord de Yalta La Grèce devient le premier terrain de la guerre froide : les bombes au napalm seront testées sur les villages grecs.

    GB

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