Le héros Jacques Vergès est mort le 15 août 2013 à Paris (vidéo 52’10’’)

La guerre d’Algérie a commencé, ce sera pour Jacques Vergès, le moment décisif. Il assure la défense de Djamila Bouhired, une jeune poseuse de bombes du FLN. Condamnée à mort, puis graciée, elle devient une héroïne nationale en Algérie. Vergès l’épouse et s’installe à Alger…

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L’avocat Jacques Vergès est mort

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/416f8224-05f5-11e3-b089-099769b8893a/Lavocat_Jacques_Verg%C3%A8s_est_mort

jeudi 15 août 2013

 Résistant, ancien membre du Parti communiste, rallié à la cause du FLN durant la guerre d’Algérie, avocat, entre autres, du criminel de guerre nazi Klaus Barbie, « l’avocat de la terreur » s’est éteint à l’âge de 88 ans

L’avocat Jacques Vergès est mort jeudi 15 août à l’âge de 88 ans. Le président du Conseil national des barreaux, Christian Charrière-Bournazel, a confirmé l’information donnée plus tôt dans la soirée. D’après lui, l’avocat, aussi médiatique que controversé, « avait fait une chute il y a quelques mois ». « Il était très amaigri, marchait très lentement. Il avait des difficultés à parler mais intellectuellement était intact. On savait que c’étaient ses derniers jours mais on ne pensait pas que ça viendrait aussi vite ».

Interrogé par BFM TV, Me Georges Kiejman a salué « un des deux ou trois avocats extraordinaires de [sa] génération », « un homme tout à fait fascinant et mystérieux ».

Né en 1925 en Thaïlande d’une mère vietnamienne et d’un père français, le jeune Vergès grandit à La Réunion, où son frère Paul a mené une longue carrière politique au sein du Parti communiste réunionnais. En 1941, le futur avocat s’engage dans les Forces françaises libres, combat en Algérie, au Maroc, en Italie et en France. Après la Libération, il adhère au Parti communiste, termine ses études de droit et s’inscrit en 1955 au barreau de Paris.

La guerre d’Algérie a commencé, ce sera pour Jacques Vergès, le moment décisif. Il assure la défense de Djamila Bouhired, une jeune poseuse de bombes du FLN, pour laquelle il invente le concept de « défense de rupture ». Au lieu de chercher à minimiser les faits et à obtenir l’indulgence des juges, l’avocat se pose en accusateur du système colonial.

La jeune femme, condamnée à mort, puis graciée, devient une héroïne nationale en Algérie. Vergès l’épouse, s’installe à Alger après l’indépendance, se convertit à l’islam. Le couple a deux enfants, mais l’avocat, qui se croyait promis à un grand avenir politique en Algérie, s’ennuie.

Après un voyage en Chine, où il rencontre Mao, il disparaît en 1970, abandonnant femme et enfants. Ses « grandes vacances », comme il les appelle, vont durer huit ans. Qu’a-t-il fait ? Ou était-il ? Chez les Khmers rouges, auprès de son ami Pol Pot, qu’il a connu jadis au Quartier latin ? A priori non. Jacques Vergès n’aurait jamais exercé ses talents au Cambodge. Tout en séjournant de temps à autre à Paris sous une fausse identité, il aurait travaillé en Extrême-Orient pour le compte des services secrets chinois. Il se serait également rendu utile à leurs homologues français.

Le reste est mieux connu. Devenu soudainement riche, Jacques Vergès revient au grand jour en 1978, à Paris. L’avocat assure la défense d’individus comme le criminel de guerre nazi Klaus Barbie, le dirigeant khmer rouge Khieu Samphan, le philosophe négationniste Roger Garaudy ou le terroriste Carlos. Sa clientèle compte également des membres des mouvements d’extrême-gauche européens (Fraction armée rouge, Action directe), les activistes libanais Georges Ibrahim Abdallah et Anis Naccache ou le dictateur serbe Slobodan Milosevic. Il représentera également la famille Boulin, la fille de Marlon Brando, le capitaine Barril, le jardinier marocain Omar Raddad, le tueur en série Charles Sobrhraj et plusieurs dirigeants africains.

En marge du prêtoir, Jacques Vergès a monté au théâtre un plaidoyer intitulé Serial plaideur et publié une vingtaine de livres, dont Dictionnaire amoureux de la justice, Le salaud lumineux, Justice pour le peuple serbe, Beauté du crime, La démocratie à visage obscène, Sarkozy sous BHL… En 2007, Barbet Schroeder lui a consacré un excellent documentaire intitulé L’avocat de la terreur.

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Remarques de do :

Jacques Vergès faisait venir ses cigares de Cuba par avion. Cela lui coûtait 150 Francs français par cigare. Mais cela lui permettait de fumer un cigare de la meilleure qualité et qui avait vieilli dans les caves de cuba pile le temps idéal, c’est-à-dire quinze jours très précisément.

Ce n’est pas le film de Barbet Schoeder que je vous propose de regarder  aujourd’hui en souvenir de Jacques Vergès, mais le sien, intitulé

« Jacques Verges : moi, moi, moi » :

http://mai68.org/spip/spip.php?article5698

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