Le pédophile et le président

Il n’a pas de chance, Nicolas Sarkozy : à peine remonté (modestement) dans les sondages, patatras ! voilà qu’il replonge. Non dans les eaux turquoise du Cap Nègre, mais dans les abysses de l’impopularité comme le montre l’enquête IFOP-JDD du dimanche 21 août : 33 % d’opinions favorables contre 67 % d’opinions défavorables ! Au grand dam des caciques de l’UMP fort inquiets de cette rechute à 9 mois de la fin du bail…

Malgré des projections toujours nettement négatives vis-à-vis des champions socialistes en termes d’intentions de vote lors de la présidentielle, beaucoup à droite se réjouissaient de l’embellie sondagière qui semblait marquer la « représidentialisation » de Nicolas Sarkozy (comme si un président digne de ce nom avait besoin de se « représidentialiser » !). C’était compter sans l’émergence, en cette période de pêche aux bigorneaux et d’élection de Miss T-shirt mouillé, d’un nouveau krach boursier induit tout autant par les perspectives d’une récession américaine que par l’indigence des décisions politiques dans la zone euro.

Pour faire court, Nicolas Sarkozy parvient à redorer quelque peu son image dès lors qu’il est politiquement inactif et passe son temps à se faire photographier par les « paparazzis officiels » en caleçon de bain dans les eaux de la Méditerranée ou à vélo sur les routes du Var. Mais la maîtrise d’une bicyclette n’a rien à voir avec la conduite – ô combien plus délicate ! – du char de l’État, et notre incompétent pilote a pu, une nouvelle fois en ce mois d’août, mesurer à ses dépens à quel point il a perdu la main, si tant est qu’il l’ait jamais eu un jour comme le démontrent les analyses à froid de ses actions antérieures, inversement proportionnelles en termes d’efficacité à ses fanfaronnades médiatiques. Pire encore : Nicolas Sarkozy a pu mesurer combien il est dévalorisé dans l’opinion, au point de rendre inaudible sa propre parole et celle de ses collaborateurs. La nouvelle et grave crise boursière qui s’est abattue sur les places financières est à cet égard un terrible révélateur…

Souvenons-nous du mercredi 10 août. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy, revenu tout exprès du Cap Nègre, convoque une réunion de crise destinée à montrer à la face du monde que le Maître est là et que, sous sa férule, tout va rentrer dans l’ordre. Á l’issue de cette réunion, un point de presse est organisé dans la cour de l’Élysée par le calamiteux François Baroin. Valérie Pécresse, porte-parole réduite au silence, se tient deux pas en arrière du roquet baryton. Elle a, pour la circonstance, été cantonnée à un rôle muet : celui du chien qui, posé sur le tableau de bord d’une voiture, hoche la tête avec un regard niais. Résultat de cette mise en scène sans la moindre annonce politique ou économique concrète : 5 % de chute du CAC40 dans les heures qui suivent, conséquence de rumeurs sur la Société Générale mais aussi de la stupéfaction des marchés devant l’incurie gouvernementale. Bravo les artistes !

Souvenons-nous également du mardi 16 août. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy suspend une nouvelle fois ses ronds aquatiques dans la Méditerranée pour sauver l’Europe lors d’une réunion avec Angela Merkel. Et cela, bien que l’entourage de la Chancelière ait préalablement annoncé qu’il était hors de question d’aborder la seule question d’importance : la création rapide des « eurobonds ». Qu’à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy, tel un caniche craintif, se couche devant le dogue allemand avant de lécher la pomme de la Chancelière. Suit un « sommet » dont il ressort que France et Allemagne vont promouvoir une résucée de la taxe Tobin. Problème : ni la Chine, ni les États-Unis, ni la Russie, ni la Grande-Bretagne ne veulent en entendre parler, renvoyant de facto cette innovation aux calendes grecques. Cela n’empêche pas Nicolas Sarkozy de jouer une fois de plus les matamores, en dépit d’un accueil pour le moins dubitatif, voire rigolard, des économistes et des éditorialistes. 48 heures plus tard, l’indigence de la réponse politique européenne et les mauvais chiffres de l’économie américaine plombaient une nouvelle fois les marchés : 5,5 % de chute à Paris ! Encore bravo les artistes !

Comble de malchance pour le monarque, il était écrit que ce « mensis horribilis » ne se contenterait pas de la tourmente boursière et des menaces sur le remboursement des prêts souverains octroyés par les banques françaises. Voilà qu’à Marseille, des « racailles », curieusement rescapées du traitement au « Kärcher » et de la « tolérance zéro » naguère promis par un certain Sarkozy Nicolas, prenaient carrément le contrôle d’un parking de centre-ville sous le regard impuissant des Phocéens, rançonnés au cœur de leur cité, et d’une Bonne Mère stupéfaite au sommet de sa colline. Un « fait d’armes » d’autant plus médiatisé que les chiffres de la délinquance explosaient, avec notamment une forte augmentation ces derniers mois du nombre des hold-up, faisant de Marseille une vitrine emblématique de l’échec sarkozyste en matière de lutte contre l’insécurité et la délinquance.

Qu’à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy a pris personnellement les choses en main et décidé de limoger le préfet délégué à la sécurité Gilles Leclair pour le remplacer par Alain Gardère (ce sera fait le 29 août). Et cela huit mois seulement après l’arrivée de M. Leclair à Marseille ! Gardère, Leclair, deux proches de MM. Sarkozy et Guéant, deux hommes réputés à poigne. On a vu ce qu’a fait l’un, ou plutôt ce qu’il n’a pu faire en raison de la diminution drastique des moyens de la police marseillaise, imposée par MM. Sarkozy et Fillon dans le mitonnage de la bouillabaisse budgétaire. On verra ce que fera l’autre qui bénéficiera, il est vrai, du retour d’effectifs policiers qui ont cruellement fait défaut ces derniers mois. Mais nous sommes en Sarkozye, et ces effectifs manqueront, n’en doutons pas, dans d’autres villes, au risque de voir surgir ailleurs des difficultés tout aussi graves. Rassurons quand même les classes aisées de notre pays : il est hors de question de diminuer les effectifs de police des quartiers résidentiels !

Reste, last but not least, la cerise sur le gâteau pour Nicolas Sarkozy : la mise en examen pour viol de Gilles Patron, parent d’accueil des sœurs Perrais dont l’une, Lætitia, a été sauvagement assassinée par Tony Meilhon, et l’autre, Jessica, présumée victime d’actes de pédophilie de la part de son père d’accueil. Un Nicolas Sarkozy qui, pour soigner son image compassionnelle, n’avait pas hésité, comme il l’a fait si souvent en d’autres occasions, à récupérer à son profit l’émotion suscitée dans l’opinion par le meurtre sordide de Lætitia. C’est ainsi qu’à deux reprises il a reçu Gilles Patron à l’Élysée alors que le père biologique de la jeune victime, Franck Perrais, était scandaleusement écarté de cette réception.

Sans doute Nicolas Sarkozy doit-il, aujourd’hui, se mordre les doigts de s’être ainsi exposé à recevoir un homme dont le profil de pédophile récidiviste semble se dessiner de jour en jour. Il existe pourtant un point commun entre les deux hommes : la manipulation de l’opinion. En se drapant dans l’attitude exemplaire de père-la-vertu et de père-courage face à l’adversité, l’un comme l’autre ont trompé le public, le premier en dissimulant sous de vibrants accents de sincérité ses penchants pervers, le second en prétendant, la main sur le cœur, se faire le champion de la lutte contre une dette qu’il a creusée comme personne avant lui.

Chacun dans son genre, ces deux hommes-là sont des faussaires !

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