Les élites

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Élite : ce qu’il y a d’élu, de choisi, de distingué

Bonjour à toutes et à tous,

En France, on avait déjà vu le CNPF (Conseil national du patronat français) changer son nom en MEDEF (Mouvement des entreprises de France), en 1998, sous l’impulsion d’Ernest-Antoine Seillière. Il s’agissait de supprimer le « P » de « Patrons » pour faire croire qu’il n’y avait plus de patrons, c’est-à-dire de propriétaires des entreprises capitalistes. Depuis, le mot « patron » n’a pas disparu, mais les journalistes s’en servent le plus souvent pour désigner le PDG d’une boite, c’est-à-dire son salarié le mieux payé.

Dans une interview à CNN, le 19 juin 2005, Warren Buffet, le fameux multimillaraire américain (plusieurs dizaines de milliards de dollars) expliquait : « It’s class warfare, my class is winning, but they shouldn’t be. » Autrement dit : « c’est la guerre des classes, ma classe est en train de gagner, mais elle ne devrait pas. »

Mais désormais, et depuis quelques années, le pouvoir fait tout ce qu’il peut pour que le commun des mortels utilise l’expression « les élites » au lieu de « classe dominante »

« Les élites », c’est en effet par cette nouvelle expression que la classe dominante veut maintenant être désignée. Elle veut tout simplement faire croire qu’il n’y a plus de classes, et donc plus de lutte des classes. « Les élites » seraient soit-disant les meilleurs d’entre nous tous.

Mais ce n’est pas vrai, les enfants de la classe dominante feront à quelques exceptions près partie de la classe dominante, qu’ils soient ou non parmi les meilleurs. Et les enfants du prolétariat feront à quelques exceptions près partie du prolétariat, qu’ils fassent ou non partie des meilleurs.

La société est donc toujours divisée en classes, et tant qu’il y aura des classes il y aura la lutte des classes.

Il faut refuser d’une manière générale d’utiliser le vocabulaire du pouvoir, il faut donc refuser de parler « des élites » et continuer à parler de la « classe dominante ».

Bien à vous,
do
2 novembre 2018
http://mai68.org/spip2

Pourquoi le pouvoir préfère-t-il l’expression « les élites » au pluriel plutôt que « l’élite » au singulier ?

Parce que LES élites, c’est comme LES meilleurs

Et parce que LES élites, c’est comme les meilleurs venant de toutes LES classes sociales. Il y a d’ailleurs ici un phénomène de double-pensée, comme dit Orwell dans son 1984. Ainsi, d’un côté on doit penser que les classes ont disparu, c’est pour ça qu’on doit dire « les élites » et non pas « la classe dominante » ; et de l’autre qu’elles existent tout de même pour que « la société puisse pêcher les meilleurs dans toutes les classes sociales ».

Enfin par anglicisme. En effet, en français d’avant l’anglicisation, « un commando » désignait toujours un ensemble de personnes ; tandis que depuis l’anglicisation « un commando » désigne une personne de cet ensemble. Ce qui fait qu’aujourd’hui, avec l’anglicisation, l’on parle « des commandos » pour désigner ce qu’on appelait auparavant « un commando ». En quelque sorte, aujourd’hui l’expression « les élites » désigne la même chose que ce que désignait « l’élite » auparavant.

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Il faut d’autant plus refuser de parler « des élites » que Jacques Attali a l’air de penser que « les élites », c’est « le peuple élu »

http://mai68.org/spip/spip.php?article2282

Le lien ci-dessus amène un article présentant une vidéo enregistrée le 30 octobre 2009 sur France 2 pendant l’émission « Vous aurez le dernier mot » avec Jacques Attali, bien sûr, mais aussi avec Nicolas Baverez, Florence Noiville, Lorant Deutsch et surtout Xavier Mathieu, le célèbre gréviste cégétiste qui traîta Bernard Thibault, le chef de la CGT, de « racaille ».

Il y a en fait deux vidéos. Une très courte où l’on voit seulement Jacques Attali prendre la défense « des élites » en prétendant : « Accuser les élites, c’est le discours qui conduit au fascisme ! » ; et une vidéo de 20 minutes qui replace cette petite phrase dans son contexte.

Voici l’extrait court :

Attali prenant la défense de la classe dominante.

Cliquer sur l’image pour voir cette vidéo de trois secondes.

Cliquez ici pour télécharger la vidéo si elle n’est pas directement visible

Franchement, quand on prend cet extrait tout seul, il est particulièrement choquant !

En effet, depuis qu’il est interdit d’être marxiste, et, même, d’utiliser le vocabulaire précis et bien adapté du marxisme pour dénoncer l’exploitation de l’homme par l’homme ; en lieu et place de l’expression bien meilleure « classe dominante », on doit, pour faire plaisir aux gens qui ont droit à la parole, dire « les élites », ou l’ »élite ».

En tout cas, c’est clair, quand Attali défend « les élites », c’est en fait de la classe dominante et de ses serviteurs qu’il prend la défense. Pour un mec soit-disant de « gauche », je trouve que c’est très fort. Bravo Attali !

Attali est très bon en démagogie et en rhétorique : il a tout de même réussi le tour de force de se faire applaudir, en prenant la défense de la classe dominante et de ses serviteurs, par un public qui, auparavant, applaudissait Xavier Mathieu !

Rappelons la phrase d’Attali :

« Accuser les élites, c’est le discours qui conduit au fascisme ! »

Fascisme !

Serait-ce « fasciste », aujourd’hui, que de s’en prendre à la classe dominante ; alors que, naguère, une telle attitude était classée à gauche, « socialiste, « communiste », ou même « anarchiste » ?

Pourquoi Attali a-t-il utilisé ce mot : « fascisme » ? ! ?

Est-ce seulement parce que, tout le monde ou presque ayant le fascisme en horreur, il savait qu’en utilisant par surprise ce mot avec aplomb il aurait quelques chance d’avoir du succès ?

Reprenons à nouveau la phrase d’Attali :

« Accuser les élites, c’est le discours qui conduit au fascisme ! »

Le fascisme de Mussolini amena le nazisme d’Hitler, dont la stratégie finale consista à faire disparaître le « peuple élu » de la surface de la planète.

Par conséquent, et ce d’autant plus qu’il est juif, la phrase d’Attali prend le sens suivant :

« Accuser les élites conduit à l’extermination du peuple élu ! »

Voici maintenant cet extrait replacé dans son contexte, histoire de voir par quel biais Attali a réussi à se faire applaudir en prenant la défense des exploiteurs et de leurs valets. Ainsi, vous entendrez aussi le célèbre Xavier Mathieu :

http://mai68.org/spip/spip.php?article2282

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VOCABULAIRE DE L’ENNEMI, VOCABULAIRE ENNEMI !

http://mai68.org/spip/spip.php?article1735

12 janvier 2007

Pourquoi donc reprendre aussi facilement le vocabulaire de l’ennemi ?

On nous parle de « libéraliser » les services publics ; mais, Il s’agit de privatisation, et pas de « libéralisation ». (et pourquoi pas « libération », tant qu’ils y sont ?)

Les patrons sont des exploiteurs, et pas des « créateurs d’emplois » (et pourquoi pas des « bienfaiteurs de l’humanité » ?).

Nous sommes dans un système capitaliste, et PAS dans une société « libérale » (et encore moins « ultra-libérale » !)

De même, en parlant systématiquement de « dictature communiste » et jamais de « communisme », l’ennemi glisse subrepticement dans les têtes l’idée que l’expression « dictature communiste » est une redondance au même titre que « descendre en bas » ou « monter en haut ».

Etc.

« L’idéologie dominante est l’idéologie de la classe dominante » (Marx)
« Le vocabulaire dominant est le vocabulaire de la classe dominante » (do)

Accepter le vocabulaire ennemi pousse à accepter l’idéologie qui le sous-tend.

Par exemple, au lieu de dire « le chaos dans le secteur est désormais le plus complet » l’ennemi dira : « L’anarchie dans le secteur est désormais la plus complète. »

Avec un tel vocabulaire, l’ennemi met dans notre cerveau, par publicité subliminale, l’idée que le capitalisme c’est la liberté et que l’anarchie, c’est le chaos ; alors que le capitalisme c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, et « l’anarchie, c’est l’ordre moins le pouvoir » (Léo Ferré).

Le vocabulaire ennemi DOIT être dénoncé avec virulence.

 À bas le capitalisme !
Vive le communisme !
Vive l’anarchie !
Et vive la liberté !
do

http://mai68.org

LE VOCABULAIRE DE L’ENNEMI, C’EST LE VOCABULAIRE ENNEMI !

Pour plus de précision, lire la théorie du concept :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1701

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