Les gilets jaunes comme produit social d’un réformisme à rebours

Par Gérard Bad. Le 25.01.2019. Sur le webmagazine http://www.les7duquebec.com

1-Introduction

Alors que nous entrons dans l’ année 2019, que le mouvement des gilets jaunes est venu occuper pendant plus de deux mois la scène médiatique, que chaque manifestant se transformait en journaliste en temps réel avec son smartphone, doublant ainsi les journalistes et la télé mensonge. La question du rôle d’ internet et des NTCI nouvelles technologies de la communication et de l’ information, nous a éclaté une nouvelle foi en pleine face. Je dis une nouvelle foi en référence aux « révolutions arabes » et autres ou la communication par le Net fut un moteur tactique puissant de l’ agitation sociale.

 

Leur point commun est l’ utilisation des réseaux sociaux afin d’ exprimer leur « citoyenneté » et leur moi débordant, pensant ainsi toucher l’universel et changer ainsi le monde. Les mouvements citoyens comme le mouvement « occupy », « nuit debout » ont rapidement montré leurs limites.. Quant aux révolutions arabes, le résultat nous le connaissons , ce fut la liquidation des états laïques « dictateurs » ( Nasser comme Arafat ont été comparés à Hitler ). Par mouvement symétrique le nationalisme a cédé la place à l’Islamisme, Nasser à Oussama Ben Laden, Mossadegh à l’Imam Khomeiny, Arafat au Hamas et au Jihad islamique palestinien laissant derrière eux misère et dépeuplement migratoire.

 

Il en fut de même des « révolutions de couleur » visant à rogner les ailes de la Russie pour la liquider en tant que super puissance (Zbigniev Brezinski « le grand échiquier ») reste l’ abcès ukrainien et maintenant syrien et les futurs retournements d’alliance facteurs de guerre civile.Mieux encore, les états les plus puissants pouvaient enfin intervenir dans ce jeu et avancer leurs pions en fonction des rapports de force internationaux. Ceci n’ a pas échappé à Poutine, qui apporte tout son soutien aux gilets jaunes par le truchement de RT France.

 

La lutte contre l’islamisme radical devait se doubler d’une mise en avant d’un féminisme, hors classe instrumentalisé. Ce n’ est d’ ailleurs pas un hasard si le mouvement a débuté aux États-Unis pour ensuite se répandre tant bien que mal dans le monde entier réduisant la lutte de classe à un féminisme anti-matchiste, duquel les femmes gilets jaunes ont tenté en vain de se démarquer au cours de la manifestation du 5 janvier 2019.

 

Le mouvement écologique est maintenant relayé non seulement par l’ État, mais par le capitalisme vert promu par l’ UE et encensé par l’ ancien soixante-huitard « anti-nucléaire et pro voiture électrique » Daniel Cohn Bendit, comme sortie de crise. La crise sociale des pays de l’ OCDE est venue rejoindre, celle des pays dits du « sud » où le prix de la force de travail mondialisé, concurrence les forces de travail du monde occidental. On parla de « délocalisation » d’ égalité entre le nord et le sud, de pays émergents avec leurs zones économiques spéciales (ZES). Le paupérisme tant relatif qu’ absolu allait remettre au goût du jour le précariat, le concept de travailleurs pauvres et les ressentiments pour la jeunesse d’un avenir plus sombre que celui de leurs parents, d’ où l’ émergence de mouvements passéistes, voulant revenir au bon temps des trente glorieuses, mouvement en repli sur eux-même dit « populiste » en progression au sein de l’ UE.

 

Le mouvement des gilets jaunes se veut apolitique, mais c’est une illusion de penser qu’il est apolitique, il est bien plutôt l’ expression d’ une médiatisation d’ un nationalisme dispensé par les différents gouvernements et partis, même de gauche comme Mélenchon. Qui on s’en souvient a liquidé le drapeau rouge pour le tricolore, le chant l’internationale pour la Marseillaise. Certains se sont empressés de comparer le mouvement des gilets jaunes à celui de la commune de Paris, il n’y a pas beaucoup de points communs entre la commune et les gilets jaunes, mais il est intéressant par contre de le comparer -toute proportion gardée- au mouvement des piqueteros argentins ; dont l’ un écrira.

 

« Nombre de nos camarades ont disparus, après les années Menem, du fait des privatisations, les usines elles-mêmes ayant disparu. La classe ouvrière argentine, très puissante jusque dans les années 1970, a été détruite. Ni les grèves, ni le sabotage de la production – des méthodes d’action en vigueur à l’époque – ne sont parvenues à enrayer sa chute. Le piquete était une nouvelle manière de concevoir la lutte sociale. Il s’agissait de paralyser la circulation effective de la marchandise et par conséquent le fonctionnement du système lui-même. » »Notre stratégie de lutte » Entretien avec un militant « piquetero » argentin

 

Tous ces mouvements à des degrés divers, sont l’ expression de citoyens1 mis côte à côte à un moment donné par le truchement des réseaux sociaux. Ils tenteront de se dégager de cette « individualisation » en socialisant leurs actions. Nous sommes maintenant une famille devait déclarer un gilet jaune, sentiment nettement partagé sur les ronds points. Ils sont par nature asociaux, au sens où ils ont rejeté en bloc le « système » représentatif : parlement, sénat, partis , syndicats et élections, pour finalement y revenir avec le RIC.

 

2-Les gilets jaunes comme produit social des défaites économiques du prolétariat

 

« Un développement des forces productives qui réduirait le nombre absolu des ouvriers, c’est à dire permettrait en fait à la nation toute entière de mener à bien en un laps de temps moindre sa production totale , amènerait une révolution, parce qu’il mettrait la majorité de la population hors circuit ».Marx T.3 p 279).

 

Ayant perdu ses centres prolétariens et perdu son combat pour le maintien des acquis dans2 les pays de l’ OCDE, la défaite économique du prolétariat de ces pays avait pour corollaire le développement d’une nouvelle classe ouvrière dans les pays dit « émergents ». La Chine populaire ( celle des trois classes) s’est hissée au rang de deuxième puissance mondiale et nouveau centre de l’ accumulation capitaliste, mais à la 100é place pour son PIB par habitant. La vieille économie est de ce fait entrée dans un déclin concurrentiel où la porte de sortie pour le capitalisme historique est à l’ international, la dite mondialisation (version route de la soie). Les pays de l’ OCDE misent sur les NTCI pour émerger de nouveau mais la Chine vient de relever le gant sur ce terrain, la rivalité Chine/Etats Unis est apparue au grand jour avec l’ affaire Huawei 3 . Le mouvement des gilets jaunes placé dans ce contexte apparaît comme un sursaut face à un réformisme à rebours, il s’impose à nous du seul fait de la faiblesse du monde du travail et de la guerre de classe systématique menés par tous les gouvernements pour liquider la lutte de classe au profit du dialogue social, c’ est à dire la gestion de la crise sociale et l’ accompagnement de la misère du syndicalisme rassemblé (CFDT et CGT) via la Confédération européenne des syndicats (CES) et la Confédération Syndicale Internationale (CIS)

 

Le réformisme à rebours comme le disait P . Mattick est apparu au moment où le capitalisme à l’ échelle mondiale décida de procéder en 1979 à son retournement monétariste, contre l’ État providence du Keynésianisme. A partir de cette date, et du fait du retournement monétariste le programme commun de la gauche et ses nationalisations à tout va était mort né dés l’arrivée au pouvoir de François Mitterand en 1981. La bourgeoisie française venait de choisir l’ UE et la mondialisation comme champ de bataille pour sa survie. Les entreprises les plus puissantes se devaient d’ avoir la « taille critique » afin d’ affronter la mondialisation et les 3 D (Désintermédiation, Décloisonnement et Déréglementation du secteur bancaire).Nous pouvons ajouter Dématérialisation.

 

En Grande Bretagne , Margaret Thatcher (la dame de fer) a rapidement donné le ton et finit par vaincre les mineurs (1984-1985) . L’investissement en machines ne parviendra pas à concurrencer les mines à ciel ouvert …En France, 85 000 emplois vont disparaître et avec eux un des importants bastions des luttes ouvrières La grande grève de 1963 des mineurs Lorrains sur Paris en atteste. L’ industrie charbonnière entrera en « déclin » partout dans le monde au profit de l’industrie pétrolière et gazière. Ensuite, ce fut la sidérurgie4 qui allait subir les affres de la concurrence mondiale, et nous allons voir se délocaliser de nombreuses entreprises, pendant que d’ autres se rationalisaient et investissaient dans la « machinerie » ( robotique,numérisation) …pour rester sur le marché notamment l’ industrie automobile en situation de surcapacité. Il va rulter de ce double mouvement les délocalisations et l’introduction de la robotique une poussée importante du chômage et des contrats de travail (type zéro heure) menant au précariat, et à la situation que Paul Mattick avait anticipé.

 

« Résumons-nous : le réformisme suppose que le capitalisme soit réformable. Tant que celui-ci conserve ce caractère, l’essence révolutionnaire de la classe ouvrière demeure à l’état latent. La classe ouvrière cessera d’avoir conscience de sa situation de classe, et elle identifiera ses aspirations à celles de la classe dominante. Un jour cependant, la survie du capitalisme finira par dépendre d’un « réformisme à rebours » ; le système sera contraint de recréer les conditions qui ont conduit au développement de la conscience de classe et à la perspective d’une révolution prolétarienne. Lorsque ce jour viendra, le nouveau capitalisme ressemblera à l’ancien, et il se retrouvera de nouveau, dans des conditions changées, face à l’ancienne lutte de classe. » ( Paul.Mattick, Le nouveau capitalisme et l’ ancienne lutte de classes ( 1968) Edition Spartacus sous le titre «Le marxisme hier, aujourd’hui et demain »).

 

3-Émergence du mouvement des gilets jaunes et fragmentation du salariat.

 

Nous pouvons caractériser le mouvement des gilets jaunes, comme un mouvement passéiste qui cherche à sortir de l’ insécurité sociale par diverses voies, et en fonction d’ intérêts parfois contradictoires qui apparaissent au fur et à mesure de leur lutte. L’ aspect dominant du mouvement est la référence à un nationalisme des terrains de foot , doublé d’un régionalisme anti-Etatique. Même impur, c’est à dire aclassiste le mouvement des gilets jaunes est le premier mouvement important qui caractérise le début du 21éme siècle en France. Il s’élève, contre l’ appauvrissement et la désertification des campagnes. Il est aussi le résultat de la fragmentation de la classe ouvrière dans les pays de l’ OCDE victime de la désindustrialisation /délocalisation et actuellement de la dématérialisation facteur de chômage chronique, de paupérisme, de petits boulots … conséquences d’un déclin relatif des économies occidentales.

 

Ce n’ est d’ ailleurs pas un hasard si le salariat pourtant menacé par les nouvelles technologies est resté dans sa grande majorité en dehors du mouvement réel des gilets jaunes qui au moment où j’ écrit va se lancer dans son ACTE X.

 

Comme l’ a prétendu de manière provocatrice Warren Buffet, multimilliardaire américain « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ».

 

En effet, le capitalisme triomphant qui se veut la « fin de l’ histoire » a tout fait pour liquider toutes les références à la lutte des classes. En France les gouvernants ont même été jusqu’à remettre en cause les acquis du conseil national de la résistance (CNR)5, tout en réduisant les droits syndicaux avec la complicité des bureaucrates syndicaux contre le syndicalisme de base6. Tout ce qui était le fruit du rapport de force entre la classe capitaliste et prolétarienne, se devait d’ être anéantie comme une abomination, une maladie incurable générée par les partisans de la lutte de classe. Toutes les références à ces luttes de la commune de Paris, en passant par 1936, les grandes luttes des cheminots, mineurs, sidérurgistes, fragmentées et délocalisées. Mai 68 éclate principalement contre la guerre du Vietnam avant de gagner le mouvement ouvrier, il y a un sursaut et des victoires économiques conséquentes.

 

Des les années 1980, la bourgeoisie capitaliste repasse à l’offensive et adopte la stratégie visant à faire crever le poisson en retirant l’ eau, ce qui le fait vivre. Il s’ agit de liquider partout l’ État providence, toute référence au collectif , favoriser l’ individualisation, briser les résistances dans les moindres recoins, l’ entreprise ne doit plus être un village, la concentration d’ établissements de même profession doit éclater ( facteur de lutte).Tout est savamment mis en place pour favoriser l’isolement des individus par le concassage du temps de travail, l’éparpillement du salariat, les fusions acquisitions, les déménagements d’un site à l’ autre pour éviter les rapprochements collectifs, le travail nomade et flexible, le télétravail. 7

Mais comme le signalait João Bernardo des 2008 :

« En outre, la technologie électronique a réussi à accomplir une prouesse inédite dans l’histoire de l’humanité : la fusion entre système de surveillance et processus de travail. Jusqu’à l’époque actuelle, les travailleurs devaient être surveillés par des agents spécialisés, qui non seulement ne pouvaient pas être abusés, mais dont les salaires représentaient une dépense considérable pour les propriétaires des entreprises. Pour être tant soit peu efficace et ne pas provoquer une croissance inacceptable des coûts, ce système de surveillance exigeait que les travailleurs soient tous concentrés dans les mêmes installations. »(La question sociale:Classe ouvrière… ou travailleurs fragmentés ? Par João Bernardo )

 

Depuis, les NTIC viennent parachever cet isolement contrôle et déshumanisation de l’ être social. La numérisation tout comme l’ informatisation ne connaissent pas de frontières, elles pénètrent partout la société civile et les êtres vivants l’homme compris. Elles brisent chaque jour un peu plus la sphère privée des familles, le travail n’ a plus d’ horaire ni de jour de repos il fonctionne nuit et jour, il est devenu fluide comme le pétrole et l’ argent. A ce niveau il ouvre la voie à l’ économie collaborative, celle qui nous fait déjà travailler gratuitement comme consommateur. En effet nombreux sont les emplois qui sont maintenant et toujours plus médiatisés par le net. L’être humain est exclu du travail salarié, mais pas de son obligation de travail celle que lui impose tout le système de la techno-science, celle de l’ image , du temps réel , de la traçabilité et du transhumanisme.

 

En résumé

 

Le mouvement des gilets jaunes, est la réponse ultime à l’insécurité sociale globale, qui d’ ailleurs ne touche pas que la province, ce mouvement des samedis ACTE est particulièrement déconcertant pour l’ état, puisque celui-ci n’ a que très peu de prise économique sur lui (il n’y a pas de perte de salaire) mais plutôt des soutiens divers, même de la « violence » du boxeur où 117 000€ ont été récolté en moins de 24 heures, cette cagnotte a été immédiatement bloqué par le pouvoir, comme soutien à la violence. Mais toutes les tentatives visant à retourner l’ opinion publique contre les gilets jaunes se sont retournées contre le Macron (jupiter) surnommé dorénavant Macron l’ éborgneur .Ce mouvement peut de se fait tenir longtemps, d’ autant que le temps travail pour lui, puisque que l’ économie mondiale entre officiellement en stagnation.

 

A l’ avenir nous n’ aurons plus dans les pays désindustrialisés un prolétariat autre que précaire qui mettra du temps à s’organiser, et devra s’ engager dans des mouvements type gilets jaunes, dont l’ évolution reste pour le moment controversée. N ‘en reste pas moins que la détermination des gilets jaunes, malgré la féroce répression visant en particulier les yeux est impressionnante. Macron l’éborgneur et ses sbires doivent démissionner, ils démissionnent d’ ailleurs les uns après les autres depuis quelque temps de peur d’ avoir à rendre des comptes.

 

Et pour conclure

 

« Elle ne peut plus régner, (la classe bourgeoise) parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui » (K. Marx le Manifeste Communiste)

Gérard Bad (le 19 janvier 2019 acte X des G.J.)


 

NOTES

 

1 La critique du citoyennisme est contenue de long en large dans la question juive de K.Marx, à laquelle il faut se reporter.

2« Si la classe ouvrière lâchait pied dans son conflit quotidien avec le capital, elle se priverait certainement elle-même de la possibilité d’entreprendre tel ou tel mouvement de plus grande envergure.(K.Marx, « salaire,prix,profit » chap.XIV.)

3L’arrestation par les autorités canadiennes de Meng Wanzhou, vice-présidente et CFO du géant des télécoms chinois a fait l’effet d’une bombe. Elle augure mal la poursuite des négociations tarifaires entre les Etats-Unis et la Chine. Mais cet épisode n’est que la partie visible de l’énorme rivalité américano-chinoise pour la conquête des technologies du futur.

4-100 000 emplois furent supprimés dans l’ industrie textile en France entre 1962 et 1968, 45 000 dans la même période dans la sidérurgie.

5Le CNR fut une entente entre le PCF et les gaullistes pour la reconstruction de l’ économie nationale avec l’ aide des syndicats CGT et CFTC à l’ époque

6-Les ordonnances Macron viennent parachever la limitation du droit syndical. La nouvelle instance représentative devient le Comité Social et Economique (CSE), elle remplace les CE, DP et CHSCT dans l’entreprise.A la SNCF, c’est 29 CSE qui devront représenter 160 000 cheminots, la ou il existait plus de 200 instances représentatives (CE,CHSCT,et DP) il s’ agit d’un coup mortel porté au syndicalisme de base avec l’ accord des bureaucratie syndicales.

7-Aux dernières nouvelles , le SDEM de la cie d’ assurance l’ Allianz dénonce la mise en place de bureaux flexibles, comme étape ultime de la dépersonnalisation et de la flexibilité. «Fini le bureau individuel. Tous les matins, on sort ses affaires de son caisson, on les installe sur le bureau, on désinfecte le clavier (eh oui !) ; tous les soirs, on range ses affaires dans son caisson. Dans certaines sociétés, on doit même faire place nette si on part en réunion !

L’avantage pour les salariés ? Aucun, bien entendu. Les premiers arrivés sont les premiers servis pour les meilleures places, tant pis pour les suivants. Ils ont encore moins de place de stockage, perdent du temps à rentrer et sortir les affaires de leur caisson. Et surtout, se sentent encore davantage des « pions », que l’on peut transbahuter à sa guise. L’avantage pour l’employeur ? Évidemment réduire les coûts en diminuant la surface globale allouée aux salariés, en partant du principe qu’ils ne seront jamais tous présents en même temps. » (Syndicat Démocratique des Employés Mécontents juin 2018 ALLIANZ, extrait). Comme dans les prisons les transferts fréquents empêchent , la mise en place de résistances.

 

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