Les ordres sergent-chef de la Commission européenne

LE YETI:

Avec la pluie antédiluvienne d’ordres incendiaires que la Commission de Bruxelles vient de faire tomber sur les pays membres de l’Union européenne, je sais des Quatremer qui vont devoir se moucher sacrément du nez pour justifier encore leur hétéroclite conglomérat.

À tout saigneur (fiscal), tout honneur (bu), commençons par la France du malheureux Hollande.

Magne-toi le train, a dit en substance l’omnipotente Commission à l’ex-ennemi n° 1 de la finance internationale. On t’a accordé deux ans de sursis pour rentrer dans les rails du déficit budgétaire sous les 3 %. Alors maintenant à toi de tenir fissa tes promesses sur les retraites (couic), sur les dépenses publiques (couic), sur les réformes structurelles (couic)…

Enfumage

Hollande (déclenchant au passage les fous rires inextinguibles de la finance internationale qui trainait par là) :

« Hoho, mais ho, doucement les basses, la Commission européenne n’a pas à dicter ce que nous avons à faire… enfin quoi, euh, bon… »

Ne me dis pas, ami lecteur, que tu crois véritablement que notre présidenticule normalisé a la moindre intention de s’opposer aux injonctions bruxelloises ? Comme je le dis plus haut sans l’ombre de l’ombre d’un doute, le sursis sur le budget NE PEUT PAS avoir été accordé sans contreparties.

Et ce sont ces contreparties que la Commission européenne est en train de rappeler sans détours à notre humoriste involontaire. Et ce sont ces contreparties que ce dernier va essayer de mettre obligeamment en application, malgré quelques vagues saillies de matamore d’opérette dont il a le triste secret, et qui n’ont d’autres fins que d’enfumer les ouailles du parterre.

La petite chance… que Hollande ne saisira pas

Hollande, dans son désarroi, aurait presque une petite chance avec lui. La Commission pète-sec commence elle-même à être sérieusement débordée par les évènements.

Car, sur 27 pays membres de l’UE, seuls 4 d’entre eux (Estonie, Finlande, Luxembourg et Slovaquie — non, non, pas l’Allemagne) respectent encore aujourd’hui les deux critères imposés par le pacte de stabilité de la zone euro (déficit annuel maximum de 3%, dette inférieure à 60 % du PIB). Et les honorables commissaires ne savent plus où donner de la tête :

« La Belgique a quatre mois pour mettre fin à sa situation actuelle de déficit excessif ! » (29 mai 2013).

Du coup, les rodomontades autoritaires de la Commission sont bien parties pour se muer en un vague autoritarisme de sergent-chef. Car loin de s’en sortir, la misérable troupe des 23 gueux hors les clous (oui, oui, Allemagne comprise) s’enfonce inexorablement.

Mais comme disait un commentateur sportif : « Il n’y a que les bons gardiens de but qui ont de la chance. » Vous allez voir que notre Hollande, pâle remplaçant au pied-levé d’un DSK égaré, loin de profiter de cette chance, obtempèrera sans sourciller aux ordres de la Commission de Bruxelles. Avec zèle et diligence.

Une pensée sur “Les ordres sergent-chef de la Commission européenne

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    28 juin 2013 à 14 02 04 06046
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    J’aime bien cette photo de notre Président au garde-a-vous recevant les instructions de son officier supérieur qui lui tend la main avec fermeté… et insistance. J’entend la voix dans ma tête « Voila qui est bien compris, n’est-ce pas Hollande ? Alors plus de chichi, on passe l’éponge sur les réticences et on n’en parle plus. Topez-la et action. Gauche, droite, Gauche,…. Droite. DROITE….

    Ca me rappelle la superbe photo de Sarko faisant acte de soumission à la Chine. Qui a dit qu’il n’y a pas un fil conducteur dans la politique de la France ?

    PJCA

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