Les paludiers de Saint-Armel et le Conseil général : menaces sur les trésors de la saline

Audrey Foucher sur la saline de Saint-Armel

LE YETI :

Audrey Foucher sur la saline de Saint-Armel

Mais qu’est-ce qu’ils ont derrière la tête. Qu’est-ce qui vaut un tel acharnement punitif ? Et surtout pour quel résultat ? Vous vous rappelez l’histoire des paludiers de Saint-Armel, sur le Golfe du Morbihan, victime de la vindicte du Conseil général local et de son président, François Goulard ? Eh bien, ça ne s’arrange pas du tout.

Olivier ChenelleRésumé des épisodes précédents : en quinze ans, Olivier Chenelle et Audrey Foucher ont remis en état ce vieux marais salant à l’abandon. Avec leurs petites mains, leurs petites économies et une toute petite aide très tardive du Conseil général. Aujourd’hui, la vente du sel nourrit vaillamment ses exploitants. Et, cerises sur le gâteau, les oiseaux d’eau sont venus squatter l’endroit pour s’y reproduire peinards. Au grand plaisir des visiteurs et des écoliers de la région.

Cet apaisement que chacun affirmait souhaiter

Et puis patatras, la grosse brouille. Le paludier, qui a son caractère, fait (dit-il) respecter les lieux contre l’invasion un peu massive et tonitruante de quelques visiteurs trop intrusifs. Le président du Conseil général reçoit (c’est lui qui le dit) des plaintes de quelques-uns de ces “malmenés”.

De mauvaises langues (dit-on) avancent que le Conseil Général aimerait bien aussi récupérer les lieux pour y développer un tourisme un peu plus massif… et (oh, à peine) plus lucratif !

Mais peu importe, laissons à chacun sa version. Car c’est à ce point que cette histoire désolante devient symptomatique de comportements humains irrationnels et menace de gâchis. Avant l’été, la mobilisation s’était faite imposante autour du paludier. Le 22 juin, une manifestation réussie avait troublé le calme du landerneau. Des soutiens de renom s’étaient vivement manifestés (Allain Bougrain-Dubourg).

Les choses avaient ensuite paru s’apaiser. Durant l’été, quelques avancées de conciliation paraissaient se dessiner. David Lappartient, conseiller général UMP du canton et maire de la ville voisine de Sarzeau, avait proposé sa médiation officielle.

Chaîne humaine le 13 octobre

Bref, on semblait s’orienter vers ce que les humains savent parfois faire de mieux après leurs engueulades : la réconciliation et l’entente à l’amiable. Confiants, le paludier et son épouse sortaient même en juillet un magnifique livre-coffret, “Les Trésors de la saline” (26 euros).

Francois GoulardEt repatatras, à la rentrée de septembre, le paludier apprend par la bande que l’obstiné maître Goulard a lancé un appel à candidature pour le remplacer et que la prétendue médiation du maire de Sarzeau s’avère être du flan. Olivier, Audrey et leurs enfants sont sommés de quitter les lieux avant le 17 novembre.

Aussitôt le collectif de soutien monte au créneau. Le 13 octobre prochain, les défenseurs de la saline menacée sont appelés à former une chaîne humaine autour de la saline.

Bon, me diras-tu, cher lecteur qui ne connaît le Golfe du Morbihan que par quelques semaines oubliées de villégiature estivale, cette histoire est somme toute très commune. Mais c’est précisément parce qu’elle est banalement répandue que le voyageur à domicile que suis éprouve le besoin de t’en parler. N’est-ce pas ces tout petits riens qui font le sel de nos existences ? Ou qui lui pourrissent la vie ?

Une histoire de tourneculs à qui perd perd

Car enfin qui a quelque chose à gagner dans cette lamentable histoire ?

  • À triompher sans gloire, que peut gagner le notable Goulard, ex-ministre, ex-député, maire de Vannes, à ce jeu débile de qui a la plus grosse qui l’oppose à un de ses administrés ?
  • La “faute” du paludier (si faute il y avait) méritait-elle une sanction si grave qu’elle va ruiner le travail de quinze années de vie et mettre sur la paille toute une famille ?
  • Et jusqu’à l’infortuné paludier successeur qui risque fort de se prendre un bouillon d’entrée. Car il suffit de courir les marchés de la région pour se rendre compte que le comité de soutien, très actif, de son prédécesseur, eh bien c’est à peu près 90 % de son chiffre d’affaires qui va lui échapper par inévitables représailles.

sternesUne histoire idiote de tourneculs à qui perd perd, vous dis-je. Où les véritables victimes d’égos surdimensionnés seront au bout du compte les vrais trésors de la saline, je veux dire, les petits zoziaux. À moins que, qui sait, la raison humaine, cette ultime petite lueur d’espoir…

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