Les Pierres ont-elles une âme ?

 

OLIVIER CABANEL:

Même s’ils posent plus de questions qu’ils n’en résolvent, il n’est pas inutile de tenter de comprendre ces alignements de monuments, de pierres dressées, étudiés par de nombreux chercheurs, tel Alain Boudet, et ceci depuis les années 30…voire avant.

Alain Boudet est en effet l’un de ceux qui ont constaté que les dites dits « sacrés » n’étaient pas situés au hasard, mais sur des lignes géométriques précises. lien

Avant lui, William Black, dès 1870, s’était intéressé à l’alignement de plusieurs sites, ou monuments, et avait déclaré lors d’une conférence : «  entre les monuments existe un marquage fait de lignes géométriques qui couvrent l’ensemble de l’Europe occidentale  ». lien

Ce que confirmait quelques années après G.H. Piper, remarquant qu’une ligne tracée de la Pierre d’Arthur, à la montagne Skirrid-fawr, passe par Hatterall Hill et les châteaux de Oldcastel, longtown Castle, Urishay et Snodhill. lien

Plus tard, Alfred Watkins remarque que certains sites de menhirs, de tumulus, sont situés en ligne droite sur des kilomètres à travers la compagne, et il va donner comme nom à ces alignements celui de « ligne de ley », ou « old straight track », le ley étant un ancien terme anglo-saxon signifiant « espace dégagé ».

Watkins attribuera à cette époque l’alignement constaté au fait qu’ils étaient sur d’anciennes voies de transport, bien avant l’occupation romaine.

On oubliera ces « lignes de ley » pendant de nombreuses années, jusqu’à la publication en 1969 de « the View Over Atlantis  », ouvrage de John Michell, décédé en 2009, lequel, reprenant les observations de Watkins, imputera ces alignements à des connaissances anciennes, basées entre autres sur la radiesthésie. lien

Il va mettre en évidence une ligne commençant au Michael’s Mount, et passant par de nombreux sites religieux dédiés à St Michel, ce qui donnera à cette ligne le nom de « ligne St Michel ». lien

Mais il n’y a pas que les lignes, il y a aussi des triangles, tel celui découvert par l’astronome Sir Norman Lockyer : un triangle équilatéral de 10 km de coté, dont les extrémités sont le célèbre Stonehenge, le château de Grovely (grove-ley) et Old Sarum. lien

Ce scientifique incontesté, (il a découvert la présence de l’hélium dans l’atmosphère), a découvert aussi d’autres alignements, en Egypte notamment, et a publié ses découvertes en 1894 dans « the Dawn of Astronomy ». lien

On met aussi à son actif la datation de Stonehenge, soit 1680 avant notre ère, même si son calcul a été contesté.

John Michell, s’est aussi intéressé à Stonehenge, découvrant que le site fait partie d’un décagone, et d’un triangle rectangle parfait dont Avebury et Glastonbury sont les 2 autres extrémités. lien

Il y a d’autres cas d’alignements : soit des leys peuvent être parallèles sur plusieurs kilomètres, mais des sites peuvent être situés sur des cercles concentriques autour d’un centre de rayonnement.

Bien sur ces alignements, on l’a vu, ne se limitent pas à la Grande Bretagne, et on en a découvert un peu dans toute l’Europe, et au-delà.

Wilhelm Teudt, un prêtre allemand, avait publié en 1929 « sanctuaires germaniques » (germanische Heilgtümer) dans lequel il évoquait des « lignes sacrées » reliant des sites antiques sur des centaines de kilomètres, formant aussi des figures géométriques. lien

Un autre allemand, le géographe Joseph Heinsch alla un peu plus loin.

Intrigué par une mosaïque de la cathédrale de Xanten qui représentait une carte orientée des églises de la région, il avait expliqué lors d’une conférence donnée en 1939 que les centres sacrés étaient situés sur des figures géométriques en lien avec les constellations.

Heinsch s’est aussi penché sur le grand cercle de pierre à Odry, en Pologne, ainsi que sur Stonehenge, et sur le Temple de Salomon, découvrant de surprenantes concordances dans leurs dimensions. lien

En France, Xavier Guichard, ex vice-président de la société archéologique de France, s’était particulièrement attaché à étudier l’origine des noms de lieux, et particulièrement sur celui d’Alésia, y trouvant des correspondances avec d’autres lieux, comme Alaise, Ales, Alis, Alleslien

Ce mot signifie point de rencontre, ou lieu de halte lors de voyages, et d’après Guichard, ces lieux, quasiment toujours reliés à une colline dominant une rivière, à un puits, ou à la présence de sel, avaient été établis dans les temps anciens selon des lignes astronomiques immuables, déterminées d’abord par le ciel, puis transféré sur Terre à intervalles réguliers, chacun valant un 360ème du globe terrestre. carte

Ce sont les 2 frères Richer, Lucien et Jean, qui faisant des investigations à propos des temples grecs découvrent qu’ils sont reliés : une ligne tracée de Delphes à Athènes, se prolonge sur l’ile de Délos, lieu de naissance d’Apollon, puis rejoint le temple d’Apollon de Kamiros, sur l’ile de Rhodes, traversant par la suite d’autres centres sacrés, comme le temple d’Agra, per exemple. lien

Lucien reprendra les travaux de Jean, et va découvrir que cette ligne traverse toute l’Europe, reliant l’Angleterre à la Grèce, puis Israël, en passant par le Mont St Michel, Bourges, Cluny, la Tour de Pise, la sacra di San Michele, dans les Alpes Italiennes, Monte Sant’ Angelo (sanctuaire ancien dédié à St Michel), et se prolongeant jusqu’au Mont Carmel, en une ligne droite de près de 4000 km.

Cette convergence du nom de St Michel ne lui avait pas échappé, puisqu’il faut se souvenir que s’il est vrai que St Michel a une origine chrétienne, les sites étaient auparavant dédiés aux dieux du soleil et aux déesses-mère de la Terre, avant d’être récupérés et détournés par la religion catholique.

Jean Richer s’étonnait aussi en examinant des monnaies anciennes, que des lignes marquées par des temples rayonnaient de Delphes, Délos et Sardes, formant la roue d’un zodiaque.

C’est ce qu’avait prétendu en 1929 Kathryn Maltwood, dans son livre «  A guide to Glastonbury’s Temple of the Stars  », révélant que, vu d’avion, on pouvait découvrir les formes du zodiaque dans des éléments de paysage, et faisant remarquer de plus que le nom des villages n’était pas sans rappeler celui des signes du zodiaque. lien

Mais revenons à nos « lignes ».

On les retrouve aussi dans d’autres nombreux pays.

Celles d’Amérique du Sud ont quelques notoriétés : de celles de la civilisation péruvienne Nazca, réalisées bien avant notre ère, (lien) aux lignes de Sajama des Boliviens, (lien) en passant par les lignes relevées par la NASA dans la région d’Arenal au Costa Rica, (lien) ou celles repérées au Chili dans le désert Atacama, (lien) sans oublier la longue route rectiligne mexicaine du Yucatan, reliant temples Incas et lieux sacrés, on peut multiplier les observations.

En Colombie les Kogis, anciennement appelés Tayronas, héritiers directs des Mayas, habitent des cités reliées entre elles par des voies pavées ou des pistes rectilignes, dont ce peuple affirme qu’elles sont les traces physiques de voies spirituelles du « monde de l’Aluna », expliquant qu’en parcourant ces voies dans un sens, puis dans un autre, ils participent à l’équilibre énergétique de la Terre. lien

Déjà en 1858, William Pidgeon avait publié « tradition of the De-Coo-Dah  », ouvrage dans lequel il relatait l’existence de gigantesques ouvrages en terre situés en ligne droite sur plusieurs kilomètres, dans les plaines du Midwest. lien

Au-delà du continent américain, en Australie, les aborigènes disent avoir, tout comme les Kogis, un rapport direct avec la Terre, percevant des voies invisibles, qu’ils appellent Turingas, voies qui seraient revitalisées à certains moments, et qu’ils utiliseraient pour échanger des messages télépathiques sur de grandes distances.

On n’est pas si éloigné de cette croyance qui voudrait que les pierres soient capable d’avoir une âme, comme l’explique Alex Whitaker dans son étude du « paysage vivant ».  lien

On retrouve cette notion en Chine, dans l’art du Feng Shui, sous la forme de lignes de courants d’énergie appelées « veines du Dragon », qui seraient liées à des courants d’eaux souterraines ou des failles géologiques.

Au croisement de ces lignes se trouveraient des vortex, lesquels ont été étudiés scientifiquement par Wilbert Smith, un ingénieur canadien, déterminant leur diamètre, environ 300 m, et affirmant qu’ils auraient plusieurs kilomètres de hauteur.

Il s’était particulièrement intéressé au vortex de Marysburgh, à l’est du lac Ontario, (44° 4’ 21 ‘’ N, et 76° 46’ 8’’ W) secteur dans lequel ont été constatés des naufrages inexplicables, qui ne sont pas sans rappeler ceux du fameux triangle des Bermudes. lien

Ces naufrages sont-ils dus à des « anomalies magnétiques » ?

Y-a-t-il des courants d’énergie magnétique circulant aux 4 coins de notre planète ?

Quelle est la signification, et l’utilité de ces routes visibles, ou invisibles ?

Il y a de toute évidence plus de questions posées que de réponses.

Et comme dit mon vieil ami africain : « celui qui marche droit trouve toujours la route assez large  ».

L’image illustrant l’article vient de « le.monde.de.momo.free.fr »

Merci aux internautes de leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

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2 pensées sur “Les Pierres ont-elles une âme ?

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    19 août 2013 à 0 12 52 08528
    Permalink

    Très intéressant. Ya t-il des références concernants le Québec ? Merci

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  • avatar
    19 août 2013 à 10 10 17 08178
    Permalink

    Ce qu’on peut dire c’est que tout ce qui est basé sur l’emplacement des constellations est désuet. LES CONSTELLATIONS ONT CHANGÉES DE PLACE DANS LE CIEL. Et la terre aussi.

    Affectivement.

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