L’évolution du capital financier en chine. (notes de 2006)

1 La place des IDE dans l’économie Chinoise

2-Constitution d’un capital financier en chine, et exportation de capital.

3-La Chine, commence à exporter du capital.

4-La situation des banques chinoises.

Introduction
Le texte que je vous présente est un approfondissement, de mon texte précédent « notes sur la Chine » qui fut l’objet de nos discussions de notre dernière réunion du samedi 9 juin 2007. Il me semble important, tant la propagande (car il s’ agit bien d’une propagande) sur la Chine déforme les réalités de mieux cerner certaines données essentielles. Ceci devant nous armer pour une bonne compréhension de la situation et écarter toute discussion subjective du type :
La Chine n’ est qu’un tigre de papier d’ un coté, ou la Chine est une puissance impérialiste et hégémonique de l’ autre, et ainsi de suite. J’ai pensé qu’il était indispensable de faire le point sur l’évolution du capital financier en Chine. Nous commenceront par la place des (IDE) (1) dans l’ économie chinoise,bien qu’il faille relativiser le fait que ces capitaux soient « étrangers » dans la mesure ou la plus grande partie de ces capitaux, sont d’ origine chinoise par le truchement de la diaspora chinoise et de Hong Kong. Lorsqu’on mesure les investissements originaires des Etats-Unis et de l’Europe dans le stock total d’IDE en Chine, on trouve un chiffre encore considérable (70 milliards de dollars), mais modeste par rapport au total brut de 450 milliards de dollars. Nous poursuivrons l’étude par un bref état de la situation du système bancaire chinois, bref mais suffisamment concis pour cerner la situation.

1 La place des IDE dans l’économie Chinoise
C’est au début des années 1980 que la Chine a commencé à attirer le capital étranger (2) mais nous pouvons considérer que la croissance de l’investissement direct étranger prendra véritablement son envol à partir des années 1990
Par exemple « De 1991 à 1997, les flux d’investissement direct étranger (IDE) en Chine ont crû de 20 % par an en moyenne. Surpassant les pays de l’ASEAN dès le début des années 90. Dés 1996, la Chine devenait la première destination des flux de capitaux étrangers. Elle passait devant le Mexique (28,1 milliards de dollars), l’Indonésie (17,9 milliards) et la Malaisie (16 milliards).
En 1996, le capital étranger représentait 12 % des immobilisations dans l’industrie, 17 % de la production industrielle . Cent-vingt mille entreprises sino-étrangères employaient, en 1995, 16,5 millions d’ouvriers, soit près de 10 % du total de la main-d’œuvre urbaine .
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les investissements étrangers ne constituent qu’un apport financier modeste en regard de l’épargne2 et de l’investissement chinois. Les flux d’IDE n’ont ainsi jamais dépassé 14% de l’investissement total en capital fixe (moins qu’en France) et à peine 3,5% du montant total des financements levés chaque année.

Les bénéfices qui en résultent (gains de productivité et insertion commerciale internationale notamment) conduisent les autorités à les privilégier de manière croissante . Tout en veillant à conserver la maîtrise du développement et le contrôle de secteurs considérés comme stratégiques ( ce n’ est pas propre à la Chine, la France aussi…) (3). L’évolution du cadre de l’investissement reflète bien cette double attitude. Les IDE on certes un rôle important, mais celui-ci reste limité à la croissance du commerce extérieur chinois et aux apports technologiques. Les IDE contribuaient en 1990 à 15% des exportations chinoises et dés 1999, l’investissement étranger allait générer 47% des exportations chinoises.(4) Avec 5% des exportations mondiales de produits manufacturés la Chine devenait dés 2003 le troisième exportateur mondial de ces produits, après avoir dépassé le Royaume-Uni en 2001, et la France en 2002. C’est encore peu rapporté au poids de sa population bien entendu mais le rythme de progression est conséquent.
Dés l’ année 2002 (5), la Chine est devenue la première destination de l’investissement direct étranger (IDE) dans le monde. Si cette performance est impressionnante pour un pays qui n’a autorisé l’investissement étranger que depuis peu, elle se produit alors que les flux d’IDE vers les autres pays sont en déclin. Rapporté au nombre d’habitants, l’IDE de la Chine se retrouve nettement moins bien classé. Depuis 1996, la Chine a attiré plus d’IDE que les autres pays en développement, mais reste en deçà de plusieurs pays membres de l’OCDE. D’après les statistiques de l’OCDE, en 2000, la Chine, avec ses US$ 38,4 milliards d’IDE, a fait moins bien que les États-Unis, l’Allemagne et la France, entre autres. Les chiffres récents indique que pour l’ année 2005, les flux entrants sont de 60 Mds de dollars, et le stock se monte à 560 Mds de $.
J’ attire de nouveau votre attention sur la fait, que presque la moitié de l’IDE cumulé en Chine provient officiellement de Hong Kong, Chine. Ce flux inclut un montant non comptabilisé d’IDE en provenance de la diaspora chinoise mondiale, du Taipei chinois et de Chine même (par la pratique des « aller-retours », qui consiste à faire transiter des investissements intérieurs chinois par Hong Kong, Chine afin de profiter des avantages fiscaux). Ce qui relativise la critique trotskiste. Qui dit : «  Loin d’être le nouvel atelier du monde, la Chine ressemble plus à un atelier clandestin géant au service des grandes sociétés mondiales. » et encore plus si l’ on considère son développement dans son cadre régional, voir tableaux ci-dessous

21.08.2019-English-Italian-Spanish-Portuguese www.ehess.fr/centres/cecmc/
pages/chercheurs/pairault.html

NOTES

Les IDE Originaires d’Asie ne concernent généralement que des projets de petite taille (moins de 30 millions de dollars) et des secteurs à faible intensité technologique. Ceci expliquant peut-être cela, l’investissement direct étranger étant, à près de 90 %, concentré dans les régions côtières, le déséquilibre entre une Chine côtière industrialisé6 et la Chine intérieure serait le résultat de cet investissement centrant non plus sur la Chine mais sur le corridor économique de l’Asie de l’est, Insérant la Chine côtière dans un espace, beaucoup plus mondialisé, où les échanges intra-asiatiques sont le moteur de la dynamique.
Bref, cette frontière intègre tout autant qu’elle sépare. C’est peut-être en se plaçant hors de Chine qu’il faut alors lire la dynamique des forces qui travaillent le continent chinois. Et c’est sur le pourtour de cette Méditerranée asiatique dont il faut cerner les contours et les flux, qu’il importe de chercher l’un des foyers du développement chinois.
Voir en annexe quelques réflexions intéressantes sur la Chine et l’international.
2-Constitution d’un capital financier en chine, et exportation de capital.

L’ accumulation du capital en Chine, procède directement de l’introduction conjuguée de l’ extraction de la plus-value relative et absolue et non d’un lent cheminement d’autonomisation comme ce fut le cas pour l’ Europe au 19 éme siècle.. L’accumulation rapide de réserves de change (près de 1500 Mds USD 2007) est captée par la Banque Centrale, à laquelle les entreprises doivent remettre 80% de leurs rentrées en devises. Les flux, quoique modestes encore, sont en augmentation sensible sur la période récente et la tendance à la hausse ne pourra que gagner en ampleur, au fur et à mesure de l’élargissement de l’activité des grandes entreprises chinoises, tant dans les secteurs de l’énergie et des matières premières (Asie du Sud-Est, Amérique latine) que du textile ou d’autres industries de main-d’œuvre (Asie Centrale, Afrique du Nord…).

Le mouvement est déjà commencé avec l’implantation des banques chinoises dans les grands centres financiers (selon les sources officielles, l’investissement financier totaliserait même dès à présent 123 Mds USD d’engagements dont 88 Mds USD réalisés), avec la mise en place de réseaux de distribution de leurs produits par les grands groupes (électroménager notamment). Cette stratégie est désormais clairement soutenue à travers le plan « go abroad » lancé en septembre 2003 par les autorités, qui cherchent à la fois à relâcher la pression à la hausse sur le Renminbi et à assurer l’approvisionnement du cœur industriel du pays.

Au total l’ID chinois à l’étranger s’est élevé à 3,6 Mds USD en 2004 (en hausse de 27% par rapport à 2003), répartis dans 829 entreprises. Le stock d’investissement chinois se montait en fin d’année à 37 Mds USD), en très grande majorité en Asie (80%), même si le rôle intermédiaire de Hong Kong (74% des flux sortant) et des paradis fiscaux (13%) ne permet pas d’apprécier la destination finale. L’essentiel des investissements est concentré dans les secteurs de l’électronique, du commerce et de l’extraction minière7 (resp. 33%, 20% et 18% fin 2003 selon le Ministère du commerce). Les IDE chinois, s’intéressent aux sources d’approvisionnement pétrolières et à ce titre l’ industrie pétrochimique fut concentrée en deux entreprises : La china National Pétroléum Corporation (CNPC) et la Sinopec, elles sont parmi les 10 premières mondiales.8

«  On sait par exemple, que les firmes pétroliè­res chinoises n’ont pas hésité à mettre sur la table plus de 5 mil­liards de dollars d’un coup pour acquérir Petrokazakhstan – et construire un pipe-line -, au 18,5 milliards de dollars pour tenter d’acquérir Unocal aux États-Unis. On sait également que les colos­sales réserves de change chinois – 875 milliards de dollars en juin 2006 et sans doute 1 000 milliards de dollars en décembre-peu­vent être utilisées comme levier de pression sur la scène internationale : 350 milliards de dollars ont servi à acquérir des bons du trésor américain au cours des dernières années – ce qui jette un voile pudique sur le furieux débat concernant les déficits commerciaux américains ou sur la réévaluation du Yuan.
À s’en tenir à la stricte mesure des IDE – des grands pays comme des pays émergents-on note que le poids de la Chine dans les flux et stocks d’IDE sortants mondiaux reste encore très faible aujourd’hui, même s’il est probable que ce poids va s’accroître dans les années à venir. La Chine a davantage été jusque-là une zone de réception d’IDE. Fin 2005 les flux entrants en Chine se sont élevés à 60 milliards de dollars le stock total d’IDE atteignant 560 milliards de dollars soit un rapport sorties/entrées d’IDE de 1 à 13. Mais Pékin est bien décidé à réduire l’écart.” ( sources Problèmes économique 20 06 2007 p.15)

Tableau sur les IDE chinois ( Flux et stock)

IDE et nationalisme chinois
Le contrôle centralisateur de la bureaucratie sur les entreprises d’ Etat, tend à se relâcher pour ouvrir la voie au capital privé, criblées de dettes, accablées par une mauvaise gestion et une productivité déclinante, les entreprises d’Etat placées sous la tutelle des autorités locales (provinces et municipalités, districts) se trouvent acculées . L’ouverture du capital aux investisseurs étrangers semble alors la solution incontournable. Cependant elle se heurte à un nationalisme économique que l’on aurait tort de négliger : pour nombre de cadres, le dilemme n’est pas le maintien de la « propriété du peuple entier » ou privatisation, mais souveraineté chinoise ou étrangère sur des actifs — en particulier les entreprises grandes et moyennes — considérés encore comme stratégiques . Dans cet optique, le gouvernement chinois a créé en 2003 une grande Commission de rang ministériel, la SASAC (State Asset Supervision and Administration Commission), reliée directement au Secrétaire Général du PCC, et regroupant les 196 entreprises « stratégiques » du pays.

Le rôle de la diaspora chinoise ;
http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/diaspora-chinoise_1464.html
Éclatés mais terriblement soudés, les Chinois de la diaspora restent discrets. Toutefois leur poids économique est énorme : entre 200 et 500 milliards de dollars selon les estimations. Ces Huaqiao sont à l’origine des deux tiers des investissements réalisés en Chine. Toutefois, ces Chinois ne représentent que 2% de la population chinoise : d’un côté vivent 1,3 milliard de Chinois, de l’autre 36 millions d’immigrés et leurs descendants. Ils sont pour la plupart originaires de trois provinces méridionales et maritimes : le Fujian, le Guangdong et l’île de Hainan. C’est une population bien chinoise par sa culture, sa conscience identitaire et sa langue.

La Chine continentale avec des taux de croissance de 7 à 8% l’an est devenue l’un des pays les plus attractifs du monde. Elle offre à ses Huaqiao les mêmes avantages que les pays dans lesquels ils s’étaient installés : une main-d’œuvre bon marché et disciplinée, une stabilité politique et en plus un marché intérieur potentiellement énorme. La mère patrie constitue donc le marché idéal pour investir. Singapour, chinoise à 75% arrive en tête puisqu’elle fournit à elle seule 77% des IDE de l’ASEAN vers la Chine. Taiwan dont les échanges avec la Chine n’ont cessé de croître (26 milliards de dollars en 2001) a déjà perdu virtuellement son indépendance économique voire même politique. En effet, les Taiwanais se précipitent désormais, s’installant en nombre à Shanghai où se trouvent les 60 milliards de dollars qu’ils ont investi sur le continent. Bien plus, 300 000 Taiwanais sont établis dans la « ceinture taiwanaise » de Shanghai.
Ces investissements drainent avec eux des technologies, le delta du Yangtze récupérant les savoir-faire de Taiwan en matière de haute technologie et hissant la Chine qui produit déjà 36% des téléviseurs et 60% des photocopieurs fabriqués dans le monde, au rang de second constructeur informatique mondial. Ces investissements créent aussi des pôles de consommation enclenchant des cercles vertueux auxquels tout le monde tient à participer. Dans les provinces méridionales, le niveau de vie global a plus que doublé entre 1993 et 1998 ; et même si l’on peut considérer qu’en 2005, la classe moyenne chinoise élargie compte pour à peine 15% de la population chinoise, le nombre de consommateurs « ciblables » pour des produits importés atteint 200 millions, ce qui n’est guère négligeable. Surtout, en 2001, 18 millions de touristes chinois ont visité l’Asie du Sud-Est y dépensant 20 milliards de dollars ; l’organisation mondiale du tourisme estime qu’à l’horizon 2020, plus de 100 millions de Chinois parcourront le monde. Une situation bien résumée par Andy Xie, expert à la banque Morgan Stanley de Hong-Kong : « Ces cent millions de touristes seront les ambassadeurs d’une Chine affirmant sans complexe sa primauté culturelle et économique dans le monde ».
L’investissement de la diaspora chinoise est donc à double sens. Il a déjà eu un incontestable effet moteur sur l’éveil et le développement des courants financiers et l’intégration entre le Nord et le Sud de l’Asie. Il agira de même entre l’Asie et le reste du monde. Connaissant l’insatiable appétit pour les affaires de cette diaspora, on peut s’attendre à ce qu’elle étende ses réseaux toujours plus loin. Pour le moment, elle concentre ses investissements sur la Chine mais, dans un avenir plus ou moins proche, on pourrait voir des industriels chinois prendre pied sur le Vieux continent comme ils ont déjà commencé à le faire sur le Nouveau monde.

Reste que la puissance de l’aspirateur chinois, largement alimentée par les diasporas de la zone, inquiète en même temps qu’elle fascine les pays voisins. L’idée en novembre 2002 de créer l’ASEAN-China Free Trade Area, marché commun de 1,7 milliard de personnes leur apparaît aussi prometteuse que potentiellement dangereuse, surtout si l’on se réfère au problème de souveraineté non résolu en mer de Chine de l’archipel Spratley (revendiqué à la fois par la Chine, Taiwan, le Viêt Nam, les Philippines, la Malaisie et Brunei), archipel qui recèlerait d’importants gisements de gaz.

NOTES

1)_L’IDE — défini comme la somme des capitaux étrangers investis dans les joint ventures avec apport en capital (hezi qiye), les joint ventures coopératives (hezuo qiye), les filiales à 100 % (duzi qiye) et l’exploitation conjointe (zhongwai hezuo kaifa)— opère sur des structures industrielles très différenciées mais généralement tournées vers l’exportation.

2)-« Une récente étude de la Banque mondiale, consacrée à la répartition géographique de l’investissement étranger en Chine, identifie quatre facteurs déterminant l’implantation de l’IDE : le PNB d’une province donnée, le degré de développement de ses infrastructures, le niveau d’instruction de sa population, et l’accès à un port (10). Cette grille d’analyse permet certes d’expliquer la concentration de l’investissement étranger dans les régions côtières par exemple, en dépit de coûts (terrains, bâtiments, personnels) de plus en plus élevés. Elle a en outre le mérite de montrer le rôle marginal que jouent les politiques d’incitations fiscales ou tarifaires dans la décision d’investissement d’un opérateur étranger. Ce point avait d’ailleurs été établi dans le cas de plusieurs pays en voie de développement (11). »

3)-. En effet, le taux d’épargne chinois étant l’un des plus élevés au monde (plus de 45% du PIB), les financements internes suffisent à faire face aux investissements domestiques, même très élevés (l’excédent courant est de l’ordre de 2 à 3% du PIB).

4)-Les autorités chinoises classent l’IDE en 4 catégories (encouragé, permis, restreint ou interdit) selon le secteur dans lequel il intervient. Le texte fondamental en la matière, le Catalogue d’orientation de l’investissement étranger, a été révisé en mars 2002 puis en 2004, pour tenir compte des engagements OMC. Si l’IDE reste interdit dans le contrôle aérien, l’édition, les médias, etc., d’autres secteurs sont désormais au moins entrouverts : télécommunications, construction et exploitation de réseaux urbains de gaz, d’eau et de chauffage central, etc. • Les structures de type EIE (joint ventures notamment), bien que rudimentaires, restent privilégiées par les investisseurs parce qu’elles bénéficient encore d’avantages fiscaux. La disparition de ces avantages au cours des prochaines années devrait contribuer à populariser les sociétés commerciales de droit commun (à responsabilité limitée ou par actions), comme structures d’accueil de l’IDE. D’ores et déjà, on assiste à un essor des opérations d’investissement étranger en rapport avec des restructurations d’entreprises chinoises (prises de participations, fusions-acquisitions, transferts d’actifs) et notamment d’entreprises d’Etat.

5)-On peut se poser la question de savoir, si un affaiblissement du flux des capitaux affecterait les capacités exportatrice de la Chine, lors de la crise asiatique la crainte était grande et pourtant la Chine continuait des 2002 a recevoir des IDE en masse.

6)-L’année 2002 a toutefois été marquée par une chute brutale de l’IDE à destination de la plupart des pays de l’OCDE, particulièrement aux États-Unis, alors que l’IDE en Chine atteignait le niveau record de US$52,7 milliards.

7)-Alors que le capital étranger contribue dans une forte proportion à la production industrielle dans les régions côtières (plus de 60 % dans le Guangdong, 40 % à Hainan et à Shanghai, 33 % dans le Fujian) il reste à des niveaux très faibles dans les régions centrales — à peine 3 % dans le Shanxi, 4 % dans le Hunan — et pratiquement négligeables dans les régions occidentales (Xinjiang, Qinghai et Gansu). La seule exception est le Sichuan, où la contribution des firmes sino-étrangères à la production industrielle totale a déjà franchi le seuil des 10 % .

8)-La Chine a établi plus de 200 joint-ventures dans 24 états d’Amérique latine, le groupe chinois Shougang acheta en 1992 la mine de fer de Marcona, les conditions d’ exploitation des prolétaires s’accrurent, le temps de travail passa de 8heurs a 12 h par jour et l’ effectif fut réduit de 3200 à 1600. Une grève qui dura 42 jours se déclencha en 1992.

9)-Déjà, sur les 100 plus importantes multinationales issues des pays émergents, 44 sont chinoises (d’après le Boston Consulting Group) contre 21 pour l’Inde, 12 pour le Brésil et 7 pour la Russie. De là à être des champions mondiaux, il n’y a qu’un pas, pensent les dirigeants chinois.( sources Problèmes économique 20 06 2007 p.15)

La Chine, commence à exporter du capital.
En effet, en 2001, les IDE chinois ne représentaient que 4% des exportations mondiales de capitaux, mais cette part est en expansion rapide, son évolution avoisinant les 8% aujourd’hui.
Si jusqu’ à présent la plupart des capitaux chinois étaient placés sur le marché des bons du Trésor américain, nous pouvons observer que la Chine est de plus en plus visible comme investisseur potentiel d’IDE. Elle essaie maintenant d’utiliser ses importantes réserves en devises, pour s’ assurer son développement futur. Comme nous venons de le voir, elle prend racine dans les secteurs des ressources naturelles, afin d’assurer son accès, à l’énergie et aux matières premières. II n’est donc pas étonnant de retrouver dans le « top ten » des multinationales émergentes chinoises les majors du secteur pétrolier/gazier, de la chimie ou des minerais. Cette prépondérance tient surtout aux montants en jeu, généralement très importants, bien que le nombre d’opérations soit relativement faible.Le journal La Tribune du 25 octobre 2007 signalait « La lecture du palmarès des plus importantes sociétés mondiales l’ atteste : qui retrouve-t-on parmi les 20 premières ? Pas moins de sept entreprises chinoises, dont deux dans les quatre premières ».
Force est donc de constater, que la Chine, l’inde et les pays du Golfe commencent à posséder suffisamment de réserve de change9 pour inquiéter les capitalistes occidentaux10, ceux-ci disposent de 25 000 Mds de $ de change, contre 7000 Mds de $ pour les pays émergents et 1500 Mds pour la Chine, 417 Mds (septembre 2007) pour la Russie. Quant aux fonds souverains 11, ils se limitent à une vingtaine de pays à ce jour, mais d’autres pays comme le Japon veulent s’installer au banquet.
C’est à la demande spécifique de l’Administration Bush que les ministres des Finances du G7 (États-Unis, Canada, Japon, Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni) se sont réunis le 19 octobre 2007. Pour la première fois, les « fonds souverains » – Sovereign Wealth Funds (SWF) – étaient à l’ordre du jour de la réunion du G7.
Outre les paradis fiscaux, les IDE chinois sont présents en Asie, Amérique latine, Afrique, Amérique du Nord, Europe, Océanie.
En 2005, six pays accueillaient des investissements chinois supérieurs à 100 Mds de $ : Hong Kong, la Corée du sud, le Canada, l’Australie et les îles Cayman. Ce faisant, les entreprises chinoises commencent à changer les règles de la concurrence au niveau mondial, au point que les Etats-Unis et l’Europe commencent à s’inquiéter sérieusement.
« Les entreprises chinoises ont déjà commencé à changer les ‘< règles du jeu de la concurrence mondiale. Pour preuve, le mou­vement de concentration engagé chez les équipementiers des : télécommunications en Europe et en Amérique du Nord. Car les Chinois s’attaquent depuis dix ans au pré carré des Ericsson, `, Lucent, Cisco et autre Alcatel avec la bénédiction de l’État chinois comme il se doit. British Telecom, Vodafone, KPN ou France Telecom profitent en effet de ces nouveaux arrivants chinois pour faire baisser les prix chez leurs équipementiers traditionnels. Résultat, c’est la course au regroupement. »­(Problèmes économiques du 20 juin 2007 « La Chine et le reste du monde » p16)

3-La situation des banques chinoises.

Depuis que la Chine a été admise à l’ OMC (le 11 12 2001), celle-ci s’est engagée à mettre son système financier aux normes internationales et à autoriser la venue des banques étrangères sur son territoire. Comme nous le verrons, il s’agit d’un long processus de transition d’une économie sortant du capitalisme d’état (socialisme d’état), voulant s’intégrer au Capitalisme de libre concurrence de la mondialisation. Cette mutation du système financier chinois, a débuté au cours des années 1980 et s’est achevé pour l’essentiel en 2007, date de la mise en concurrence des banques domestiques chinoises pour la collecte de l’épargne et la distribution de crédit avec les banques étrangères.

Quelques repères sur le système bancaire chinois

Le système bancaire chinois à la caractéristique, d’ être exclusivement public, Il est composé d’une banque centrale, du CBRC, de quatre banques d’Etat-Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), Agricultural Bank of China (ABC),People’s Construction Bank of China (PCBC), et Bank of China (BoC)-, de trois banques politiques d’Etat12 -State Policy Bank (SPB), des coopératives de crédits urbaines et rurales –Credit Cooperatives (UCC et RCC) qui accordent des prêts sur ressources propres aux petites entreprises ne bénéficiant pas du réseau gouvernemental, des banques étrangères et du bureau général d’Etat des devises étrangères.

Les banques publiques détiennent plus de 80% des actifs financiers et recueillent 95% de l’épargne privée.

Après son adhésion à l’ OMC, la Chine va accélérer les mesures visant à son intégration rapide au sein de la finance internationale, ( La BRE ne reconnaissant ) , ces réformes seront aussi bien internes , qu’ externes, la Chine visant l’ international. En voici les principales étapes :
• Mesures de 1984 : séparation de la Banque centrale et des 4 banques commerciales;
• Mesures de 1994 : création des banques politiques ;
• Mesures de 1995 : mise en vigueur la loi sur la banque centrale et la loi sur les banques commerciales;
• Mesures de 1999 : fondation des quatre entreprises de management des créances douteuses ;
• Mesures de 2003 : création de China Banking Regulatory Commission (CBRC) et
mise en vigueur de la « loi de surveillance de secteur bancaire ».
-Mesures 2006 :introductions en bourse des grandes banques chinoises (comme CCB, BoC,
ICBC), notamment sur le marché hongkongais, avec des levées de fonds sans précédent.
Toutes ces étapes auront des conséquences sur le peuple chinois, licenciements massifs, attaque sur les systèmes de retraite1, la santé, l’éducation… toute chose qui dans une mesure pour le moment moindre nous vivons en Europe.
La réforme du système bancaire chinois, va être constamment sous les projecteurs des instances financières internationales, qui exigeront que la Chine se conforme aux normes de gestion internationales pour entrer dans la cour des grands. La Chine ayant la réputation d’être un nid de créances douteuses, et les banques étrangères attendront dans les storting bloc, que celle-ci procède à l’apurement des créances douteuses avant de s’engager sur un terrain aussi miné
Le système bancaire chinois devra donc se plier aux règles internationales, notamment l’accord de Bâle.I, signé en 1988 et qui a instauré le ratio Cooke qui définit un besoin minimal de fonds propres en liaison avec le risque de crédit auquel les banques sont exposées. Mais aussi l’accord de Bâle II ou le nouveau ratio Mc Donough qui va remplacer le ratio Cooke dès 2007. Bâle II va plus loin et n’ est pas qu’une simple réforme de Bâle I il veut favoriser les banques plus performantes dans la gestion de leurs risques, elle leur fournit un moyen de se développer au détriment des moins performantes. En sommes favoriser les concentrations centralisation du capital financier, en laissant sur le pavé la pléthore de capital. Il ne me semble pas que la Chine soit véritablement en mesure d’affronter la concurrence des banques occidentales, mais ce n’est qu’une impression, le contexte international pouvant rebattre les cartes en sa faveur, nous en reparlerons
L’apurement des créances douteuses

Le gouvernement chinois ne rechignera pas à éponger les créances douteuses, il va même créer un fond spécial à cet effet. Dés 1999, le Ministère des Finances met en place un organisme de défaisance, par banque d’Etat, à l’image des Asset Management Corporations (AMC) américains.
Ce fond va permettre aux quatre banques d’Etat de se délester de 168 Md$ de créances douteuses (42 Md$ chacune) . Les AMC ont alors pu « acheter » pour 168 Md$ de créances douteuses aux banques d’Etat en leur transférant les obligations émises plus 70 Md$ de liquidités, les 4.9 Md$ restant devant servir à couvrir les frais de gestion des AMC. Le montant total des apports de capital et des transferts de créances ce chiffre de 1998 à septembre 2005 à 2 730 milliards de yuans (332 milliards de dollars). ( voir tableau ci-dessous)

Mais ces opérations ne font que reporter le problème, et il est peu probable que les AMC soient solvables lors de leur liquidation prévue en 2009. Cela ne semble pas inquiéter outre mesure les pouvoirs publics. Même si le système bancaire chinois est toujours truffé de créances douteuses (plus de 160 milliards de dollars au troisième trimestre 2006,2) les autorités chinoises ont les moyens d’intervenir afin d’empêcher la faillite d’un organisme bancaire. Leurs réserves de change sont, aujourd’hui (1330 MD$), largement suffisantes pour couvrir les créances détenues au sein du système bancaire.3

ENCADRÉ 1 — OPÉRATIONS DE RECAPITALISATION ET DE TRANSFERT DE CRÉANCES DOUTEUSES

1998 Apport de capital de 270 milliards de yuans (33 milliards de dollars, équivalent à 3,5% du PIB) dans les quatre grandes banques commerciales d’État.
1999 Création de quatre organismes de défaisance : Cinda, Huarong, Orient, et Great Wall, chacun affecté au départ à l’une des quatre banques. Ils acquièrent un montant de 1 400 milliards de yuans (170 milliards de dollars, 14% du PIB) de créances douteuses détenues par les quatre grandes
Banques et par la Banque de développement. Ces acquisitions se font à la valeur faciale des créances.
2003 Apport de capital de 370 milliards de yuans (45 milliards de dollars, 3,2% du PIB) à la Banque de la construction et à la Banque de Chine.
2004 Cinda remporte les enchères et acquiert 279 milliards de yuans (34 milliards de dollars, 2% du PIB) de créances douteuses détenues par la Banque
de la construction et la Banque de Chine à 50% de leur valeur faciale. Elle acquiert aussi 41 milliards de yuans (5 milliards de dollars) de créances
douteuses de la Banque des communications à 50% de leur valeur faciale, grâce à un prêt de la Banque centrale.
2005 Apport de capital de 124 milliards de yuans (15 milliards de dollars) à la Banque industrielle et commerciale. Celle-ci signe un accord avec Huarong pour lui transférer 246 milliards de yuans (30 milliards de dollars) de créances douteuses.
Montant total des apports de capital et des transferts de créances de 1998 à septembre 2005 : 2 730 milliards de yuans (332 milliards de dollars).
___________
Sources : M. Xu, (2005), « Resolution of non-performing loans in China », mimeo ; différents bulletins d’information.

L’ ouverture aux banques étrangères.

Compte tenu de la situation, sur les créances douteuses, et du patriotisme économique chinois, le capital étranger, ne va pénétrer en Chine qu’au compte goutte. La première pénétration d’une banque étrangère date de 1996, et en janvier 2005 on ne comptait que neuf opérations analogues. Chaque protagoniste se regardant en chien de faïence, et utilisant toutes les ficelles juridiques… pour se donner l’avantage. Les grandes banques étrangères, mettent sur la table le ratio Bàle II et le gouvernement chinois leur oppose, règlement sur règlement, exemple :

« Les articles 8 et 9 du règlement CBRC de 2003 régissant les investissements étrangers dans le secteur bancaire chinois limite la prise de participation étrangère individuelle à 20 % du capital de la cible et la prise de participation étrangère totale à 25 % du capital. Le dépassement de ce second plafond est sanctionné par le changement de la qualification de l’institution financière de domestique à étranger, ayant pour conséquence de limiter significativement les activités autorisées. En effet, les banques « étrangères » n’avaient, jusqu’il y a peu, accès qu’à quelques villes, peu de clients et un champ d’activités restreint.

Avenir des réformes en cours.
Les progrès relatifs de l’ouverture du marché aux étrangers Le 11 décembre 2006, la nouvelle loi sur les banques étrangères en Chine est toutefois entrée en vigueur, abrogeant ainsi la loi antérieure du 20 décembre 2001 et ouvrant plus avant le marché chinois aux étrangers, sous certaines conditions.
La loi élargit, non seulement l’étendue de l’implantation géographique des étrangers, mais aussi la catégorie d’activités envisageables, les formes que peut prendre l’implantation, et le type de clientèle. En effet, les banques étrangères peuvent désormais s’implanter sur la totalité du territoire chinois, sous forme de succursale, de filiale coentreprise ou encore de société à capitaux intégralement étrangers. Elles peuvent de surcroît fournir un éventail élargi de services comprenant les activités en monnaie chinoise (dépôt, prêt, change, instruments négociables, lettres de change, cartes de crédit etc.), à des clients aussi bien chinois qu’étrangers, personnes physiques comme personnes morales.
Cependant, le coût d’accès au marché reste élevé : un milliard de yuans en capital social intégralement libéré pour les coentreprises ou les sociétés à capitaux intégralement étrangers et 100 millions de yuans de fonds de roulement, non rémunérés, mis à disposition pour
chaque succursale. De surcroît, il est impératif de filialiser ses succursales pour n’être soumis à aucune restriction de champ d’activité. Outre des exigences exorbitantes en matière de capital social, la nouvelle loi requiert des actifs d’une valeur de dix milliards de dollars américains et la présence d’un bureau de représentation sur le territoire chinois, depuis plus de deux ans pour créer des banques à capitaux intégralement étrangers.
La méthode la plus rapide d’introduction
Sur le marché chinois reste donc encore la prise de participation et/ou le développement de partenariats. Le pourcentage de participation de 20% précédemment évoqué reste toutefois applicable et l’administration ne semble pas prête à le supprimer afin d’éviter l’acquisition trop rapide de parts de marché par les acteurs étrangers. La combinaison des dispositions de la nouvelle loi avec le règlement sur les prises de participation des banques étrangères dans des banques chinoises reste toutefois encore confuse sur certains points. » (extrait de LA BANQUE DE DETAIL DANS LES PAYS EMERGENTS Guillaume Rougier-Brierre Associé Warren Hua Associé Gide Loyrette Nouel)

Selon des informations les plus récentes (BEIJING, 22 septembre 2007(XINHUA) — Le total des actifs des banques étrangères en Chine ont atteint 133 milliards de dollars avec 364 succursales intérieures dans 25 villes fin juin 2007, selon les statistiques fournies par la Commission de Régulation bancaire de Chine. Depuis que la Chine a ouvert complètement son secteur bancaire aux banques étrangères en décembre de l’année dernière, les activités des banques étrangères ont rapidement progressé, avec l’ouverture de 95 nouvelles succursales de janvier à juin, selon la même source. De nombreuses banques étrangères ont demandé l’enregistrement de banques associées localement en Chine, selon les réglementations promulguées en décembre dernier destinées aux institutions financières étrangères voulant proposer des services individuels en Renminbi. Jusqu’à présent, le régulateur bancaire chinois a approuvé 21 demandes de ce type. Après l’autorisation en 1996 pour les investisseurs institutionnels étrangers d’investir dans les banques chinoises, 33 banques étrangères ont pris des parts dans 24 banques chinoises. « Les banques étrangères sont déjà devenues une partie importante du système bancaire chinois », a indiqué Liu Zhangjun, vice-président de l’Association bancaire de Chine (ABC), une organisation d’autorégulation dans le secteur bancaire.

Les « champions » à l’international.

Lors de la visite de Chirac à Pékin (2006) accompagné d’une délégation de patrons, les dirigeants chinois ont réussit à convaincre la délégation, que le sauvetage des banques d’état lancé en 1999 avait porté ses fruits 4. A la fin octobre 2006, ICBC la plus importante banque d’état, va se hisser au deuxième rang des plus importantes capitalisation boursière du secteur bancaire mondial, juste derrière CITIGROUP la plus grande banque américaine. Et en juillet 2007, la presse indiquait que ICBC venait de doubler CITIGROUP juste avant la crise financière dite « subprime ».
Pendant que les bourses globales voyaient s’évaporer 3300 milliards de dollars de capitalisation boursière, la bourse chinoise gagnait quelque 600 milliards de dollars en valeur selon Bloomberg, les gains boursiers ont hissé Industrial & Commercial Bank of China (ICBC) à une valeur de marché supérieure à celle de toutes les grandes banques du monde. La capitalisation de ICBC, de 285,2 milliards de dollars, dépasse de 20 milliards celle du géant Citigroup, même si les bénéfices 2006 de ICBC, qui ont atteint 6,5 milliards de dollars, représentaient moins du tiers des bénéfices de Citigroup. La chine n’est pas seulement l’atelier du monde, elle est aussi le grand déversoir de la finance mondiale en quête de profit et de spéculation, et fin septembre la presse titre « Les banques chinoises en bonne santé ». La Chine peut se vanter d’avoir deux banques sur le podium des cinq premières mondiale ICBC numéro 1 et China Construction bank CCB la quatrième, cette progression spectaculaire n’enthousiasme pas outre mesure le président de la CCB qui déclare :
« Nous ne nous laisserons pas emballer par la valeur boursière car nous sommes conscients que nous sommes loin derrière nos compétiteurs étrangers en termes de compétitivités, de profitabilité, d’ innovation produits, de management du risque et des services », a précisé Guo Shuqing. ( La Tribune du 24 09 2007 p .23)
NOTES

10)-Encore que l’ accumulation de réserves de changes « hors normes » ne saurait véritablement inquiéter les pays de la triade, pour la Chine elles dépendent trop du commerce extérieur, quant aux pays du golfle et de la Russie de la rente pétrolière, et donc d’un certains mercantilisme.

11)-Le Canada « n’est pas à vendre » a averti Jim Prentice, le ministre canadien de l’ industrie, qui prévoit de renforcer le contrôle des acquisitions de sociétés canadiennes par des sociétés d’ Etat étrangèress ou dans des secteurs stratégiques. Les prises de contrôle de sociétés locales suscitent des inquiétudes au Canada depuis plus d’ un an ( La Tribune du 11 10 2007)

12)-Selon Simon Johnson, l’économiste en chef du FMI, « en 1990 les fonds souverains détenaient probablement 500 milliards de dollars tout au plus ; il sont actuellement estimés à 2 500 ou 3 000 milliards de dollars et, compte tenu de l’évolution probable des comptes courants (de ces pays), ils pourraient atteindre 10 000 milliards de dollars d’ici à 2012 ».

13)-Les banques à caractère politique ont pour tâche de fournir un soutien financier à la politique économique de l’Etat. Chargées de gérer les fonds de manière planifiée, de les collecter auprès de secteurs déterminés et de les utiliser à des fins déterminées, elles cherchent simplement à maintenir l’équilibre de leurs propres comptes et ne se proposent pas de faire des bénéfices. Ces banques, telles qu’elles existent à l’heure actuelle, ne représentent qu’un moyen destiné à promouvoir la transformation des banques spéciales en banques commerciales.

14)-« La généralisation de ces réformes expérimentales nécessiterait probablement une réduction des futures dépenses au titre des pensions de façon à couvrir les coûts et d’éviter les déséquilibres budgétaires. Une option possible pour y parvenir consisterait à relever et égaliser l’âge de la retraite des hommes et des femmes, à supprimer progressivement les dispositifs de retraite anticipée et à aligner les prestations versées au titre du deuxième pilier sur l’espérance de vie à l’âge de la retraite. Le gouvernement s’est en outre engagé, en principe, à affecter une partie du produit de la cession des participations au capital des entreprises d’État à la création d’un fonds destiné à lisser les dépenses du régime de pension. L’adoption de telles mesures ouvrirait de nombreuses possibilités de levée de fonds étant donné que les actifs de l’État représentent 80 % du PIB. À plus longue échéance, il conviendra d’examiner comment étendre la couverture des régimes de pension aux régions rurales du fait que, les flux migratoires aidant, le recours aux dispositifs traditionnels de protection des personnes âgées risquent de moins bien fonctionner. » (OCDE Forum 2006 p 7) 

15)-Selon la Commission de réglementation bancaire chinoise (organisme en charge de réguler l’activité bancaire).

16)-Créances douteuses. Selon les statistiques de la CBRC le montant des créances douteuses, début octobre, s’élèverait à 1200 Mds CNY soit 152 Mds USD. La CBRC a annoncé qu’il est « possible » que le volume des créances douteuses puisse encore augmenter malgré les récentes vagues d’assainissement. Le cabinet d’études Ernst and Young chiffrait à 900 milliards de dollars le total des créances douteuses en Chine? Il précisait les quatre premières banques commerciales du pays avaient, à elles seules, accumulé 358 milliards de dollars de créances douteuses. Ce cabinet avait inclu, une partie des créances qui avaient déjà été transférées vers des stucture de défaisance, expliquant ainsi en partie le décalage avec les chiffres officiels.133 milliards de dollars par la Banque Centrale de Chine.

17)-De 1998 à 2005 , plus de la moitié des grandes entreprises d’Etat ont été transformées en sociétés par action. Le nombre d’entreprises, propriété de l’Etat ou contrôlées par lui est passé de 238.000 en 1998 à 150.000 en 2003. Parallèlement les profits réalisés par les entreprises d’Etat ont augmenté de 2,6 milliards de dollars en 1998 à 59,8 milliards de dollars en 2003.

18)-A noter, que la dette publique de l’ UE est de 62,2% du PIB, de 66,8% pour la France, de 93,3% pour la Belgique, de 106,4% pour l’ Italie.

Mes remarques :
Nous avons vu, que contrairement aux idées reçues, les IDE qui s’investissent en Chine, sont majoritairement d’ origine régionale et de la diaspora chinoise, qui fait office d’une bourgeoisie en exil et qui essaye de se fondre avec « la bourgeoisie rouge ». Problème à étudier ultérieurement.
Nous avons vu que les principales institutions financières chinoises sont toujours sous le contrôle de lEtat, même les banques commerciales sont sous holding d’état, même si nous observons une certaine diminution de leur part de marché. Les quatre banques commerciales chinoises constituent le cœur financier actuel de la Chine. Il semblerait, que la Chine va manquer elle aussi de liquidité, si son rythme de développement se poursuit, d’où la nécessité de laisser les banques étrangères et les marchés financiers suppléer à ce déficit. La plupart des banques chinoises manquent de fonds propres, et selon les normes comptables internationales, les quatre banques commerciales chinoises seraient déclarées insolvables. Le transfert de créances douteuses sur les AMC, et son possible boomerang ne semble pas poser de problème majeur aux autorités chinoises, sujet qu’il faudrait approfondir.
Cependant, la recapitalisation des banques publiques, se présente comme une tricherie, visant à satisfaire aux normes internationales. Cette tricherie se traduit par un transfert du budget de l’état vers les banques (Comme ce fut le cas en France avec l’affaire du crédit lyonnais). De ce fait la dette publique de la Chine 15% à 20% du PIB est l’une des plus faible du monde. Un calcul a été fait, qui considère que si tous les engagements éventuels liés à la restructuration des banques et à la dette extérieure étaient pris en compte, la dette publique grimperait à 65% du PIB.5
Ma conclusion provisoire est la suivante : Le système bancaire chinois reste truffé de créances douteuses, et de défaisances toutes aussi douteuses. La banque centrale masque provisoirement l’ampleur de ses dépenses publiques, qu’elle compte renflouer par des réformes draconiennes sur les retraites, par l’inflation …Les AMC ne tiendront pas le coup et l’introduction des grandes entreprises d’état en bourse peut conduire à une crise bancaire, et il n’est pas exclu une fuite de capitaux. Il semblerait par contre que la Chine mise beaucoup sur l’international (exportation de capitaux) avec son intégration complète dans la globalisation financière.
Gérad Bad le 3 oct 2007

Annexes

« En 5 ans, les investissements directs chinois à l’étranger ont augmenté de +86% p.a. et on estime qu’ils atteindront 60 milliards USD en 2011, ce qui en fera le premier pays asiatique en ODI. « Pour la première fois dans l’histoire, nous sommes dans une telle phase (au moins c’est le cas en Europe): nous devons absolument envisager ce changement; sinon, nous serions changés par l’internationalisation de la Chine », a commenté Kerry Brown, analyste au sein de l’Institut Royal d’Analyse des Affaires Internationales de l’Angleterre cité par Roland Berger. » « Quelles sont les entreprises chinoises les plus performantes à l’international? Michel Bon et Charl…mp3 »
Les voies de l’internationalisation
Pour leur internationalisation, les entreprises chinoises ont deux possibilités: soit la croissance organique soit les fusions-acquisitions. Selon Roland Berger, la croissance organique est l’option privilégiée. Les entreprises chinoises utilisent souvent les modèles tels que l’exportation directe, l’OEM (« Original Equipment Manufacturer »), jusqu’à la création des usines à l’international et l’exportation de leurs propres marques. Parmi les 50 entreprises sélectionnées, 15 ont déjà créé des usines à l’étranger, 30 ont établi des succursales dans différentes régions et différents marchés. Un exemple est Huawei Hightech : Huawei a mis en place une stratégie de « Easy first Difficult Later », en décidant de s’attaquer tout d’abord aux marchés régionaux destinés aux clients secondaires, et construisant ainsi une image de qualité, de services et de hautes technologies, afin de faciliter ensuite son entrée sur les marchés matures où sont localisés les clients cibles primordiaux. Un autre exemple est Pearlriver Piano, un des plus grands fabricants de pianos dans le monde. Elle a réussi à établir sa position dans cette industrie, avec des succursales créées en Amérique et en Europe. Un autre exemple est Yunsheng de Ning Bo. La maîtrise des technologies avancées du secteur et la haute qualité de leurs produits constituent leurs clés de succès.
Par ailleurs, beaucoup d’entreprises utilisent l’OEM afin d’exporter leurs produits directement, même si elles ont déjà commencé à établir leurs canaux de distribution à l’étranger. C’est le cas de la société Galanz qui s’est concentrée sur un objectif d' »Usine Mondiale ». Elle est aujourd’hui le premier fabricant et vendeur de micro-ondes dans le monde entier, mais la part des produits vendue sous la marque Galanz est encore marginale.Ces dernières années, elle a donc lancé ses propres marques à l’international d’une façon prudente. Pour ces types d’entreprises, c’est encore leurs faibles prix qui font leur force.
Parmi les 50 entreprises qui ont passé la première sélection Roland Berger, 14 ont acquis une compagnie pour s’implanter à l’international, ce qui a pour effet de faire progresser rapidement les investissements chinois à l’étranger. La production mécanique, l’énergie et l’informatique constituent les trois axes essentiels d’investissement. Les achats pourraient permettre aux entreprises d’acquérir à court terme les marques, canaux de distribution et talents nécessaires, en revanche les risques associés rendent cette route plus délicate, TCL en étant un très bon exemple. Le business de Lenovo à l’étranger est aussi en train de décroître, après sa fusion de la branche PC de IBM.
Les limites de l’internationalisation
Même si l’on assiste aujourd’hui à un phénomène qui s’accélère, l’internationalisation des firmes chinoises connait ses limites. Charles-Edouard Bouée, Directeur de Roland Berger en Chine, a identifié « quatre pièges » pour les entreprises chinoises qui se lancent à l’international: le manque de compréhension approfondie du marché local, qui constitue la principale barrière pour réussir l’implantation. Concrètement, les connaissances approfondies des marchés, des concurrents et de leurs produits, les différences régionales, ainsi que la différentiation des besoins des consommateurs en termes de design, de qualité, de technologie et d’emballage manquent encore ou sont insuffisantes. De plus Beaucoup d’entreprises chinoises sont sous pression pour réaliser des profits à court terme à l’international. En tant que nouvel entrant sur des marchés matures, les entreprises chinoises devraient investir de l’énergie et des ressources pour mieux comprendre le marché local, recruter des employés locaux, renforcer la marque et la R & D, qui vont conduire à une augmentation de coût à court terme. Pour cette raison, savoir garder l’équilibre entre l’objectif à long terme et celui à court terme devient indispensable et va déterminer directement la stratégie de l’entreprise. Le troisième piège identifié est le manque de talents expérimentés. Enfin, la quatrième limite à l’internationalisation réside le manque de connaissances des systèmes législatifs et règles locales. Sur les marchés occidentaux matures, les systèmes législatifs, règles et critères sont déjà bien établis, ce qui signifie une règle de jeu tout à fait nouvelle et un coût beaucoup plus élevé pour les entreprises chinoises. Si l’on prend l’Europe comme exemple, l’Union Européenne a établi de nombreux systèmes de critères en termes de fabrication, de qualité et d’emballage des produits, etc. Les nouveaux entrants sur le marché devraient d’abord répondre à ces critères. Au niveau du droit du travail, les pays européens possèdent également de stricts critères, en conséquence certaines entreprises chinoises n’ont pas réussi à réduire les coûts par le licenciement des employés après l’acquisition d’une compagnie locale.

3 pensées sur “L’évolution du capital financier en chine. (notes de 2006)

  • avatar
    31 août 2019 à 14 02 25 08258
    Permalink

    Bien entendu, les chiffres de cette étude s’arrêtent en 2007…. et avaient déjà de quoi impressionner les économies occidentales, mais depuis, beaucoup d’eaux ont coulé sous les ponts, et s’il est vrai que la crise financière occidentale de 2008 n’a affecté la Chine que superficiellement, la Chine connaîtra un essoufflement des chiffres de la croissance à partir de 2010 à ce jour, ce qui ne l’empêchera pas de développer bon nombre de secteurs stratégiques au point de rafler les parts de marchés des occidentaux partiellement ou en totalité dans certains secteurs. Les télécoms pour exemple parmi d’autres, le géant Huawei étant devenu pratiquement le seul prétendant mondial à la technologie 5G qui en maîtrise l’implantation, le déploiement et la maintenance au meilleur coût ! impossible de battre Huawei de par le monde ! en informatique, les produits Lenovo sont de loin les plus élaborés, les plus solides, les plus réussis et les plus prisés par les scientifiques, les informaticiens, les ingénieurs et les firmes désireuses d’un parc informatique fiable et performant… bien meilleurs et moins chers qu’Apple ! le secteur des engins de chantiers, de mines, de machines agricoles ou industrielles, les génératrices de tout formats et utilisations, les moteurs diesel, est entrain de suivre, suivi par ceux de la Corée du sud et de l’inde qui ont réussi à de imposer sur les marchés internationaux leurs marques! les occidentaux Caterpillar, John Deere, Hitachi, Case, Massey fergusson, et autres firmes Européennes, Américaines ou Japonaises de ce monde, sont entrain d’agoniser dans certains marchés émergeants, et dans certains secteurs de leurs propres marchés intérieurs ! et la Chine n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin, même le marché du pneu chinois commence à intéresser les fabricants de véhicules mondiaux, en dépit qu’ils produisent leurs propres marques occidentales en Chine pour la plus part ! les 4×4, Camions et véhicules Chinois sont désormais monnaie courante et le substitut efficace et moins cher que les marques coréennes partout dans le monde, et depuis une décennie déjà ! quant aux investissements étrangers ou les investissement étatiques en Chine ils ne se sont jamais essoufflé, et l’écart entre la chine intérieure et côtière dont parle l’article est désormais chose du passé ! la Chine occidentale, celle du nord aussi est désormais à la mode pour y habiter et y faire des affaires, avec une meilleure qualité de vie !

    Bref, avec son plan de nouvelle route de la soie, la Chine ne fait pas qu’exporter du capital, mais sa technologie et son savoir faire aussi bien scientifique que commercial ! plus besoin d’investir 1 ou 2 milliards de dollars pour exploiter une mine à ciel ouvert en Afrique, en Amérique latine et partout en Asie, si vous acceptez aussi bien l’ingénierie que les engins et les véhicules chinois, vous pouvez diviser votre coût par deux ou part trois facilement ! la même chose pour les marchés d’infrastructures, les ponts, les autoroutes, les gratte-ciel, les aéroports, et même les véhicules électriques de transport urbain !

    il faut réaliser qu’à l’heure ou on se parle, des entreprises partout en occident ferment leurs portes ou font faillite, des départements entiers au sein des géants de l’industrie sont fermé ou réduits à peau de chagrin, et des milliers de jobs sont perdu ! Mais, car il y a un mais, en même temps, grâce aux produits Chinois, d’autres les remplacent et créent des nouvelles entreprises avec de nouveaux emplois ! Et pour les États occidentaux qui ont la chance de bénéficier d’une bonne gouvernance, moins de corruption, et plus de transparence, comme l’Allemagne par exemple, la Chine constitue aussi bien un compétiteur redoutable qu’un partenaire important et stratégique pour le futur, tout comme les pays émérgeants conçoivent le partenariat Chinois désormais : une providence tombée du ciel pour stimuler l’économie, diminuer le chômage et hausser le PIB ! par contre, les États occidentaux souffrant de mauvaise gouvernance, de corruption endémique et de syndromes de droite galopante ou au pouvoir comme les états-unis ou certains pays d’Europe comme le royaume unis, la droite française, bon nombre de mauvais perdants au sein de la communauté Européenne, et même en Russie pro occidentale, la Chine est mauvaise, elle est corrompue, son économie n’est pas transparente, elle ne respecte pas les droits de l’homme, elle agresse hong kong…etc, et il faudra bien en découdre un jour ou l’autre ! et ils finiront par le faire, agresser la Chine ! tout dépend du successeur à la maison blanche…et des successeurs un peu partout ailleurs en Europe !

    Répondre
  • avatar
    31 août 2019 à 23 11 05 08058
    Permalink

    Voici un lien qui parle de l’équipementier chinois  »Sany » et ses intentions de briguer la premiere place mondiale pour les équipements lourds en construction, mines, infrastuctures. ils ont déjà fait breveté 10.000 inventions (10.000 brevets) pour ne pas être accusé de copier les géants, en plus d’acheter des équipementiers déja établis….et ils s’améliorent année après année ! pour l’instant, ils s’exportent surtout dans les pays emergents, et leurs gros équipements coûtent le tiers de ce que coûtent les équipements Américains ou Européens….(c’est sûr que c’est pas encore la même qualité, mais ils sont sur la bonne voie on dirait !)

    https://www.pmvmiddleeast.com/equipment/machinery/72959-chinas-largest-construction-equipment-manufacturers-aiming-for-the-top-spot

    Répondre
    • avatar
      1 septembre 2019 à 11 11 21 09219
      Permalink

      Bonjour SAM
      Nous avons une suite sur mes notes de 2006, et notamment une brochure « La chine débarque dans UE » . Je vais rechercher ces documents

      Merci pour tes compléments d’ informations

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *